vendredi 15 février 2013

Les succès et les échecs 2012 - Partie 2

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Ces nervures de glace, sur les vitres de notre vieille maison,
me rappellent qu'il est plus que temps de dévoiler
ce qui s'est passé cette dernière saison.
Louise :
Cette année, j'ai failli ne pas écrire cet article, car bien que la saison n'ait pas été une catastrophe, certaines de mes récoltes qui sont habituellement des succès ne l'ont pas été et, de plus, j'ai fait quelques erreurs coûteuses... Ce qui a provoqué chez moi une panne d'enthousiasme pour dresser le récit qui suit, même si à mon âge, je devrais savoir que les imprévus font partie inhérente du jardinage !
Commençons donc par les grands absents :
 D'abord, les haricots grimpants furent les victimes d'une expérimentation qui n'a pas fonctionné: j'ai fait l'erreur de vouloir maximiser mon espace en plantant en premier des pois grimpants à l'endroit que je réservais pour mes haricots. Or, les pois ont pris tellement de temps à produire qu'ils ont trop retardé la plantation des haricots. Alors, ces derniers ont eu beau faire leur possible, ils n'ont eu le temps de produire que quelques semaines avant l'arrivée des grands froids automnaux.
Ensuite, les pommes que je cueille au pied de pommiers abandonnés dans ma région semblent n'avoir tout simplement rien produit, probablement parce que la floraison a été compromise. Il semblerait aussi que les raisins qui poussaient dans ces pommiers ont connu le même sort. Pire : les plants semblent malheureusement avoir été envahis par des vignes de houblon ! Nous verrons bien comment cela se développera l'an prochain... (Noter par cet exemple que le jardinage ne manque pas de suspens!)
Enfin, les amélanchiers - comme ceux d'Hélène - ont eux aussi perdu leur floraison et n'ont donc pas produit. Quant aux framboises noires, les fruits ont desséché sur les branches, triste répétition des échecs de l'an passé. Les sureaux n'ont presque pas fructifié, eux non plus. Heureusement, il me restait un  dernier pot de confiture de ma récolte 2011. C'est que, voyez-vous, au printemps 2012, je me suis bien rendu compte que ces arbustes ne fleurissaient pratiquement pas, ce qui voulait dire aucune récolte de petits fruits à la fin de l'été. Alors, j'ai sagement décidé de préserver mon pot pour cet hiver, car la confiture de sureau est nettement meilleure lorsque mangée par un dimanche matin de grand froid en janvier !    Tout en me régalant, j'ai philosophé sur ma bonne habitude de me faire des réserves de bonnes choses pour les jours où Dame Nature ne remplit pas ses promesses.

Par contre, l'absence de concombres et de courges est entièrement ma faute. En effet, par manque de temps et d'énergie en début de saison (et c'est bien là que nous avons besoin de ces deux attributs pour bien démarrer le jardin), je n'en ai simplement pas  semé. 

Puis, il y a eu une erreur douloureuse :
Mes tomates Pantano Romanesco,
une des variétés laissées dehors
un peu trop longtemps et que
nous avons dû manger rapidement
pour ne pas les perdre.
 
J'ai eu beaucoup de tomates délicieuses. Nous en avons mangé à satiété et j'en ai aussi donné, et le reste de la récolte a été rentrée seulement après les premiers gels; j'ai pris soin de couvrir mes plants durant ces nuits trop froides, tout de même. Mais je crois que j'ai un peu trop poussé ma chance, ce qui fait qu'une partie de mes tomates vertes, lorsque je les ai rentrées pour les laisser mûrir lentement à l'intérieur, se sont un peu moins bien conservées qu'à l'habitude. 


Plant de tomate cerise Sub-Arctique,
une variété déterminée
qui s'accomode très bien de la vie
en pot et des étés frais, mais qui aussi,

a produit des petits fruits délicieux en 
abondance pendant notre été chaud.








Pire! J'avais mis de côté une quarantaine de tomates vertes en parfait état, d'un cultivar appelé "Long Keeper". Cette tomate a la réputation de se conserver très longtemps si elle est encore verte, tant qu'elle est à la noirceur et au frais, et elle peut se garder dans de telles conditions jusqu'à trois mois. On peut les faire mûrir, une à la fois, en les ramenant à la chaleur et à la lumière. Or, j'ai choisi de les entreposer dans notre cave en terre battue, dans un contenant de métal à l'abri des mulots (nous en avons à l'occasion qui se faufilent entre les pierres des fondations lorsque les chattes ne les ont pas attrapés dehors). Mais je n'ai pas réfléchi et j'ai fermé le contenant avec un couvercle de bois, ce qui fait qu'elles ont sué et ont moisi, malgré leur enveloppe de papier journal. Résultat : je les ai toutes perdues...
À ma défense, je peux mentionner que je suis une novice en matière de conservation de fruits et légumes en chambre froide...

