vendredi 27 mai 2016

Les Incroyables Comestibles

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Hélène:
Connaissez-vous les Incroyables comestibles (Incredible Edibles en anglais)? Le mouvement a démarré en 2009-2010 à Todmorden, dans le nord de l'Angleterre. Il s'agit d'un mouvement qui souhaite utiliser les espaces publics dans le but spécifique de faire pousser des plantes comestibles accessibles à tous les résidents. C'est une nouvelle manière de renforcer la communauté et d'être inclusif: comme Pam Warhurst le mentionne, "If you eat, you're in." ("Si vous mangez, vous faites partie du club."). Voici d'ailleurs son fabuleux Ted Talk sur le projet (vous pouvez mettre les sous-titres en français).

Eh bien, ce modèle a traversé les océans il y a de cela quelque temps déjà. Cette année, à St-Timothée, une belle initiative citoyenne pour un sentier comestible verra le jour d'ici la fin du mois. La très merveilleuse Jasmine Kabuya Racine, ainsi que ses collaboratrices Annie Vallières, Martine Chouinard, Isabelle Pépin, Guylaine Jeannette, Alexandra Verner, Audrée Bourdeau (agente vie de quartier au PRAQ) et Maggy Hinse (conseillère en environnement à la ville) parlent de ce projet dans une vidéo:
 

Espérons que le projet prendra encore de l'ampleur au Québec!

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MISE À JOUR :
Jasmine parle du projet et comment la plantation s'est déroulée sur son blog. Elle invite d'ailleurs tous ses voisins à se joindre à elle pour la grande ouverture du sentier comestible le 23 Juin 2016.
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Peut-être retrouverons-nous sur ce sentier des fraises "quatre saisons" (des fraisiers à jours neutres)? Comme cela, les randonneurs auraient le plaisir de trouver quelques fraises du mois de juin aux gels d'automne !


jeudi 28 avril 2016

Grimace la Limace

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Hélène:
En Mars 2014, une grande chose est arrivée dans ma vie. Quatre livres, sur lesquels je travaillais depuis 2 ans, ont été publiés! La série se nomme "Les Aventures de Grimace la Limace". Ce sont quatre merveilleux livres cartonnés de 16 pages chacun, pour les enfants de 3 à 6 ans, dont je suis l'auteure et l'illustratrice.

Chaque livre termine également avec une section "Sais-tu que" dans laquelle un détail sur les plantes ou les insectes est discuté. Les livres on été publiés aux Éditions Broquet et sont disponibles presque partout au Québec, quoique la librairie à laquelle vous les demanderez devra probablement les commander (ça fait deux ans qu'ils sont sortis, c'est normal!). Vous pouvez également les trouver sur Amazon.  

Voici la page facebook de Grimace. Mais la véritable nouvelle, c'est qu'aujourd'hui, j'ai finalement mis en ligne mon site web personnel. Étant donné que le sujet de mes quatre premiers livres concorde si bien avec notre site sur le jardinage, je me suis permis d'en faire la promotion ici. Bienvenue dans le merveilleux monde du jardin illustré! Si vous avez un projet qui requiert un illustrateur, n'hésitez pas à me contacter!

mercredi 23 mars 2016

Veseys et Cheerios

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Sans les abeilles, bye-bye jardin.
 
Quel est le lien entre Veseys et Cheerios? Et bien les deux compagnies sont entrées dans un partenariat fabuleux. Pour sauver les abeilles (Cheerios), les deux compagnies ont mis sur pied un projet où tout les participants reçoivent des graines de fleurs dont raffolent les abeilles, gratuitement (Veseys). Les participants sont aussi entrés dans un concours dont le prix est un de 5 aménagements floraux pour votre espace jardin d'une valeur de 5000$.

Voici donc le lien pour participer. Faites vite, le concours termine le 5 mai 2016. Le concours est ouvert à presque tous les canadiens (lisez les règlements pour en savoir plus).


Une simple photo pour mettre du bonheur dans cet article.


