dimanche 6 novembre 2011

Les succès et les échecs 2011, partie 1


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Récolte de citrouilles, une citrouille ordinaire de ma vigne mystère et
10 citrouilles mini-boo.

Hélène :
Il me semble que la saison du jardinage n'a commencé qu'il y a quelques semaines et nous voilà déjà à la tombée du rideau. Les nuits sont fraîches, il pleut fréquemment et il n'y a plus grand chose d'un beau vert vibrant. Mais il y a une cornucopée de délicieux légumes dans le jardin! Et puis, il y a aussi malheureusement certains espaces dénudés, non pas parce qu'on en a profité, mais bien parce que ça n'a pas marché. Voici donc un grand article (car il y en a beaucoup à dire) sur les succès et les échecs des jardins en cette belle année 2011.

Les succès :
fleurs d'amélanchier

D'abord et avant tout les amélanches et les fraises. Ces petits fruits de la fin du printemps ont été nombreux et nous en avons fait un plaisir nature, mangées comme ça. Je n'aurais pas eu le temps d'en faire une tarte ou un dessert avant que mon fils ravage le bol fraîchement cueilli. Vous pouvez relire l'épopée des fraises dans ce lien. Il n'y a eu qu'un dessert fait avec des fraises qui n'étaient pas très belles, car elles avaient passé un bon moment sous une pluie tenace et à la merci des limaces. Côté fruits, j'ai aussi fait une belle petite récolte de pêches, ma première année avec cet arbre, mais c'est un sujet à part entière dont je reparlerai plus tard (voici l'article, un an plus tard en Août 2012).
Les 4 premiers radis Zlata de la saison,
ce sont des radis jaunes.

Il y a eu aussi la laitue (2 sortes, qui ont d'ailleurs repris de la vigueur avec les récentes fraîcheurs d'octobre), les carottes, la moutarde et les radis, plantés en polyculture. Pour les non-initiés, la polyculture est une méthode de jardinage très simple; on disperse un mélange de graines dans un espace prédéterminé et on les laisse pousser où elles tombent. Quand ça pousse, on éclaircit au fur et à mesure et on mange ce que l'on cueille, alors pour manger des laitues bébés en grande quantité par exemple, c'est idéal. Mais il y a un brin plus de science derrière la technique, si on le souhaite : Faire un choix de plantes qui se complètent de différentes manières, par exemple. Le classique combo de carottes et de radis en est un (les radis poussent tellement vite comparés aux carottes qu'ils commencent tôt à repousser les mauvaises herbes, puis la récolte arrive juste à temps pour laisser aux carottes la place nécessaire), mais on peut aussi parler d'autres combinaisons comme laitues-carottes-poireaux (ou oignons) : La carotte pousse dans le sol et son feuillage fait très peu d'ombrage, le poireau pousse tout droit alors ne dérange pas ses voisines non plus et puis la laitue fait juste assez d'ombre pour décourager les mauvaises herbes sans nuire aux autres. Mon expérience n'a pas été un succès complet, par contre. Les radis, je n'en ai récolté qu'une dizaine. Les carottes ont été encore plus difficiles; j'en ai récolté entre 15 et 20, mais puisque je ne fais pas attention à mon sol argileux, elles sont petites et déformées. J'en suis néanmoins bien fière, puisque cette année, j'y suis allée sur 3 sortes différentes, 3 couleurs intéressantes. Pour la moutarde... Je vous en parle ici. Les laitues, Komatsuna et Langue de cerf venant de Solana on été un beau succès tout l'été et j'ai fait beaucoup de salades absolument délicieuses.

Avez-vous déjà essayé de faire vos semis intérieurs? Moi si, il y a plusieurs années, près d'une fenêtre, un trop gros pot et de la terre. Je n'ai jamais réussi à faire pousser quoi que ce soit comme ça et c'était une grande source de découragement, car quand rien ne veut pousser à partir de graines, ça ne donne simplement pas le goût de s'investir d'avantage. Puis pour la première fois je me suis installée sérieusement, avec une Tablette à semis, et un tapis chauffant de chez Veseys (je ne voulais prendre aucune chance).  Plusieurs types de plantes ont niché là, de février à mai dernier.

3 sortes de tomates ici : La traditionnelle poire jaune cerise, la
Mini-Blanche Petit Moineau et la P20 Bleue.
 
 Les tomates ont été un succès plein de petits échecs. Les semis ont poussé assez bien malgré le manque d'eau sous la lampe, erreur que je ne referai pas l'an prochain. En tout, 4 plants de tomates ont survécu en semis, quantité bien suffisante, que je me disais. Mais voilà, le point saillant de ce bout d'histoire - la mise en terre s'est mal passée. Trop froid? Pas assez d'eau? Je ne sais pas exactement, mais je suis venue à un poil de perdre mes 4 plants. Et dans un moment de panique, je me suis retournée vers mon centre de jardin préféré et j'ai acheté un plant de mini-tomates poires jaunes standard, le type qu'on retrouve pas mal partout. Quand les autres plants ont repris, à ma grande surprise, je me suis retrouvée avec beaucoup de délicieuses tomates et finalement, une belle variété. Mes 2 plants de tomates mini-blanches Petit Moineau ont fait extrêmement bien, mais en terre, un seul plant de Bleue P20 a fait des fruits (l'autre était trop amoché et n'a fait que de la feuille). Ici, on raffole des tomates cerises, ce n'est pratiquement que ça qu'on mange frais et donc ce n'est pas surprenant qu'elles prennent la plus grande place dans mon jardin. Mais l'an prochain, je me promets de mettre une superbe variété donnant des fruits de bonne taille, peut-être pour faire des conserves. Les Bleues et les Mini-Blanches viennent de Solana, comme les laitues mentionnées plus haut.