Il y a quand même eu de bonnes récoltes : 
Les fraises, la rhubarbe, les bleuets et les groseilles ont produit abondamment et fidèlement (ces dernières avaient desséché sur les plants, l'an passé - ce qui est rare, mes groseillers sont habituellement de nature très généreuse).
Joli cadeau de Noël!
Peut-être l'avons-nous déjà mentionné
dans un autre article, mais n'oubliez pas,
les topinambours peuvent provoquer
des flatulences et même des maux de 
ventre. Heureusement, ceci
n'affecte personne dans ma famille.
Il paraît que pour éviter ce désagrément, 
il faut les manger le plus frais possible,
c'est-à-dire immédiatement après les
avoir récoltés, donc, 
on ne cueille que ce dont on a besoin
et on laisse le reste en place.
Les topinambours cultivés en pot m'ont permis de faire un début de récolte en décembre, après que le sol soit complètement gelé. Je n'ai eu qu'à rentrer le pot et à laisser dégeler le tout à l'intérieur. Le printemps passé, j'avais retrouvé quelques tubercules de topinambours dans le fond de mon frigo, misérables petites choses ratatinées. Je les avais plantés à même le sac de terreau (un raccourci de jardinière paresseuse!), celui-ci a été perforé de quelques trous, puis inséré dans un grand pot, ce qui était plus facile pour le transport et le maintien de la forme. J'ai eu beaucoup de plaisir à fouiller dans cette belle terre noire à quelques jours de Noël, un merveilleux cadeau de moi à moi ! Il me restera encore ceux qui ont poussé tout l'été en pleine terre, pour une récolte au printemps prochain, dès que le sol aura dégelé.
Aubergine "Slim Jim", une variété qui donne de petits fruits.
Mes plants ayant hiverné à l'intérieur, ils ont recommencé
à produire très rapidement une fois retournés dehors.
Les patates, quant à elles, m'ont donné une récolte passable, sans plus. Mais avec les topinambours, ces deux légumes ensemble font pour une belle quantité et une belle diversité malgré tout.
Une petite partie de ma
récolte de patates.
Les betteraves m'ont donné une belle et délicieuse récolte, en jardinière par-dessus le marché ! Les poivrons et les aubergines ont aussi produit généreusement, sur des plants de l'année précédente que j'avais fait hiverner à l'intérieur.
Mes vivaces comestibles étaient bien sûr au rendez-vous : pousses, fleurs et graines d'hémérocalles, feuilles de violettes (Viola) et d'herbe aux goutteux (Aegopodium podagraria).
Il y a aussi eu les feuilles et fleurs de tilleuls (ceux du parc à côté de chez moi). Les jeunes feuilles sont excellentes telles quelles en salade. Quant aux fleurs, on en fait de la tisane - une de mes préférées.

Pousses d'hémérocalles cueillies le
printemps passé, blanchies et
prêtes pour le congélateur.
Ce soir, justement, j'en ai fait dégeler
un sac, pour l'incorporer à une
belle omelette.
Cet automne, j'ai aussi continué à faire pousser à l'intérieur quelques légumes en pots et jardinières, ce qui fait que nous mangeons occasionnellement des tomates cerises (nous en avons récolté plus de 200 depuis fin octobre) et des champignons pleurotes, sur une bûche, exactement comme celle d'Hélène. Je n'ai pas redémarré mon "potager vertical" (mon Windowfarm), car je tiens à faire une modification à l'installation. Il faudrait que je me décide : je pourrais ainsi obtenir des haricots tout frais en quelques semaines. Quelques plants de fines herbes ont été rentrés pour l'hiver et nous continuons à les utiliser : persil, origan, laurier, romarin et menthe ajoutent une touche de magie à tout plat hivernal. J'ai même rentré des plants d'ortie urticante qui me fournissent de belles feuilles que je peux ensuite faire sécher.
Une belle surprise, aussi : des oignons commencent à pousser directement de mon seau de vermicompost ! Allez voir mon explication sous la photo.
J'ai jeté des bulbilles d'oignons dans mon vermicompost il y a un mois,
car ils avaient été oubliés et me semblaient desséchés au point
d'être irrécupérables. Et les voici qui se sont pointé le bout du nez,
cette semaine. Je ne sais pas si les bulbes vont se mettre à grossir, 

mais je pourrai probablement les manger sous forme d'oignons verts 
ou encore, cueillir seulement les tiges ...
Depuis un bout de temps, je jongle avec l'idée que peut-être certaines plantes
pourraient pousser à même le vermicompost, s'il est recouvert d'un paillis
suffisamment épais, comme ici.
Eh bien, voici ma chance d'observer le phénomène...

Quelles leçons devrait-on tirer de tout ceci ?

La tomate Anna Russe a souvent une
forme de coeur, ce qui décrit
bien mon amour pour le jardinage,

dans les hauts comme dans les bas.
Que le jardinage est, par définition, une aventure dans l'inconnu, mais aussi que, tout simplement, les demi-succès, les erreurs et les échecs font tout autant partie des récoltes que les paniers débordant de fruits et de légumes. Et que leur produit dérivé est... l'expérience !