MISE À JOUR, LE 15 AVRIL 2016:
J'ai reçu mes semences!
MISE À JOUR, LE 10 AOÛT 2016:
Enfin tout a fleuri! Des fleurs blanches à gauche (Lobularia Maritima) au jaune-orange des pavots de Californie, il y a aussi là-dedans des marguerites de toutes sortes! Dans le fond, vous pouvez voir le jaune lime de mon origan doré à gauche et les feuilles ciselées groupées par trois d'une variété de fraises spéciales (en haut, à droite, vert foncé).
Une amie m'a permis de vous présenter une photo qu'elle a prise chez elle et qui présente ses résultats avec le sachet cadeau! Merci Ève-Marie!

lundi 29 février 2016

Les succès et les échecs 2015 - partie 3

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Louise :

Le petit jardin de ville à l'arrière d'un immeuble à logement n'est plus, sa propriétaire ayant déménagé l'année suivant sa construction. Du point de vue de notre blogue, il a été remplacé par un jardin de campagne sur une terre agricole, qui devient donc officiellement le "troisième jardin". Mais pour ne pas nous distraire de notre sujet d'aujourd'hui, je ne vous raconterai pas son histoire, ce sera pour la prochaine fois. Je vous parlerai plutôt de ses récoltes.
Sur notre terre à bois, les roches constituent une "récolte" omniprésente.
Comme j'aime bien garder le meilleur pour la fin, je vais donc commencer par ce qui n'a pas très bien fonctionné.

Les échecs à la ferme :
J'ai semé cette verdure en mars, sous la serre,
alors qu'il y avait encore beaucoup de neige
à l'extérieur. J'ai laissé deux des quelques
plants obtenus monter en graines, que j'ai
récoltées pour l'an prochain.
Ils ne sont pas vraiment nombreux et s'expliquent par la température très fraîche de l'été 2015: les poivrons ont très peu produit et, tout comme à la maison, nous n'avons mis la main sur aucune aubergine. Les cerises de terre ont été très décevantes, aussi. Pratiquement pas de framboises rouges sauvages non plus, contrairement à l'an passé. Seulement deux plants de courgettes sur six ont survécu à l'étape de la transplantation et ils ont produit, mais pas en grande abondance.

Je n'ai pas réussi à faire germer beaucoup de mâche et les quelques plants obtenus ont pris une éternité à grandir. Pour une première expérience avec cette verdure, ce n'est pas une réussite !

J'ai voulu établir de nouveaux légumes vivaces, dont des oignons égyptiens et de la ciboulette. Une demi-douzaine de plants de ciboulette (sur une possibilité de trois douzaines ou plus) ont réussi à pousser et j'ai perdu tous les oignons égyptiens. Pour quelle raison ? Ils étaient à deux endroits différents du jardin. Les oignons étaient à une extrémité d'une nouvelle plate-bande en pleine terre, alors que l'ail était à l'autre extrémité. Les oignons sont tous morts, mais l'ail a poussé (j'en parlerai un peu plus loin). Quant à la ciboulette, un facteur pouvait jouer en sa défaveur : la germination en ballot de paille n'est pas toujours uniforme, les deux principales raisons étant que les graines trop petites peuvent s'enfoncer dans la paille et que le taux d'humidité est plus difficile à maintenir. Mais je crois que j'ai évité ces deux pièges. Alors, mystère !

Les succès à la ferme :

Ce printemps, les fraisiers plantés l'année précédente
sont revenus en force. J'ai semé tout autour des oignons.
Ces deux plantes compagnes ont cohabité avec bonheur !
Petits fruits : nous avons deux douzaines de plants de fraises quatre saisons, dont la moitié  installés ce printemps (l'autre moitié, un an avant), ce qui nous a permis de récolter du début juin jusqu'aux gels les plus forts, à raison d'une poignée par jour en moyenne. Je m'assure que les jeunes plants, qui apparaissent au bout d'une longue tige envoyée par le plant-mère, s'enracinent bien, car ils assureront la continuité dans notre production. Nos plants sont installés dans la paille et ils semblent adorer cela. 