Je passerai rapidement sur le sujet des tournesols, qui a déjà été exploré ici. Mais j'ajouterai que je me sers de mes tournesols surtout en germination dans des pots Mason même si ce n'est pas particulièrement facile. Voici là un sujet qui mérite lui aussi un article à lui, alors je ne n'en parlerai pas ici  (et voici l'article en question, daté en décembre 2011).
Un autre petit succès se retrouve dans les framboises dorées, une variété remontante, c'est-à-dire qu'elle donne plus d'une récolte par année. La quantité de chaque récolte n'a pas été grande: une poignée ici, une poignée là. Ma plus grande récolte réunissait une quinzaine de framboises seulement. Le plant est jeune et petit. Mais si on compte sur la longueur de la saison, il a vraiment fait bien ; ma première récolte (de peut-être 4 framboises) se passait à la mi-juillet. Eh bien, rendue au milieu d'octobre, j'en récolte encore! Et si ça va bien, je m'attends à en avoir jusqu'aux gels! Un truc à mentionner : la première année m'a apporté des fruits (normalement un framboisier n'en fait que sur des branches vieilles de 2 ans), mais ils étaient acides et peu sucrés. Cette année par contre, ils sont absolument délicieux! Si j'avais des doutes sur la pertinence de garder le plant, je n'en ai plus après cette saison-ci!

 En contrepartie, pas de chance pour les framboisiers rouges du voisin qui avaient glissé de mon côté de la clôture. Je n'avais pas fait attention, mais c'était des branches vieilles de 3 ans. Elles ont désséché comme elles portaient fruit. Peut-être l'an prochain reviendront-elles avec un esprit de vengeance (on peut espérer, du moins).

J'ai à peine eu le temps de prendre une photo qu'une petite main se
glissait dans le bol, son propriétaire prêt à engloutir les délicieux fruits!

Voici une récolte du mois de Juillet : 4 énormes navets,
une poignée de framboises dorées, des tomates, des tomates
et encore des tomates!

Un des énormes succès du jardin est arrivé sous forme de navets (littéralement). Louise m'avait refilé des graines de navet Early Snowball. Je les ai semés en polyculture avec des graines de soucis. Les soucis ont été timides, mais ont bien fait malgré tout. Les navets eux, ont pris tout l'espace qu'ils pouvaient et nous en mangeons régulièrement!

Note de Louise : notez qu'on parle ici de navets -voir la photo - et non de rutabagas. D'ailleurs, les feuilles et tiges de navets, de radis et de rutabagas se mangent, j'en parlerai bientôt dans un futur article.

Il y a aussi le piment Corne de Taureau, de Solana encore, un bon piment pas trop fort qui a donné une récolte raisonnable, mais surtout verte. J'ai planté aussi des poivrons violets, mais ils ont eu tellement de compétition pour le soleil avec les tournesols et les courges que je n'en ai cueilli que quelques-uns et ils étaient petits et souvent difformes, l'intérieur encore vert (j'en ai discuté ici). Tout ça m'a servi par contre à faire des légumes préservés dans l'huile. J'y goûterai dans quelques semaines.



Les fleurs de soucis perdues à travers les feuilles de navet.

 Une note aussi sur les patates. Cette année, pour une raison qui m'est inconnue, mes patates sont mortes. J'ai entendu dire que parfois, ça arrive, même si l'emplacement a été un succès les années précédentes. Alors ce n'est que partie remise pour l'an prochain!


Il y a dû avoir un problème de
pollinisation : La vraie mini boo
est un peu plus grosse et striée
de vert sur le blanc.
Il y a aussi les citrouilles. J'avais commandé, de Solana encore, des citrouilles mini-boo, variété absolument adorable, petite et blanche. De celle-là, j'en ai eu 10, qui feront d'abord d'excellentes décorations d'Halloween et puis probablement de délicieuses petites citrouilles farcies. Et puis il y a eu mes 2 vignes surprises, issues de mon tas de compost. Malheureusement, de cette expérimentation, une seule citrouille a vu le jour... Mais elle est très, très bonne et j'ai maintenant un sac plein de cubes de citrouille bio dans le congélateur!

Note de Louise : il serait normal de ne pas récolter beaucoup de citrouilles d'un seul et même plant. La norme serait de deux ou trois citrouilles par plant, même chez les agriculteurs.

Et finalement, il y a une incontournable chez nous, la fève espagnole (haricot grimpant "scarlet runner bean"). C'est une vigne prolifique qui grandit tellement vite et haut qu'elle est l'inspiration du conte Jacques et le Haricot Magique. Les fèves se mangent entières lorsqu'elles sont jeunes et petites, mais si on les laisse grandir et se rendre à maturité, on obtient des graines qui elles, sont absolument superbes! On laisse sécher les cosses, on en extrait les fèves qu'on met de côté, bien sèches, pour utilisation ultérieure. Dans une sauce spaghetti, elles ajoutent couleur, goût et valeur nutritive. J'en fais pousser depuis 4 ans et cette année, elles ont eu un nouvel emplacement, directement sur le garde-fou de mon énorme et monstrueux balcon. Elles ne prennent donc pas d'espace précieux dans le jardin et font par elles-mêmes un jardin vertical absolument superbe.