Ces échecs obligent le jardinier à cultiver d'autres choses précieuses, comme la patience,  la sagesse, l'humilité, mais aussi la persévérance, la créativité et la débrouillardise. 


Stratégies utilisées en permaculture pour minimiser l'impact des échecs sur notre jardinage :


La livèche est une vivace facile à
cultiver qui ressemble
aux feuilles de céleri et en a le goût.
On peut donc la cultiver à la place
du céleri, beaucoup plus capricieux.
On la taille à mesure qu'elle pousse,
on congèle les feuilles ainsi cueillies
 et on l'utilise plus
tard pour donner un goût de céleri
à n'importe quel plat cuisiné.
- Répéter les francs succès. Lorsqu'on trouve une plante qui fonctionne bien dans son environnement, c'est que les conditions locales lui conviennent parfaitement. En prendre bonne note et la cultiver à nouveau. En faire un classique de notre jardin. Cette plante pourrait s'avérer être le succès récurrent qui entraîne le jardinier à persévérer malgré les saisons difficiles. En effet, certains légumes sont presque toujours au rendez-vous, année après année.
- Diversifier! Si cinquante récoltes différentes sont prévues et sont réparties aux quatre coins du jardin, il y a fort à parier que seulement certaines d'entre elles seront affectées par une mauvaise saison ou une catastrophe localisée (comme l'emménagement imprévu d'une famille de marmottes sous la remise de jardin). 
- Pour diversifier, ne pas penser seulement aux légumes annuels, mais laisser une place de choix aux plantes fruitières et potagères vivaces, ainsi qu'à certains arbustes et arbres producteurs de récoltes comestibles. 
D'ailleurs, ces végétaux sont généralement faciles d'entretien, une fois qu'on leur a trouvé un endroit qui leur convient et leur a laissé le temps de s'établir. Désherbage, paillis, ajout de matière organique, humidité suffisante représentent les grandes lignes de leur programme de soins. Puis vient le temps de la récolte (en quantité raisonnable, si c'est la sève, les feuilles ou les tiges qu'on consomme, pour ne pas trop affaiblir la plante ou l'arbre). Voici des exemples. Parmi les vivaces : topinambour, rhubarbe, asperge, fraisier cultivé comme couvre-sol, fougère tête de violon, violette (Viola - pour les fleurs et les feuilles), herbe-aux-goutteux, livèche, oignon égyptien, ciboulette, raifort (pour les feuilles ou même la racine si on en laisse une partie en place), mauve (Malva - pour les feuilles). Arbustes : framboisier, groseiller, camérisier, bleuetier. Même certains arbres ne demandent qu'à donner leur récolte sans demander grand entretien en retour (pensons au sirop d'érable et aux feuilles et fleurs de tilleul). Et nous n'avons pas encore parlé des arbres fruitiers, dont plusieurs variétés demandent quand même pas mal d'entretien, par contre.
- Mélanger plantes comestibles et décoratives, car en plus d'être beau, un jardin très diversifié est plus résistant aux maladies et beaucoup moins invitant pour les envahisseurs indésirables, car ils doivent chercher pour trouver leur nourriture de prédilection. De plus, certaines plantes différentes peuvent devenir d'excellentes voisines et même s'entraider. Il y a beaucoup d'avantages et de beauté à découvrir dans la diversité. 
- Diversifier est aussi valable pour les espèces de légumes annuels : une saison précoce, chaude et sèche favorisera les tomates (si elles ne manquent pas d'eau), mais pas les laitues. Les variétés ont aussi leur rôle à jouer : telle sorte de courge sera particulièrement bien adaptée à un sol en particulier ou aux conditions climatiques d'une région spécifique (personnellement, je suis encore à sa recherche). De ce point de vue, il faut se donner la peine d'essayer constamment de nouvelles variétés, de dénicher des graines de légumes anciens (qui étaient habitués à vivre sans produits chimiques, par exemple, car certaines variétés récentes d'hybrides dépendent de l'application de ces produits) et de faire des échanges avec d'autres jardiniers de la région.

Thym laineux (vivace) 
et pensées tricolores Johnny-Jump-Up
(Viola Tricolor - vivace de courte durée
dont les fleurs sont comestibles), 
font un superbe couvre-sol, un exemple
de beauté par la diversité.
Enfin, varier et adapter les techniques de culture. Par exemple, en échelonnant les semis de haricots dans le temps, la récolte est étalée sur une plus longue durée, mais aussi les chances qu'au moins une partie des plants passe à travers les aléas saisonniers, comme une tempête de grêle ou un gel très tardif, sont augmentées. Ou encore, si le temps est trop sec, un paillis est un choix judicieux alors qu'en saison pluvieuse, il ne fera qu'attirer les limaces qui se régaleront aux dépens du jardinier! 