Les petits fruits de la morelle 'Wonderberry'.

 J'ai essayé un nouveau fruitier qui a produit en bonne quantité à partir de la mi-août : un hybride de morelle appelé 'Wonderberry' ou 'Sunberry' (Solanum Retroflexum aka Solanum x Burbankii). Si les gels d'automne n'étaient pas venus à bout des plants, je crois bien qu'ils seraient encore en train de produire ! Je raffole du goût de ces fruits, mais ils sont minuscules et il faut une grande patience pour les récolter. De plus, ils sont très fragiles (leur peau se déchire très facilement) et ne se conservent pas bien, mais ma soeur en a tiré une confiture sublime ! Leur peau ressemble à celle d'un bleuet, mais en plus mince. Leur chair, comme celle des bleuets, est pleine de minuscules graines qui ne diminuent pas l'expérience gustative, quoique plusieurs trouvent qu'ils ne goûtent pas grand chose. Attention ! IL paraît que cette plante se ressème allègrement. De plus, il ne faut pas manger les fruits verts (toxiques). Il ne faut pas non plus confondre cette plante avec la morelle noire (Solanum Nigrum), qui peut être mortellement toxique. 

Nous avons un immense bosquet de rosiers rustiques qui donnent des fruits, mais par manque de temps et pour la deuxième année, nous ne les avons pas récoltés. 

L'érythrone est une plante bulbeuse de nos
érablières qui se développe très lentement,
mais qui, avec les années, finit par 
couvrir

de grandes surfaces tôt au printemps.

Légumes et herbes vivaces : j'ai réussi à faire quelques récoltes une fois les plantes dûment identifiées. J'ai donc cueilli des feuilles d'érythrone d'Amérique, ou "dent de chien" (Erythronium Americanum), simplement pour y goûter, car cette petite plante est comestible. J'ai aussi récolté une grande quantité d'herbe-aux-goutteux (Aegopodium Podagraria), de la variété à feuilles entièrement vertes. Nous avons aussi du romarin et de l'origan. Comme nous avons de la menthe qui pousse en quantité sur le pourtour d'un petit lac ainsi qu'une douzaine de tilleuls matures, j'ai fait mes réserves annuelles pour mes deux tisanes préférées. 
Ceci est ma récolte de fleurs de tilleul 2015.
Vive l'abondance !
Légumes annuels : d'abord, les demi-succès. Si nous avons eu autant de tomates que l'an passé, c'est simplement parce que nous avions triplé le nombre de plants. La récolte d'ail n'a pas été aussi bonne que l'an passé, mais ceci peut s'expliquer autant par le nouvel emplacement de plantation (moins ensoleillé) que par la température. Les pommes de terre n'ont pas donné autant qu'espéré, mais elles ont été plantées dans une toute nouvelle plate-bande recevant tout juste huit heures de soleil et le sol n'y était probablement pas idéal. J'avais couvert la pelouse de plusieurs épaisseurs de carton, puis j'y avais versé du terreau à jardin (acheté en sacs), du compost et du fumier. Ce genre de terre n'est pas mauvaise en soi, mais en plantant tout de suite après la construction de la plate-bande, sa vie microbienne n'a pas eu le temps de se développer et de se stabiliser. J'ai remarqué que, souvent, les toutes nouvelles plates-bandes formées de cette façon donnent un rendement très moyen, du moins la première année.