La récolte 2011. En tout, pour 5 plants, j'ai récolté 736g de
délicieuses fèves que j'ai fait sécher !
Les fleurs rouges des fèves espagnoles sont vibrantes... et se mangent!
Je n'ai planté que 5 graines et mes pots de cosmos et capucines ont été envahis
par les vignes. Cette photo date d'août, alors vous ne voyez pas encore toute l'ampleur
que les plantes avaient prise en fin de saison !

Et les échecs, eux?

L'obélisque au printemps devient une montagne verte
en été. Les années précédentes, c'était là que les fèves
espagnoles poussaient. En 2011, c'est une vigne de
courge mystère qui s'est installée dont je n'ai finalement
eux aucun bénéfice autre que de l'expérience.
Et bien c'est sûr, je n'ai pas trop de photos, hein. Mais à part les patates et la deuxième vigne de courge (dont je ne saurai jamais la variété), je peux mentionner les concombres. J'ai acheté une variété naine qui pousse apparemment bien en pot... Si la quantité d'eau est idéale. Ce n'était pas mon cas. Les bleuets, eux, n'ont fait que 9 fruits... C'est la deuxième année que j'ai le plant et je crois savoir pourquoi ça n'a pas bien fait : J'ai entendu dire que les bleuets doivent avoir au moins deux plants pour la pollinisation. L'an prochain, j'achèterai au moins 2 autres plants. J'ai aussi essayé de faire pousser une variété de melons, mais c'est un très petit melon et sa vigne n'a juste pas pu compétitionner contre la vigne géante de courge qui s'était installée aussi sur mon obélisque. Mais j'ai un plan : je vais essayer cette variété naine à l'intérieur. Elle avait bien fait sur ma tablette à semis, alors je vais probablement la réessayer là, carrément.


Freya cherche la souris que j'ai prise et
remise dans la boîte de compost, sa maison.
Il y a eu aussi des surprises...

À part les vignes surprises, il y a eu aussi des plants de tomates qui sont apparus ici et là, gracieuseté de mon compost. Mais les deux plus grandes surprises de l'été sont toutes autres. D'abord, j'ai eu des souris dans mon compost. C'est quand j'ai remarqué ma plus jeune chatte courir partout sur le terrain et qu'elle semblait bien avoir attrapé quelque chose, que la réalisation s'est faite. En m'approchant, j'ai non seulement bien remarqué la pauvre petite souris affolée (elle n'était nullement blessée, mais qu'elle ait fait une crise cardiaque ne m'aurait pas étonnée!), puis j'ai remarqué qu'au travers des lattes de ventilation de ma boîte à compost, non loin du théâtre de ce drame affligeant... de petites pattes couraient dans tout les sens. Plusieurs petites pattes. Non seulement ça, mais au bas de la façade de mon cabanon, qui est à peine à un mètre plus loin, il y avait de petites entrées de tunnels... et une autre énorme entrée. En regardant, j'ai vu deux gros yeux me renvoyer le regard. Huh, ce n'était pas une souris, ça. Mais qu'est-ce que c'était? À l'écriture de cet article, je ne sais toujours pas. Je suis portée à croire à un lapin sauvage; il y en a dans le boisé voisin et l'hiver dernier j'avais trouvé des excréments de lapin dans la neige sur mon terrain. Je n'est jamais vu de marmottes dans le coin et bien que j'aie déjà senti des mouffettes, l'odeur n'a jamais été assez forte pour signaler qu'elles passaient dans mon terrain qui est très bien clotûré (un chien y habitait avant nous). L'autre visiteur, qui n'est passé qu'une nuit a été un raton-laveur. Il a ouvert la boîte de compost, s'est régalé, puis est reparti. Je verrouille maintenant mon compost, juste au cas où, quoique mes chattes lui ont fait impression, j'en suis certaine.

Ah oui, j'ai aussi trouvé, dans le compost, un champignon! Je suis pas mal sûre qu'il s'agissait de champignons de Paris (j'en avais jeté quelques jours avant), mais comme mentionné dans l'article de Louise , quand on n'est pas sûr, on ne touche pas!

J'ai aussi beaucoup de plantes intéressantes dans mon gazon. Du trèfle rouge, du pissenlit et du plantain que j'ai utilisé abondamment cette année, les 2 premières en tisane et le plantain pour traiter les piqûres de moustiques (et ça marche!). Mais l'autre grande surprise dans ma pelouse, c'était de la camomille allemande. Considérant que ce n'est pas toujours une plante facile à faire pousser, j'ai vraiment été étonnée, mais après en avoir fait de la tisane, force est de constater que c'était bien cela.

Comme quoi la nature est toujours prête à donner un coup de pouce aux jardiniers... Gardez l'oeil ouvert pour l'article des succès et échecs du jardin de Louise!

mercredi 19 octobre 2011

La moutarde qui fait pleurer

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La récolte de graines 2011, décortiquées.