 
Quand une récolte ne donne pas ce qui est attendu, nous pouvons remédier à la situation de diverses façons
- Tenter l'expérience à nouveau, si on suppose que la saison n'était pas optimale et que la prochaine sera sûrement mieux;
- Laisser tomber ce type de récolte (parfois, il ne sert à rien de s'entêter, si les conditions minimales sont impossibles à reproduire chez soi). 
- Réessayer, mais en faisant les choses différemment. Cette solution n'est pas pour les paresseux, car elle demande investigation, réflexion, recherche de conseils, etc. Mais c'est celle qui est la plus riche en expérience. Ainsi, on peut chercher à remplacer un légume par un autre (les oignons par l'ail ou la ciboulette, par exemple), ou encore changer de variété (les tomates originaires de Russie sont mieux adaptées aux étés froids que celles provenant d'Italie), de techniques (augmenter la distance entre les plants peut faire une bonne différence si la terre de notre jardin est un peu trop pauvre pour telle espèce de légume) ou de conditions de culture (planter des concombres dans un endroit plus chaud et ensoleillé, par exemple).  
- Rester à l'affût des nouveautés. Il se pourrait qu'un nouveau cultivar apparaisse sur le marché, capable de s'adapter à des conditions plus difficiles ou inhabituelles (comme c'est le cas de la tomate "Red Robin", plant nain capable de pousser à l'intérieur sous lumière artificielle ou sur le rebord d'une fenêtre). Il arrive aussi de plus en plus fréquemment qu'une variété ancienne refasse surface, à cause de qualités qui ont été oubliées chez les cultivars modernes. En effet, les découvertes et redécouvertes horticoles sont nombreuses et, en expérimentant de toutes sortes de façons, plusieurs jardiniers passionnés y contribuent à chaque année!


Pour conclure, j'offre ce conseil à tout jardinier qui veut bien l'entendre (et je me le répète à moi-même en me tenant bien droite devant le miroir) : quand on veut faire pousser quelque chose, il est toujours utile se faire vacciner d'une généreuse dose d'optimisme !
Notre érable le plus vénérable est figé dans sa saison hivernale.
Nous aurons à attendre encore quelques semaines avant
de pouvoir récolter son eau. Mais en plein mois de janvier,

quelqu'un d'autre s'affaire déjà à récolter quelque chose
sous l'écorce de ce géant endormi. Observez la photo suivante...

mardi 15 janvier 2013

Deux cueillettes hivernales

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Le faux-fruit du rosier rugueux (Rosa Rugosa) et de l'églantier (Rosa Canina), s'appelle le cynorrhodon. En réalité, il s'agit du réceptacle floral, les vrais fruits étant les akènes qui se retrouvent à l'intérieur.
Hélène:
Poursuivons les découvertes hivernales avec deux nouveaux types de cueillette durant une saison où on ne s'y attendrait pas. Certaines vieilles recettes de l'Europe mentionnent la cueillette du fruit du rosier en hiver, le but de cette manoeuvre étant de faire subir au fruit de un à plusieurs gels (dépendant de la recette, certaines jurent qu'un seul gel est suffisant, alors que d'autres ne suggèrent la récolte qu'en janvier ou février). Ces gels auront pour effet de ramollir le fruit et de le rendre ainsi plus facile à préparer, mais soyez avertis que si vous attendez trop longtemps, les fruits perdront leurs couleurs vibrantes de rouge-orange et tourneront au noir les rendant incomestibles.
En janvier 2012, j'aurais bien fait cette récolte, mais avec toute la pluie que nous avions eu en novembre et décembre (et donc aucun gel), les fruits sont devenus noirs et immangeables. Alors que cette année, les gels sont arrivés plus tôt créant des conditions plus propices à cette cueillette. Le 2 janvier 2013, pour faire cette cueillette, je me suis donc engagée dans les 45 cm de neige que nous avions reçus le 27 décembre. Il faut dire que ces petites sphères d'un orange éclatant font un baume pour le coeur dans ce paysage d'un blanc aveuglant. Et avec autant de neige, il y a certains fruits que je ne suis simplement pas arrivée à cueillir, car je n'ai pas pu les rejoindre. Tout de même, considérant que j'ai perdu un plant de rosier le printemps dernier et que j'ai massacré le deuxième (sans compter qu'il est complètement enterré dans la neige), la première tentative de récolte sur mon troisième plant était bien.



C'est mignon comme fruit, mais qu'est-ce qu'on en fait? Cueillis en hiver, les cynorrhodons s'apprêtent bien pour des gelées. Certaines recettes font mariner les fruits pendant une semaine dans un vin blanc ou rouge avant de les faire bouillir et passer à la moulinette, d'autres omettent l'étape de la marinade. J'en déguste à l'instant une superbe tisane d'une saveur inégalée : Un fruit coupé en deux (moins les graines et les poils) dans de l'eau bouillante donne une merveilleuse tisane rosée qui ne goûte pas le parfum, mais dont on reconnaît néanmoins la source. Ce serait probablement superbe en duo avec des graines d'aneth, ou des feuilles de framboisier ou encore une touche (très légère) de menthe verte.