À l'automne de 2013, nous avons
planté 28 bulbes d'ail à cou dur, une 
variété d'ail plus rustique que celui à 
tige tendre, qu'on retrouve dans les
épiceries. L'automne suivant (2014)
nous avons réservé 48 bulbes pour
les replanter (photo juillet 2015). En
octobre 2015, c'est 60 bulbes que j'ai
enfouis. C'est ainsi que notre récolte
grossit peu à peu. Chaque année, je
les replante dans un coin différent 
du jardin pour assurer une
rotation.
Par ailleurs, j'ai enfin compris comment avoir du succès avec les oignons : il faut les planter le plus tôt possible, car les variétés qui poussent bien par ici sont photosensibles. Elles arrêtent de faire pousser leur feuillage dès que les jours commencent à raccourcir, donc dès après le 21 juin. Or, lorsque le feuillage n'est pas suffisamment développé, l'oignon est mal équipé pour faire grossir son bulbe. Nous avons donc pu récolter des bulbes d'une grosseur plus respectable. Une première !

Plusieurs légumes ont donné une très bonne performance. Nous avons eu une récolte raisonnable de choux-raves (plutôt petits, quand même), de betteraves, de rutabagas et betteraves fourragères. J'ai planté ces dernières pour les donner à manger aux chevaux de ma soeur, cet hiver. Nous aurions pu en manger nous-mêmes : il faut les récolter lorsqu'elles sont jeunes et encore suffisamment tendres. Leurs feuilles aussi sont comestibles. Mais nous n'avons même pas pris le temps d'y goûter. Nous avons eu des carottes en quantité et de bonne taille. Les carottes que nous avons transplantées (un pari lancé par ma soeur aux plants arrachés pour éclaircir les rangs) ont même très bien repris, mais elles étaient difformes et certaines étaient aussi grosses et rondes qu'une pomme ! Délicieuses, tout de même.



 Les haricots nains et grimpants ont produit abondamment, ainsi que les pois et les radis. Les laitues romaines nous auront duré jusqu'à la fin août ! 
Une de nos nombreuses plates-bandes faites de ballots de paille d'avoine. Pour satisfaire la curiosité d'Hélène, la clôture couchée en arrière-plan avait pour but de faire obstacle aux chiens qui prenaient un raccourci à travers la plate-bande en pleine terre (qu'on ne voit pas vraiment bien sur cette photo) plutôt que de la contourner.

Haricots nains, courges hybrides, betteraves fourragères poussent sur des plates-bandes de paille. À l'arrière plan, un grillage adossé contre un tronc d'arbre sert de support à des pois mange-tout. À leur pied, de la laitue romaine d'un beau vert pâle.


Les brocolis sont cachés sous leur couverture flottante,
à gauche sur la photo, pour les protéger des insectes.
Les tournesols ont produit abondamment, ce qui nous a
permis d'offrir des graines en collation à nos poulets
pendant tout l'automne. 
Les brocolis, semés en surabondance par erreur, ont été transplantés et ont produit des têtes de taille respectable et une multitude de têtes plus petites en trois récoltes supplémentaires! J'ai appris que dans les climats doux, un plant de brocoli peut produire pendant au moins deux ou trois ans. Donc, si je les avais laissés en terre au lieu de les arracher vers la fin octobre, nous aurions peut-être obtenu encore quelques petites têtes. Mais j'ai préféré récolter les plus belles feuilles et donner les autres aux chevaux.

Les quatre plants de patates douces nous ont donné une récolte de 10 lbs ( près de 5 kg), soit le double de ce que j'ai récolté à la maison, à partir du même nombre de plants. Il est vrai qu'ils avaient plus d'espace à la ferme, mais le climat y est plus frais qu'à la maison. Dans les deux jardins, je considère quand même avoir remporté un franc succès, considérant que ce légume est extrêmement sensible aux températures fraîches.
 Nous avons récolté 68 courges (citrouille, Butternut, Buttercup et un délicieux hybride de spaghetti et de Buttercup, provenant de mon amie, Aya). Seule la Kumi n'a pas bien performé (un seul fruit). 

Nouveautés au jardin : j'ai réussi à faire pousser avec succès des plants d'amaranthe et de souchet comestible (Cyperus Esculentus), de la mauve verticillée (Malva Verticillata), bonne pour ses feuilles, ainsi que des Bunias d'Orient (Bunias Orientalis), une sorte de moutarde sauvage et vivace que je ne goûterai que l'an prochain.