Hélène : Elle pourrait me monter au nez, mais le résultat en est tout autre. Lorsque j'étais détentrice d'un lot d'un jardin communautaire à Montréal, un voisin jardinier m'avait refilé des graines de moutarde en me louangeant les bénéfices de la plante. C'est vrai, les feuilles sont bonnes en salade et dans des sandwichs. Les graines, on peut les récolter et les utiliser comme ça ou pour en faire le fameux condiment. Le seul ennui (et de là vient le titre de l'article) c'est bien que la décortication des graines est une tâche ardue si on n'est pas bien équipé... Ce qui est mon cas.

Voici une branche... J'en avais une quarantaine à
décortiquer comme ça!
Pour 45g de graines, j'ai eu à faire environ 8 heures de travail. La méthode utilisée cette année se résume à mettre les cosses dans un tamis, les écraser pour en éjecter les graines et les recueillir dans un bol placé dessous. Ce qui rend ça plus compliqué qu'on le croirait à première vue, c'est que l'opération n'est pas parfaite ; certaines cosses ne se brisent pas complètement et on doit finaliser à la main le décortiquage. Il y a aussi le problème que beaucoup de débris et de poussières se ramassent malgré tout dans les graines. Au moins cette étape est simple et pas trop longue : si on brasse les graines dans un bol en métal, les débris se retrouvent sur le dessus. On souffle tout doucement pour que les débris et la poussière s'envolent et il ne reste que les graines. C'est à faire dehors par contre, vous êtes avertis! Une autre méthode que je n'ai pas personnellement testée propose d'écraser les cosses sur une planche inclinée. Les graines roulent jusque dans un bol tandis que les débris restent sur la planche.

Mais pourquoi est-ce que je suis passée par tant de trouble cette année pour des graines de moutarde qu'on peut acheter à si petit prix dans une épicerie? Eh bien, je voulais faire ma propre moutarde et je voulais réessayer du tout début, à partir de la plante qui m'avait laissée plutôt perplexe, à l'époque du jardin communautaire. En gros, mon apprentissage ici, c'est que de récolter les graines, à moins d'avoir la machinerie nécessaire, ça ne vaut pas vraiment la peine. Mais de faire sa propre moutarde, ça oui! Ça vaut la peine, car on peut l'aromatiser à ce qu'on veut : au miel, au sucre, au gingembre, au citron, aux dattes, aux raisins... pourquoi pas au sirop d'érable?
Pour commencer, ma moutarde a été faite au vinaigre de vin rouge et au miel. Le processus de fabrication de moutarde est plutôt simple, on laisse tremper les graines (ou la poudre de graines) dans de l'eau ou un liquide alcoolisé ou un vinaigre. Selon les commentaires que j'ai lu sur le net, la moutarde se conservera moins longtemps dans de l'eau que dans un vinaigre ou alcool, ce qui a dirigé mon choix. Certaines sources disent de laisser tremper les graines 2 heures, d'autres parlent d'une nuit entière. Comme je voulais ma moutarde le plus tôt possible, je ne les ai fait tremper que durant deux heures et c'est peut-être pour cela que j'ai eu un peu de misère à broyer les graines. C'est vrai qu'au pilon et mortier, ce n'est pas très facile. Rendue peut-être au tiers de la quantité qu'il me fallait, j'ai finalement transféré le tout dans le malaxeur à main, mais un mélangeur ou un broyeur aurait probablement mieux fonctionné. Ajoutez le miel et voilà ! Moutarde. Certaines sources disent qu'il faut attendre une journée de plus pour qu'elle prenne bien sa saveur, d'autres jurent que le goût est bien meilleur quelques semaines plus tard.

Nous avions un repas qui demandait de la moutarde le lendemain, alors nous y avons goûté à ce moment et elle est délicieuse! C'est définitivement une expérience que je veux recommencer et la prochaine fois, j'essayerai de la faire avec de l'hydromel! Un dernier truc, quand vous ouvrirez le pot pour la première fois, rappelez-vous de vos cours de sciences et faites un mouvement de main qui amène les effluves à votre nez, plutôt que de mettre le nez dedans directement! Ou vous vous étoufferez comme l'attestent plusieurs vidéos de Youtube. Après tout, vous venez de créer quelque chose de puissant !

La magie des récoltes sauvages...

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Louise : En cette fin d'été/début d'automne, je suis très occupée à parcourir la campagne environnante pour y trouver toutes sortes de bonnes choses à récolter gratuitement, puisqu'il s'agit de ressources abandonnées.

Voici ma corne d'abondance pour cet automne :

- Plusieurs litres de champignons vesses-de-loup qui proviennent de ma propre pelouse (Voici l'article sur le sujet).
- Quelques dizaines de pots de compote de pommes et quasi autant de grands sacs à congélation pleins au deux-tiers de compote légèrement cuite, l'idée étant de ne pas laisser les morceaux de pommes se défaire en purée, pour ensuite utiliser le tout pour faire des tartes ou des croustades.
- Une quarantaine de poires jaunes et sucrées qui sont souvent abîmées par leur chute, mais qui font merveille en morceaux dans le ketchup aux fruits ou en dessert.


Au bord d'une piste cyclable, une dizaine de pommiers
de variétés différentes produisent encore abondamment.
Je les observe depuis une dizaine de saisons et
je n'ai jamais vu personne venir ramasser cette abondance
qui finit immanquablement par pourrir au sol.