Si vous avez un rosier rugueux (Rosa Rugosa, Apple Rose en anglais), le fruit est tellement gros qu'il peut se manger tel quel, à condition de ne pas manger les graines et poils à l'intérieur, les poils étant urticants. Cette recommandation est valable pour tous les types de rosiers. Simplement ouvrir le fruit en deux et enlever les graines et poils avec une cuillère fait l'affaire. D'ailleurs, il va falloir que quelqu'un m'explique à quoi ça sert, du poil à gratter, à part jouer de vilains tours.

Note de Louise : La teneur en vitamine C des cynorrhodons est très élevée, beaucoup plus que les oranges, entre autres. Certaines sources mentionnent que le rosier rugueux donne des fruits plus gros que l'églantier et que les variétés sauvages ou non hybridées donnent des fruits plus savoureux.

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Les piquets plantés dans la bûche qui porte
encore son plastique, il ne reste qu'à recouvrir de la tente en
plastique transparent.
Voici une bûche à champignons - plus spécifiquement, des pleurotes de Richters. Nous avions déjà parlé de champignons sauvages, mais il s'agit ici de les faire pousser sur un médium contrôlé dans le but d'en retirer plusieurs cueillettes. Si vous voulez agrémenter votre jardinage, je vous conseille d'en faire l'essai, mais il y a quelques trucs à savoir avant de se lancer.
Bûche installée avec la tente par-dessus.

 Premièrement, ce n'est pas une entreprise facile et en toute honnêteté, je ne crois pas que ma première bûche m'a fait économiser comparé au prix des champignons de l'épicerie. Ma deuxième le fera probablement... Car c'est capricieux, des champignons. J'avais commencé en achetant une bûche de Shiitake. Malheureusement, 3 semaines après son "départ", elle était pourrie, moisie et s'égrenait au toucher. J'avais trop arrosé, certainement, et peut-être que des bactéries ayant eu la chance de se développer dans toute cette humidité n'ont pas laissé la chance aux champignons. Richters, dont le service à la clientèle est impeccable et même au-delà, m'ont offert un remplacement de pleurotes.

J'ai eu la main moins lourde pour l'arrosage, mais toujours rien! Trois mois après, début septembre, je me suis dit "tant pis!" et j'ai laissé la bûche sans eau le temps de mon voyage de deux semaines en France. Au retour, quelle ne fût pas ma surprise de découvrir que ma bûche avait "fleuri"! Et elle nous a donné des champignons en quantité jusqu'à la fin décembre (le temps de lui donner un peu de repos).

Quelques trucs de plus : La bûche est dans un plastique dans lequel on fait des entailles en X où l'on souhaite l'apparition des champignons. Mais il y a un autre plastique qu'on met par-dessus comme une tente. Ce plastique est maintenu à distance de la bûche par des bâtonnets que vous piquez ici et là dans la bûche. Et là le casse-tête commence. Il vous faudra trouver l'endroit idéal pour planter des bâtonnets qui sont sensés tenir à l'écart (mais pas trop) une tente en plastique qui cherchera à s'affaisser quand on la vaporisera de l'intérieur, une tente qui soit laissera tomber l'eau sur la table (à moins que vous ayez mis votre bûche dans une plaque à biscuits immense), soit se collera sur votre bûche (ce qui causera de la moisissure). Ou encore, il vous faudra simplement repositionner la tente quand les champignons commenceront à pousser pour ne pas qu'ils la touchent. Tout cela, c'est compliqué. 
La récolte d'octobre incluait des champignons avec les courges d'hiver Burgess,
les tomates vertes et la consoude séchée (en arrière à droite).
Ajoutez à cela que vous devrez grosso-modo arroser le tout deux fois par jour (mais pas trop à chaque fois, hein) en prenant soin de ne pas arroser directement la bûche, seulement l'intérieur de la tente pour maintenir un taux d'humidité idéal et donc, que vous devrez rester présent et vigilant pendant tout ce temps, ce qui veut dire des semaines, des mois, le temps que la récolte soit finie pour de bon! Tout ceci ne rend pas l'entreprise... faite pour tout le monde. Et il ne faut pas oublier le pire. Si votre bûche se met à pourrir ou n'évolue pas comme il le faudrait, ça sent très mauvais! De toute façon, une bûche qui fonctionne normalement sentira le champignon, alors si vous habitez un 1 et demi, encore là, ce n'est peut-être pas l'idéal. J'ai aussi remarqué que je devais tourner ma bûche pour l'exposer à la lumière pour éviter que ce soit toujours les mêmes côtés qui se retrouvent tout le temps dans la pénombre, sinon elle ne semblait faire des champignons que du côté qui recevait la dite lumière.