Conclusion:
Jusqu'à maintenant, nous vous avons présenté un jardin situé dans un village, un autre en banlieue et, brièvement, un minuscule jardin de locataire, situé derrière un immeuble à logement. 

Bien sûr, le "jardin" que nous vous présentons ici est différent par bien des aspects : sa grandeur, son climat plus frais et plus venteux, la proximité de la forêt, la présence d'animaux domestiques et sauvages, tout cela change la donne. Je crois qu'il sera très intéressant de vous le faire découvrir peu à peu. J'ai bien l'intention d'expérimenter une foule de plantes, de techniques et d'approches dans ce magnifique espace et, au fil de l'évolution de ce blogue, nous vous tiendrons au courant !

Voici Petit Coeur (notre jeune coq roux, par terre en avant-plan) et trois de ses poulettes, en septembre. Ils sont tous nés le 10 juin 2015. Pour un deuxième été de suite, nous avons élevé des poulets à chair que nous avons envoyés à l'abattoir peu avant que cette photo soit prise. Nous n'avions pas l'intention de garder un seul de ces poulets pour l'hiver, le poulailler n'ayant pas encore été aménagé pour bien les protéger du froid et des intempéries. Mais Petit Coeur s'est vite fait remarquer par son empressement à nous suivre partout, à quêter des caresses et à observer de très près les travaux d'aménagement de la basse-cour. C'est ce qui l'a sauvé. Par-dessus le marché, parmi les poussins qui nous ont été vendus en tant que mâles, nous avons découvert cinq poulettes (le sexe des poussins fraîchement éclos est difficile à déterminer et se fait en examinant certaines plumes des ailes). Trois d'entre elles (les rousses) ont commencé à pondre à la mi-décembre.






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samedi 16 janvier 2016

Les succès et les échecs 2015 - Partie 2


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Violette à fleurs blanches à un stade où les feuilles en forme de coeur comme les fleurs aux airs de papillons sont délicieuses en salade. J'ai aussi des plants donnant des fleurs jaunes ou violettes. Comme je les laisse se ressemer, j'en ai une multitude et la récolte est abondante. Sur cette photo, on peut voir des plants rejetons au pied du plant mère. En arrière-plan, l'orpin rampant forme un beau tapis vert.
Louise :
Fleurs de tilleul avec leur bractée (longue
"feuille" jaune verdâtre attachée à la tige florale).
Normalement, je fais ma récolte dans le
voisinage de notre maison. Mais comme nous
retrouvons sept tilleuls adultes sur notre
nouvelle propriété, c'est de là que provient
notre récolte 2015. 
2015 a vu du bon et du mauvais, tout comme son climat : printemps très tardif suivi d'un été froid, mais la pluie n'a pas manqué et nous avons quand même vu le soleil ! Nos succès comme nos échecs sont dus en partie au fait que nous avons acheté une terre entre Sherbrooke et Drummondville. Je n'en ai pas parlé jusqu'à présent par manque de temps et de photos, mais pour faire une histoire très courte et simplifiée, tout y est à construire ou rénover ou presque. Nous ne l'habitons pas, mais y avons des locataires et à l'été 2014, entre autres projets, j'y ai aménagé un grand potager dont j'ai doublé la surface au printemps 2015. Tout ce chantier m'a tellement demandé de travail que j'ai négligé mes plantations à la maison. Il s'agit là d'une aventure intéressante dont nous avons hâte de vous parler!



Les échecs à la maison :
En avant-plan, un de mes 6 camerisiers, dont les branches
sont un peu rougeâtres en début de saison. Les minuscules
triangles blanc-crème sont ses fleurs.

Du côté des légumes annuels, dix plants de tomates ne m'ont donné que quelques douzaines de fruits, seulement quatre plants de haricots ont germé, je n'ai ramassé que quelques poignées de cerises de terre mûres et pas un seul poivron ou aubergine. N'ayant pas de temps à consacrer à mes petits fruits printaniers (fraises, camerises, cassis (gadelles noires), je ne leur ai accordé aucune attention - je n'ai même pas remarqué si la fructification fût abondante ou non.