- Exactement 3 livres (1,36kg) de baies de sureau, qui ont récompensé ma patience avec 7 beaux pots d'une confiture divine. ( Il faut des heures pour égrainer les petits fruits sans laisser les queues minuscules, un détail dont je n'aurait pas eu à me soucier si j'avais fait de la gelée, mais je préfère tellement plus la confiture !)
- Une dizaine de gros pots de gelée de raisins (si, si, vous pouvez tomber sur des vignes à raisins abandonnées dans nos champs et, tout comme les pommes, les raisins arrivent très bien à pousser comme ça, sans aide humaine).
- Un pot de sauce aux cerises à grappes tellement bonne que nappée sur une boule de crème glacée, c'est devenu mon dessert préféré (pour ce dernier trésor culinaire, je dois avouer que je n'ai pas couru bien loin : le cerisier en question étant sur ma propriété, cadeau de dame nature).
- Des graines de plantain, qui peuvent être moulues pour en faire une riche farine ou utilisées entières dans un pain multigrains ou dans des muffins - il faut beaucoup de patience pour ramasser les tiges de graines mûres et les égrainer à la main (quoique cette dernière étape soit très plaisante à faire, contrairement à l'épluchage de graines de moutarde qu'Hélène vient d'expérimenter il y a quelques semaines). Je prévois en tirer une tasse de farine, ce n'est donc pas une récolte très sérieuse.
- Des racines de bardane (vous savez, cette grande plante qui produit ces horribles boules de "pipics-velcros"). Je n'en ai encore jamais goûté, mais c'est sensé être délicieux et j'ai repéré une belle talle sur un terrain vague, loin d'une source de pollution, que je compte aller récolter en fin de semaine prochaine - je vous en donnerai des nouvelles lorsque j'aurai goûté.
- De la "paille" faite de ces grands végétaux envahissants qui poussent dans les fossés, atteignant facilement plus de 1,5 mètres et dont j'ai oublié le nom. (Voilà, ça m'est revenu : du roseau commun ou phragmite (Phramite Australis spp. Australis). Cette paille sauvage, une fois les épis de graines coupés, ira tapisser plusieurs endroits de mon jardin. C'est donc un paillis gratuit et tout naturel, sans pesticides ou éléments toxiques (si on choisit bien l'endroit où on le récolte). Il a d'ailleurs la faculté merveilleuse de pousser là où il y a des surplus de phosphore, et donc de l'accumuler dans ses tissus, ce qui en fait un paillis riche de cet élément.
- Des sacs de feuilles mortes, laissés au chemin pour être ramassés par la municipalité; ils sont bien plus faciles à "récolter" que la paille, mais peuvent s'envoler plus facilement au vent. Un élément clé d'un jardin riche et bien équilibré, c'est l'apport en matière organique sous forme de paillis, donc cette récolte est certainement aussi utile que celle des fruits ou légumes. Avant de ramasser un sac, je vérifie d'abord si la pelouse contient au moins quelques mauvaises herbes, ce qui m'indique qu'on n'a pas utilisé d'herbicides; en effet, j'évite à tout prix les "pelouses de golf", qui en plus, ont à coup sûr été nourries aux engrais chimiques.


Une abondance très répandue dont les gens commencent à s'occuper!

Presque tous les recoins du Québec cachent des trésors végétaux qui peuvent trouver le chemin de nos cuisines ou de notre jardin. Par exemple, ma soeur se souvient d'un endroit en pleine campagne, site d'une ferme aujourd'hui disparue, où il y avait des pêches, des poires et des abricots, en plus des pommes omniprésentes au Québec.
De mon côté, à cinq minutes de marche de chez moi, en plein village, il y a un ancien verger en face de l'école, tout près de la voie ferrée. Le terrain appartient à Hydro-Québec et la compagnie n'a pas jugé bon d'en couper la dizaine de vénérables pommiers encore vivants et productifs, en plus d'une rareté précieuse : un beau poirier. Je me contente de ramasser les fruits par terre et apparemment, ma seule concurrence est celle des chevreuils qui viennent faire leur tour quotidiennement, laissant partout leurs empreintes et des fruits à moitié croqués. L'abondance est telle qu'ils n'arrivent pas, bien sûr, à tout manger. Je n'ai pas eu à demander la permission pour cueillir à cet endroit qui est traversé par un chemin que les villageois empruntent régulièrement, à pied ou à bicyclette.

Mais si vous remarquez un fruitier dont personne ne s'occupe sur un terrain privé, vous pouvez vous risquer à demander la permission d'en cueillir les fruits. Vous pouvez toujours offrir au propriétaire de lui donner la moitié de ce que vous aurez ramassé et le remercier avec quelques pots de confiture. Les chances sont qu'il sera content que quelqu'un s'occupe du ménage de son terrain pour la modique somme de la récolte elle-même, en tout ou en partie.
D'ailleurs, dans quelques villes au Canada, cet arrangement a été institué en système communautaire, où des propriétaires d'arbres fruitiers invitent leurs concitoyens à venir faire la cueillette, qui est ensuite partagée entre un organisme communautaire ou de charité, le propriétaire et le ou les cueilleurs.

Des fruits imparfaits, mais absolument délicieux !