Champignons séchés sur la bûche par
inadvertance. 15 minutes dans l'eau chaude
et hop! Ils seront utilisables dans un plat,
quoique moins bons que ceux à maturité.
De plus, si vous oubliez d'arroser, vos champignons sécheront sur place. Il est facile de les réhydrater par la suite pour les manger, même s'ils sont petits, alors ce n'est pas trop grave, mais d'arroser à nouveau la tente ne leur donnera rien de plus : iIs sont morts, ils ne recommenceront pas à grossir.

Malgré tout, l'expérience en vaut la peine! C'est une sorte de jardinage absolument fascinant qui peut très bien se dérouler en hiver, alors que nous nous ennuyons de nos plates-bandes. Les champignons sont d'un monde mystérieux et secret et le fait d'apprendre à connaître les facettes étranges de cet organisme méconnu me fait sentir... vivante alors que tout est mort à l'extérieur.

Note de Louise : Les champignons ne sont pas des plantes. En effet, de nos jours, les scientifiques considèrent que les champignons ne sont ni des végétaux, ni des algues, entre autres, parce qu'ils ne peuvent pas produire de chlorophylle ou fabriquer de produits organiques comme le font les plantes grâce à la photosynthèse. Le champignon constitue le fruit temporaire d'un fongus, dont la partie souterraine permanente s'appelle le mycélium. Les fongi (ou fungi) doivent s'alimenter un peu comme le font les animaux, soit en consommant de la matière organique morte, soit en parasitant un être vivant, soit en formant une association avec un être vivant, association bénéfique pour les deux parties (une symbiose, ce type de champignon s'appelle alors mycorhize). Les champignons forment donc un règne à part, le monde fongique. En passant, les lichens font aussi partie du règne fongique (ils vivent en symbiose avec une algue). Donc, un champignon est la fructification (comestible ou non) d'un fongus qu'on dit supérieur, par opposition aux champignons microscopiques qu'on appelle les champignons inférieurs : les moisissures, la rouille, les mycoses, le mildiou et les levures. Appétissant, non? Une chose est certaine : nous commençons à peine à entrevoir à quel point ces organismes ont un rôle essentiel à jouer dans l'écologie d'un milieu. 

Jardin mort peut-être, mais tout à fait féerique! Je vous laisse sur une photo de mon balcon qui a clairement été visité par les fées de Fantasia au début de l'hiver.
 

dimanche 9 décembre 2012

Les succès et les échecs 2012, partie 1

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Le jardin de Septembre n'avait pas particulièrement bonne mine, quoiqu'il était plus vert que durant l'été qui vient de passer  à cause de belles pluies.

Article similaire de l'année précédente :
Année 2011
 

Hélène :

Une des récoltes de petit pois.
En avril-mai de cette année, je vous aurais dit que la saison de jardinage qui commençait si tôt en serait sûrement une bonne! Où je suis au Québec, j'ai pu planter mes petits pois au tout début du mois d'avril, une action plutôt rare considérant qu'en règle générale, soit il y a encore de la neige à ce moment, soit le sol est gelé. Mais le temps était si clément!

Et puis les problèmes ont commencé d'abord par un gel de nuit qui a emporté les fleurs de l'amélanchier et du cerisier, me privant de leurs fruits. Ensuite, à partir de juin, nous avons eu des sécheresses. Mon baril collecteur de pluie celui-ci est resté presque vide pendant juillet et août et les plantes en ont donc grandement souffert. Sans compter une paresse personnelle, alors que je n'ai pas mis de paillis partout, faute de temps (et de volonté).  Les nuits estivales sont aussi restées quelque peu fraîches, ce qui n'a pas aidé à leur croissance non plus. 
 
Malgré les temps difficiles, les couleurs étaient superbes à la fin Octobre:
Voici l'amélanchier habillé de feu et, en arrière plan, le bouleau qui se pare de jaune.
Pour finaliser, la saison s'est achevée plus rapidement qu'anticipé. À la mi-Octobre, deux semaines avant la fin habituelle, mes plants plus fragiles de fèves et de tomates ont bruni, dû à des nuits très fraîches.
Faute de pouvoir vous montrer des photos de
légumes alléchants, je vous montre des fleurs.
La valériane s'allonge jusqu'au garde-fou de
mon balcon, elle est une préférée des abeilles.

Mais si l'un des principes de la permaculture est d'avoir une grande variété de plantes pour contrer l'échec de certaines par les succès d'autres, je suis bien contente d'y adhérer car autrement, j'aurais été bien peinée. Voici donc la récapitulation des succès et échecs de la saison 2012 de jardinage chez moi.

Échecs : Alors que mes tomates et citrouilles ont fait une récolte suffisante quoique en deça de leur habitude, les vrais perdants sont malheureusement les fèves. Je me vantais qu'il s'agissait du légume dont je n'avais non seulement jamais raté une saison, mais j'en avais toujours en quantité. Cette année, à part les fèves vertes (récolte pour 3 repas) que mon fils a fait pousser et les edamames qui nous ont donné un repas (ce n'est pas énorme, considérant que j'avais 5 plants!), je n'ai récolté qu'une fève espagnole et aucune Painted Lady (ces variétés sont pourtant celles qui font ma fierté). Jacob's Cattle (une fève à cuisson) ne m'a donné qu'une poignée et il s'agissait encore là d'environ 6 plants. Tu parles d'un coup dans mon ego de jardinière.