Tomates-cerises 'Red Robin', poussant en bac
à l'intérieur, en plein hiver, sous lumière
artificielle.
 À la fin du printemps, j'ai aussi interrompu mes récoltes intérieures hivernales, parce qu'il était temps de renouveler le terreau. Mes plants de tomates-cerises 'Red Robin', en poste depuis 2011, semblaient épuisés et ont très peu donné de fruits comparé aux hivers précédents. Ils passaient leur énergie à produire de nouvelles feuilles pour remplacer celles qui se desséchaient sur leur tige. Mais à la fin du printemps, j'ai déposé quelques plants dehors, dans leur bac, avec l'idée de les déterrer plus tard. Or, à mon grand étonnement, ils ont repris de la vigueur et ont recommencé à produire abondamment au milieu de l'été, malgré un emplacement leur offrant à peine cinq heures de soleil direct et aucun entretien de ma part. Ce dernier effort courageux a été leur chant du cygne, car je ne les ai pas rentrés à l'automne. De plus, comme je savais que j'aurais une année surchargée au travail, je n'ai pas redémarré mon potager intérieur, l'automne venu. Ce fut une décision sage, mais c'est quand même dommage  de ne pas pouvoir profiter de l'arôme et du goût des tomates fraîches en plein mois de janvier ! 

Les demi-succès à la maison :
Croustillants morceaux de rhubarbe,
prêts pour la cuisson.

  L'amélanchier qui se trouve en façade a donné une production modeste de fruits, mais il est encore jeune et j'ai récolté le double de l'an passé. Celui qui est au fond du terrain en arrache et a produit très peu. De plus, je n'y ai pas trouvé un seul fruit en bon état. 
Mes bleuets se sont contentés de 3 lbs (1,5 kg) de fruits. C'est bien, mais je suis habituée d'en obtenir le double ! Il faut croire qu'ils se sont payé une année de repos. La rhubarbe a bien produit, comme d'habitude, mais comme je veux diviser mes plants le printemps prochain, je me suis contentée de la récolte du printemps. J'ai donc sauté la récolte d'août pour ne pas affaiblir mes plants, ce qui m'a empêchée de me faire une réserve de jus de rhubarbe non sucré, que j'ai l'habitude de garder congelé en très petites portions pour remplacer le jus de citron dans les recettes.

Les francs-succès à la maison :
Mes talles d'ail des bois se sont adaptées à notre terrain et elles ont même prospéré (j'en ai quatre en tout). J'en suis enchantée. L'ail des bois est un bulbe comestible qui produit de belles grandes feuilles légèrement bleutées. Je me permets seulement de récolter quelques feuilles par talle (2 à 4), puisque c'est une plante au développement très lent. On ne peut donc pas parler de récolte, mais plutôt de dégustations occasionnelles. Mais c'est toujours un grand plaisir !

Troisième semaine de juillet.
À partir du haut et dans le sens
des aiguilles d'une montre,
cerises 'Crimson Passion',
amélanches, 2 fraises quatre-
saisons, groseilles à maquereau,
bleuets. Au centre, une seule
tomate-cerise.
Les groseillers ont produit généreusement, tout comme mes plantes et herbes vivaces (feuilles d'hémérocalle, de hosta, de violette, de menthe, de livèche et de raifort). 














Les framboises noires (photo avec les fruits dans ma main) se sont surpassées et nous avons ramassé dix livres (presque 5 kilos) des précieux fruits. Avec tout ce que nous avons mangé sur place, cela doit bien faire deux livres de plus! Nous en avions même assez pour en donner à la parenté!
Les plants sont situés en partie sur notre terrain, dans la toute petite zone que nous laissons presque à l'état sauvage, et en partie sur le terrain du voisin (c'est un commerce et personne ne s'occupe de cette bande de terrain abandonnée à la nature). 