Je me suis habituée à consommer des pommes non traitées chez moi. En effet, quand nous sommes arrivés ici, il y a 25 ans, il y avait sur notre terrain trois très vieux pommiers qui ont produit pendant encore quelques années avant de mourir. Comme nous ne voulions pas les faire "arroser" de fongicides et autres cocktails chimiques, j'ai dû apprendre à composer avec les pommes piquées et plus ou moins abîmées par certaines maladies. J'ai réalisé ce que nos grands-mères savaient déjà, bien sûr : qu'il est possible d'en faire des compotes et desserts divinement délicieux. Et même si les pertes sont beaucoup plus importantes qu'avec les belles pommes parfaites du magasin, trois vieux pommiers à moitié productifs donnent plus qu'il n'en faut pour répondre aux besoins d'une famille.
Ce n'est donc pas l'occasionnel petit ver trouvé au coeur d'une pomme ou la tache noire sur sa peau qui me fait frissonner de dégoût. Ni la pomme à moitié abîmée. En consommant des pommes non traitées, c'est un peu comme si je pouvais remonter dans le temps, à une époque où l'usage des pesticides et fongicides n'était pas encore devenu la norme, ce qui est très bien pour la santé de ma famille.

À quoi s'attendre, comme récolte ?

Lorsqu'on cueille des pommes qui n'ont reçu aucun traitement et qui, en plus, sont tombées par terre, on peut diviser notre récolte en trois catégories. D'abord, les pommes les plus abîmées ou à moitié mangées par les guêpes et autres bestioles. En général, ces pommes forment les deux-tiers de ce qui est tombé par terre et qui n'est pas déjà pourri. Elles peuvent être mises de côté pour faire du jus ou du cidre. Cette année, j'ai ainsi fourni une bonne quantité de ces fruits déclassés à une collègue dont la famille est l'heureuse propriétaire d'un pressoir à jus. Elle m'a remerciée en m'offrant du jus de pommes brut absolument délicieux, qui se congèle très bien. Sans compter qu'en plus, elle m'a donné l'idée d'acheter moi aussi un pressoir avec d'autres membres de ma famille.
Ensuite, il y a les pommes assez belles pour entrer dans la composition des compotes, ketchups, croustades et autres délices. Elles peuvent être piquées et plus ou moins difformes, et leur peau peut être passablement abîmée, mais sont suffisamment grosses pour  fournir une quantité appréciable de chair intacte. Elles font près du tiers de la récolte.
Enfin, il y a les pommes parfaites. Ni meurtries, ni perforées, ni piquées, leur forme est plutôt régulière, elles sont assez grosses, mûries à point et leur peau présente peu ou pas de défauts. Elles représentent à peine 2 à 5% de ce que je peux récolter par terre. J'ai remarqué qu'elles sont plus nombreuses si le sol est plus mou ou présente une surface assez égale, recouverte d'herbe longue, par exemple.
Ce qui veut dire que sur les quelques deux mille pommes que j'ai ramassées jusqu'à maintenant cette année (oui, vous avez bien lu), une cinquantaine pouvaient être assez parfaites pour y croquer à pleines dents.
J'ai aussi droit à plusieurs variétés, rouges ou jaunes, hâtives ou tardives, plus ou moins grosses et au goût varié. Ma préférée est une grosse pomme d'un jaune très pâle, souvent très peu abîmée et dont le goût est particulièrement sucré. Un délice que même les variétés sucrées de l'épicerie ont du mal à égaler. Mais la majorité des pommiers que je visite donnent des pommes au goût plus acidulé, comparable à celui d'une MacIntosh. J'en ai aussi trouvé une variété jaune dont le goût ressemble à la Granny Smith ! Les toutes dernières pommes que je viens de cueillir sont si acides qu'elles ne sont pas bonnes à manger crues, mais selon mon expérience, elles devraient quand même faire une excellente compote, quoique j'aurai la main plus pesante sur le sucre, pour mettre toutes les chances de mon côté.
Quant aux poires, jaunes, grosses et très juteuses, elles font le plaisir de mon mari, car la poire est son fruit préféré entre tous, mais elles sont plus problématiques à utiliser, car leur chair tendre résiste mal à la chute. Mais celles qui étaient trop abîmées pour être mangées telles quelles ont trouvé le chemin de la casserole pour sucrer le ketchup aux tomates et aux fruits. Bien sûr, j'aurais aussi pu en faire un dessert, ou une compote.

En tout, c'est une grosse caisse pleine de raisins
que j'aurai récolté, avec de l'aide car il nous a fallu
un grand escabeau pour atteindre les grappes les plus belles.
Ma récolte la plus surprenante est sans contredit celle de ces raisins aigrelets, probablement une variété pour en tirer du vin, dont j'ai fait de la gelée. Les vignes s'accrochent à des pommiers abandonnés qui se trouvent en bordure d'un stationnement public et d'une piste cyclable. Quand on s'approche suffisamment, si on a la bonne idée de lever les yeux, on peut voir le sommet des arbres enguirlandé de belles grappes bleu-violacé. J'ai commencé par récolter quelques grappes qui étaient à ma portée. C'était au début septembre. Le jus, pas meilleur au goût que le fruit, a quand même fait une délicieuse gelée, mais plutôt orangée, car les fruits n'étaient pas encore complètement mûris.