J'ai mentionné à plusieurs reprises la défaite de mes arbres fruitiers, mais il y a aussi les framboisiers dorés. Bien qu'ils m'ont donné des framboises jusqu'en Novembre comme à leur habitude, ce n'était que quelques-unes à la fois et elles n'étaient pas aussi sucrées que l'année passée. Une collation de jardinier, rien de plus.

Les pétales de roses ont été récoltées tout l'été
pour parfumer les bains des petits et grands de la maisonnée.

Les succès, il y en avait?

Une des récoltes de tomates et de fèves vertes.
Bien sûr! Les petits pois, comme vous pouvez le voir sur la photo du haut, ont bien fait et les pêches ont déjà eu un article dédié à elles, mais ce qui a spécialement marché cette année c'est les racines. Radis, carottes, navets! J'en ai eu en quantité.

Les fleurs ont toutes bien fait aussi, comme la valériane, récoltée pour sa racine, les soucis, la camomille, les hémérocalles ou encore l'aneth pour les graines, feuilles et fleurs! En fait, toutes les herbes ont fait merveilleusement, de la baume mélisse à la menthe!




Une récolte à l'envolée de fleurs de camomille dans le gazon.
Elles trempent dans un peu d'eau pour s'assurer qu'il n'y a plus d'insectes qui s'y cachent.
Je les utilise en tisanes.

Les brocolis ont été une réelle surprise pour moi et deviendront sûrement un légume récurrent dans mon jardin. Les concombres, bien que je n'en ai eu que 4 de deux variétés différentes, sont un succès puisque c'est bien la première fois dans mes nombreuses tentatives que j'arrive à en obtenir le moindre fruit! Que voulez-vous, j'ai de la difficulté à comprendre les concombres, mais j'apprends tranquillement. Pareil pour les betteraves (je n'en ai eu que 3), un succès néanmoins considérant la situation pitoyable dans laquelle j'ai tenté de les faire pousser (en plein dans les navets : Résultat? Les navets ont gagné). C'était aussi ma première année avec ce légume et si les dires sont vrais à propos d'apprendre par les échecs, cet été j'ai sérieusement cramé!


La courge de cette année, la Burgess de Veseys,
avec des fleurs de soucis (calendula officinalis) en train de sécher devant.

Pour la première fois cette année j'ai tenté le maïs, mais pas n'importe quelle variété, hein! Une variété pour faire du popcorn qui se nomme Maïs Fraise (pris chez Solana). Bien que je n'ai eu qu'un épis complet, le résultat était très intéressant. Je tenterai l'expérience plus sérieusement dans les années à venir là aussi! 
Quelques minutes au micro-onde et popcorn!
Mon épicerie avait justement de cette variété, j'en ai acheté plus
pour faire une plus grosse collation.

Trouvez les papillons (Vanessa kershawi, si je me fie à mon google-foo) dans la menthe!

Et le reste?
Ce qui est devenu rapidement surprenant c'était la vie dans le jardin cette année. Il y avait de nouveaux venus (certains types de chenilles, de papillons, de scarabés, les syrphes et un couple de cardinaux, entre autres) et de vieilles connaissances (les abeilles, les coccinelles, les souris, les rouges-gorges), mais il y a clairement un écosystème qui se met en place! C'est beau à voir!


Un lapin à queue blanche (Sylvilagus Floridanus) avait fait son tour cet hiver, parsemant la neige des plates-bandes de précieux engrais.
 Il est revenu pour le trèfle qui poussait dans l'herbe cet été. Mais les chattes étaient très intéressées par le nouveau venu, alors il gardait ses distances. Il n'avait pas particulièrement peur de moi, heureusement.

lundi 12 novembre 2012

La bizarrerie du brocoli et les vertus des cailloux

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Portrait automnal du jardin en fin de course,
Émergeant des nids de mes abeilles creusés dans le bois, des cosmos poussent.


Hélène :
Alors que l'automne fait ressortir l'âme poétique de plus d'un jardinier, ce qui me porte à écrire aujourd'hui est une découverte fort intéressante : Il s'agit des brocolis et de leur bizarreries. Chacun connaît bien ce légume et, après les épinards de Popeye, c'était probablement la deuxième verdure la plus souvent servie chez moi durant mon enfance. Mais l'avez-vous essayée au jardin?
Vous pouvez voir, ici, 
où la première tête a été coupé et pourtant,
 vous voyez d'autres bouquets!
Cette année fut ma première expérience et voici une belle révélation qui vous fera peut-être, vous aussi, l'essayer dans les prochaines années. C'est une hydre, ce légume. Si, si! On coupe la première tête et d'autres, plus petites, apparaîtront dans les semaines suivantes! J'ai failli manquer ça car, après avoir cueilli les premières têtes, je me suis dit qu'il valait mieux enlever entièrement le reste des plants, que c'était la fin de toute façon. Heureusement, par ma paresse (et un voyage de deux semaines sur un autre continent), la tâche n'a pas été faite, ce qui fait qu'à mon retour, la surprise des nouvelles têtes de brocoli m'attendait à travers des vignes de concombres qui jaunissaient.