Notre cerisier sauvage (un cerisier à grappes - Prunus Virginiana) a dû produire au moins quinze kilos, mais je n'en ai cueilli que cinq (un peu plus de 10 livres) à partir de la mi-août. Le reste, hors de ma portée, a nourri les oiseaux du quartier. La plus grande partie de ce que je récolte est transformée en confiture, sirop ou coulis. Mais nous mangeons aussi ces fruits frais jusqu'à satiété. Nous nous retrouvons avec la bouche pâteuse, mais le ventre heureux et le coeur plein de la douce nostalgie de notre enfance. Les trois photos qui suivent illustrent bien les difficultés et la récompense de cette récolte !

  

J'ai aussi deux cerisiers nains rustiques 'Crimson Passion', achetés en 2012.
L'un des deux a été transplanté en 2013, ce qui a ralenti sa croissance. Il nous a donné ses premiers fruits cette année (trois en tout). L'autre a produit pour la deuxième année et m'a fourni une soixantaine de fruits ronds, gros et juteux, que nous avons mangés frais, jusqu'au dernier. Ils sont délicieux et très sucrés, pour des cerisiers qui poussent par ici, même s'ils ont un petit côté surette. Chez moi, ils produisent en juillet. Ils sont zonés 4 et demandent une exposition en plein soleil et protégée des vents froids. Ils peuvent atteindre 2 à 3 mètres de hauteur et de diamètre (6 à 11 pieds), ce qui en fait des candidats idéaux pour les jardins de ville. On peut les tailler pour leur conserver leur port élégant.  Le mien ayant une belle forme, comme la photo ci-contre le prouve, je n'ai pas eu besoin de le faire jusqu'ici.




Photo de gauche : mini pak-choi prêts            Photo de droite : tige de patate douce
   à déguster.                                                         (Ipomoea Batatas), juste avant la mise                                                                                                                                      en terre.

 

Du côté des annuelles, les deux seuls plants de concombre que j'ai semés ont produit une vingtaine de fruits excellents, j'ai eu des quantités phénoménales de roquette, de la laitue et... des patates douces ! Sept livres pour être exacte ! 
  
Conclusion:
Compte-tenu de l'été plus frais qu'à l'habitude (qui pourrait entre autre expliquer les échecs de certains fruits et légumes qui préfèrent nettement le chaud comme les tomates, les aubergines, les poivrons, etc.) et le peu de temps que je pouvais y consacrer, je suis bien fière encore une fois de ce qu'il amène à ma table et mon coeur. Ce qui me fait chanter tout particulièrement c'est que, même avec les échecs, il y avait toujours un quelque chose à déguster. La variété que j'ai sur mon terrain contribue certainement à mon bonheur de jardinière !

lundi 30 novembre 2015

La vie et la mort

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Hélène:
Depuis presqu'un mois et demi, la nature semble figée. Bien que certaines plantes persistent obstinément dans leur déclin, le temps semble être coincé entre deux états: il n'y a plus une feuille dans les arbres, mais la neige ne semble pas pour autant vouloir s'installer.
 Aujourd'hui par contre, j'ai occasion de sourire, car malgré une paresse du mois d'octobre qui aurait dû être fatale à une de mes plantes préférées, celle-ci, après un mois à faire la morte, est en train de renaître!

Il s'agit d'un Begonia Rex, variété escargot. C'est une plante qui doit être rentrée à l'hiver et je lui ai fait passé - hélas! - le premier gel de la saison dehors. Les feuilles sont toutes mortes après ce gel, mais j'avais secrètement espoir que les racines aient survécu. La plante a donc passé le dernier mois devant une fenêtre à avoir l'air totalement défunte. Au point où j'ai failli abandonner et la mettre au compost. Une chance que j'ai persisté!
Pied de plante bien mort, mais baignée dans la lumière, une petite feuille nouvelle pointe.
 
Quatre petites feuilles toutes délicates, alors qu'éventuellement, un riche manteau blanc recouvrira tout le paysage. Bienvenue au jardin d'hiver 2015!