Les ceps de vigne montent en vrilles à l'assaut
de pommiers abandonnés.
L'abondance était trop grande pour y résister et j'ai décidé d'y retourner avec ma soeur, munie de mon escabeau pour récolter cette manne inattendue. Et enfin, les grappes que je suis retournée cueillir en octobre, aidée de mon mari, étaient beaucoup plus mûres et nous en avons obtenu un jus aussi foncé que celui de l'épicerie. Cette gelée est encore meilleure.
Donc en tout, en trois séances de 30 à 45 minutes, nous avons récolté environ 3 pieds cubes de grappes, ce qui, en bout de liste, nous a donné plus de 8 litres de gelée de raisin. Et nous en avons laissé derrière pratiquement autant.

Toutes ces récoltes prennent un certain temps à cueillir, bien sûr, et pas mal plus de temps à préparer pour la préservation, mais au moins, je n'ai pas investi une minute de travail à cultiver ces trésors. Je n'ai eu qu'à étirer le bras et ramasser. Et en plus, je n'ai pas eu à concéder cet espace sur mon terrain.


Voici une partie des grappes que nous avons laissées derrière, la récolte étant trop abondante pour nos besoins et en plus, un peu trop haute pour nos escabeaux.

Et vous, auriez-vous le goût de vous risquer aux récoltes sauvages ? Ou peut-être le faites-vous déjà ?

Est-ce que vous seriez hésitant à vous servir? Hélène n'est pas à l'aise, si elle sait que des passants pourraient la voir. Pourtant, ceux qui me voient ramasser cette abondance et qui ont la curiosité de me parler ont une attitude ouverte et positive. Mon mari, lui, a toujours un peu peur que nous enfreignions une loi quelconque en cueillant dans des espaces publics. Bien sûr, je n'irais pas saccager ces endroits pour obtenir des plantes sauvages, pas plus que je ne pénétrerais sur un terrain privé sans permission explicite du propriétaire, mais ici, on parle de fruits de culture, abandonnés au sol, sur des fruitiers ayant déjà fait partie d'un jardin, dans un espace qui a perdu toute sa vocation privée.

Donc, quand il s'agit de plantes sauvages, le mot d'ordre est d'en laisser en arrière pour que la balance naturelle reste, une règle importante à respecter lorsque l'on fait de la cueillette sauvage.

Et vous, qu'en pensez-vous ?

vendredi 23 septembre 2011

Un champignon qui se prend pour un ballon

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Louise : Aujourd'hui, je ne vous concocterai pas une fable de La Fontaine, mais j'ai chez moi un organisme bizarre qui aurait très bien pu inspirer ce fameux conteur.
Comment ne pas sursauter à la vue d'une telle étrangeté !
La première fois que j'ai aperçu cet étrange ballon tout blanc au loin sur ma pelouse, je me suis dit qu'un enfant du voisinage devait être bien malheureux d'avoir égaré son jouet. Mais je ne me suis pas approchée; pas le temps, il fallait filer au travail. J'ai vite oublié la chose, l'esprit rapidement accaparé par les mille et un détails de la journée. Mais voilà, le lendemain matin, le ballon immaculé était toujours là, exactement à la même place que la veille, seulement il me semblait vraiment plus gros que dans mon souvenir. Étrange. Je me suis un peu approchée, pour découvrir une balle de baseball du même blanc éclatant qui reposait sur l'herbe à quelques mètres de là !

J'en ai bien eu pour une bonne minute avant de finir par comprendre que j'avais affaire à un champignon d'une espèce qui m'était totalement inconnue. Cet automne-là, j'ai regardé les choses compléter leur cycle de reproduction avec suspicion. Mais je n'ai pas cherché à savoir leur nom : les champignons sauvages sont dangereux, comme tout le monde le sait et j'avais comme principe général de les laisser faire leur vie sans interférer. Quand leur peau est devenue brune et a fendu, révélant un contenu poussiéreux et vert malade, je me suis inquiétée, car j'avais vaguement peur que le nuage de spores libérés soit toxique.

Quelques années ont passé et les apparitions de ballons non identifiés se sont multipliées. Puis, l'amie de ma fille m'a renseignée : mon parterre abritait dans son sous-sol des vesses-de-loup géantes (Giant Puffballs, en anglais) et non seulement, selon elle, elles n'étaient pas du tout toxiques, mais absolument délicieuses! Pourquoi une colonie de Calvatia Gigantea avait choisi d'élire domicile dans mon arrière-cour reste un mystère. Je n'en ai jamais vu dans les alentours, ni nulle part ailleurs.

L'amie de ma fille a eu du mal à me convaincre de la comestibilité de la chose, mais après qu'elle ait emporté un spécimen à un chef cuisinier de sa connaissance pour contre-vérification, je ne pouvais plus douter. Il ne me restait plus qu'à y goûter. Nous avons pelé, tranché et fait cuire la chose dans le beurre et nous sommes passés à table : dur pour le foie, car le champignon avait absorbé une quantité phénoménale de beurre durant la cuisson! J'ai appris plus tard, en poursuivant mes recherches, que quand les vesses-de-loup sont plus matures, leurs pores deviennent moins serrés, les transformant en véritables éponges, et que cette méthode de cuisson n'est plus appropriée.
Je me suis donc renseignée plus à fond sur cette intriguante source de nourriture gratuite. Et j'ai appris une ou deux façons de l'appréter.