Concombres? Que si! J'ai planté les concombres au travers des brocolis. Ils se sont hissés à travers le feuillage bleuté et enfin sur les baguettes de bambou que j'avais plantées ici et là. Les deux fonctionnent très bien ensemble donc!

Le brocoli n'est pas toujours un légume facile à faire pousser. Louise n'a pas eu de chance cette année et n'a eu que de la feuille. Heureusement, les feuilles sont délicieuses et elle les a donc mangées! Pour ma part, j'ai tenté une petite expérience qui est peut-être en partie responsable de la vigueur de mes 3 plants. D'abord, je les ai commencés en semis, à l'intérieur. Or, dans un petit pot de transplantation, il y avait deux vigoureux plants et je n'ai pas eu le coeur d'en détruire un des deux. Mais quand est venu le temps de les transférer, ils étaient vraiment trop proches. La solution m'est venue de Ray Browning ( Chaîne You Tube : Praxxus 55712). J'en profite ici pour vous expliquer sa méthode originale en quelques phrases : il transplante ses jeunes plants de tomates à plusieurs reprises, 2 ou 3 ensemble, dans un pot de plus en plus grand et profond. Il fait ployer les tiges de chaque plant pour les éloigner les uns des autres et les maintient en place en ajoutant graduellement du terreau à son pot. De cette façon, il enterre graduellement les plants à mesure qu'ils grandissent, jusqu'à ne laisser que quelques centimètres de chaque plant dépasser au-dessus du terreau. Le pot se retrouve rempli peu à peu. Noter qu'il élimine toutes les feuilles qui se retrouveraient sous terre en les coupant au ras de la tige principale. Le but recherché ici est d'enterrer graduellement la tige principale pour l'encourager à augmenter son réseau de racines et faire ainsi des plants plus forts. Quant à laisser plus d'un jeune plant par pot, Ray s'est simplement rendu compte qu'il n'est pas nécessaire de sacrifier un des plants si on les éloigne graduellement les uns des autres.

S'il pouvait espacer de jeunes plants de tomates, pourquoi ne pourrais-je le faire pour des brocolis? J'ai utilisé sa technique au moment de transférer mes plants dans le jardin : J'ai ployé les tiges pour éloigner les plants, je les ai enterrés avec un mélange de fumier et de terre à jardin et, pour tenir le tout en place, j'ai déposé une grosse pierre juste entre les plants.

Cette pierre a d'abord servi à éloigner les plants l'un de l'autre et à les tenir en place, mais elle a offert un autre avantage, probablement plus grand encore. (Je vous offre ici ma théorie, car  ce n'est pas cet unique test qui peut en démontrer tous les bienfaits.) Il est connu en jardinage qu'on peut utiliser la masse thermique d'un objet (une roche, comme ici, ou encore du gravier ou même un point d'eau) pour accumuler la chaleur durant le jour et la relâcher durant la nuit. Ceci a pour effet de garder la plante à une température plus stable. Bien sûr, le brocoli est un légume qui aime bien la fraîcheur, mais j'ai quand même l'impression que pour n'importe quelle plante, une température la plus constante possible est bien meilleure que les variations que nous avons subies cet été. 

D'ailleurs, nous pourrions pousser le principe de masse thermique, un principe important en permaculture, bien plus loin que l'application d'une roche au pied d'un plant de brocoli. Nous pouvons l'utiliser pour allonger la saison des tomates vers la fin de l'été, par exemple. Un jardinier pourrait aussi mettre à profit la chaleur d'un patio en ciment en plantant tout juste à côté. Pareillement, placer des plantes plus tendres tout près des fondations de la maison pourrait leur permettre de mieux survivre à nos hivers. Sepp Holzer utilise aussi ce principe pour faire pousser toutes sortes de plantes plus tendres tout contre des rochers en terrain montagneux où les hivers sont rigoureux !

En bout de ligne, cette expérimentation m'a ouvert l'esprit sur la variété de méthodes qui sont à notre disposition au jardin. Alors, je peux bien remercier mes plants de brocolis, car c'est justement leur bonne performance (ou leur bizarrerie) qui m'a amenée à me poser des questions sur les vertus de ma pierre. Celle-ci n'a peut-être pas été utilisée au maximum de son potentiel puisque les brocolis ne sont pas si frileux, mais cela m'a tout de même donné ma première leçon pratique en matière de "technologie thermique" et j'en suis heureuse. Ce sera sûrement un apprentissage qui sera appliqué dans les années à venir!