Remarquez que la vesse-de-loup n'a pas de pied.
Un champignon est la partie aérienne d'un organisme
végétal qui vit sous terre. C'est un peu comme sa fleur,
dans le sens que c'est une partie éphémère
qui joue un rôle dans sa reproduction en
produisant des spores (sortes de "graines").
Prête pour la récolte.. en prenant garde de ne pas m'empoisonner !

Même si ce champignon revient fidèlement chez moi à partir de la mi-août, je me fais toujours un devoir de relire attentivement sa description avant de le récolter, car je veux absolument éviter de m'empoisonner en tombant sur un imposteur. En effet, quand elle est encore petite (10 cm de diamètre ou moins), la vesse-de-loup géante peut être confondue avec une amanite avant que celle-ci développe son pied. Et ici, nous parlons d'un champignon mortel. Mais il n'y a pas d'inquiétude si on attend que la vesse-de-loup grossisse, car selon les experts, il n'existe aucun champignon dont l'intérieur est blanc pur, de la forme et de la taille d'un ballon, qui serait poison.
Ici, on voit des filaments qui relient le champignon à sa partie souterraine.
On dirait des racines. J'ai appris plus tard qu'il serait préférable de ne pas
arracher les champignons, mais de couper leur pied pour permettre au mycélium
(la partie souterraine) de survivre. Maintenant, je passe un couteau sous la
base de la vesse-de-loup pour la détacher.
À cette grosseur, on ne risque pas de mal identifier la vesse-de-loup.
De plus, elle est encore assez petite pour présenter une chair dense,
facile à cuisiner et bonne au goût.
Pour être certain qu'on a affaire à une vesse-de-loup, il faut la couper en deux.
La chair doit être blanc pur et complètement uniforme dans sa couleur comme dans sa texture,
et elle ne doit présenter aucun "dessin".
Si elle a commencé à changer de couleur, c'est qu'elle a commencé à développer ses spores
et elle n'est plus comestible.
Si vous décidez de cueillir une vesse-de-loup, assurez-vous d'avoir consulté un mycologue de votre région ou un livre d'identification sérieux pour bien comprendre comment identifier tout champignon toxique qui ressemblerait à la vesse-de-loup.
Rappelez-vous : certains champignons sont mortels et leur toxicité est parfois telle que
même un médecin ne pourra plus rien pour l'imprudent qui en aura mangé.
N'oubliez pas non plus que, comme pour tout autre aliment, certaines personnes
peuvent être tout simplement allergiques à ce champignon.
Par prudence, il est conseillé d'en ingérer seulement une petite quantité la première fois
qu'on y goûte, juste pour voir l'effet qu'il nous fait.
On peut facilement nettoyer, couper, peler
et faire cuire un tel monstre en moins de 30 minutes.
Sa chair est délicate, d'un goût relativement neutre,
mais avec des accents forestiers.
À la cuisine...
Il est très facile d'apprêter les vesses-de-loup. Nettoyer l'extérieur sans plonger le champignon dans l'eau, pour ne pas qu'il se gonfle.
Ensuite, le couper en tranches, puis le peler délicatement. La peau s'enlève plus facilement quand le champignon est tranché que quand il est entier.
Après, on le coupe en dés ou en tranches plus petites, selon ce qu'on veut en faire.






Jusqu'à maintenant, j'ai essayé trois façons de faire cuire ce champignon.
- En faire revenir des tranches à la poêle dans du beurre. Délicieux quand il n'y a pas trop de
beurre...
J'ai fait cuire les dés de champignon dans cette petite
étuveuse à légumes en silicone
(un produit de la compagnie Starfrit).
J'ai empli l'étuveuse et j'ai fait cuire dans le micro-ondes
à intensité moyenne durant 2 minutes.
Ensuite, j'ai laissé les cubes refroidir sur une grande assiette,
puis je les ai transférés dans un contenant et je les ai congelés.
- Faire une pâte à crêpe, puis tremper des tranches de vesse-de-loup dans la pâte et faire revenir dans un peu de beurre ou d'huile, comme si on faisait des "toasts dorées". C'est notre recette préférée (pour le moment, du moins).
- Couper la chair en petits dés et faire cuire à la vapeur, puis laisser refroidir et après, congeler pour usage ultérieur, dans une soupe, un ragoût, une sauce à spaghetti. Mais j'ai remarqué que quelques semaines après la congélation, les cubes dégagent une odeur peu appétissante. Je crois donc qu'il vaut mieux les utiliser rapidement.






Il me reste à expérimenter plusieurs autres recettes et méthodes de cuisson. Par exemple, j'ai lu qu'on peut griller des tranches au four, ou évider le champignon, puis le farcir avant de le faire cuire au four. Ce champignon absorbera le goût des autres ingrédients d'une recette.
Certaines sources mentionnent qu'il peut remplacer le tofu et l'aubergine.

J'ai baptisé ce monstre le cochonet. Il a mûri, s'est fendu et s'est ouvert,
peut-être à cause de la surabondance de pluie de cet été.
Il fait plus de 30 cm de haut et presque 60 de long !

Voici un de ses copains, qui doit faire environ 40 cm de diamètre.
Ses couleurs ne sont déjà plus appétissantes et il n'en est pas
encore à l'étape de laisser s'échapper des nuages verdâtres de
spores. Si je le laisse en place, ce champignon sera encore là
au printemps prochain !