dimanche 21 avril 2013

Le troisième jardin


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Hélène et Louise : Nous n'avions pas oublié le nom de notre blogue, mais les péripéties de la vie (dont un changement de la propriétaire du jardin) on retardé l'entrée en jeu de ce superbe petit jardin, un potager fait pour un appartement au rez-de-chaussée qui fait face au plein sud.

Il fut rapidement établi que le jardin devrait être protégé du piétinement au moyen de bacs assez hauts, car il est à la portée de tous les voisins et visiteurs et Geneviève, la nouvelle propriétaire du jardin, a un gros chien qui peut être très gauche. Sans compter que le sol lui-même est pauvre, mélangé de gravier et avait passé plusieurs années dans l'ombre quasi totale sous un patio en bois immense. Et puis, au prochain déménagement, le jardin pourra suivre sa propriétaire. Pour ces raisons, le choix des bacs était facile à faire. Mais bien sûr, les travaux sont plus coûteux en temps et en argent que lorsqu'on se contente de dégager le sol pour y planter directement nos graines. En voici l'évolution en quelques photos.
Cet appartement avait un immense patio, très abîmé. Après l'avoir enlevé, on a récupéré, entre autres, les sections de la balustrade (pour en faire des supports pour certaines plantes grimpantes ou à tuteurer). Les bacs de culture sont faits de planches de cèdre neuves. Le plus grand mesure 4x4 pieds (on le voit ici, au milieu de la photo). Un autre élément de récupération : des dalles de ciment entières ou cassées en morceaux serviront à faire une petite terrasse ainsi que des pas japonnais pour circuler autour des bacs. Une partie des dalles complètes serviront aussi de plancher à certains bacs. Ces derniers, faits de planches de cèdre blanc, n'ont pas de fond.
Le bac central est maintenant en position sur les dalles. Les bacs contre le mur de briques mesurent 4x2 pieds. Celui sous la fenêtre est la partie inférieure d'un appareil de gymnastique et en avant-plan, à droite, on voit l'autre partie de l'appareil. Ces deux éléments ont finalement été remplacés par deux autres bacs en cèdre, surtout parce qu'il était trop difficile de les tapisser d'un morceau de toile de piscine récupérée. En effet, tous les bacs ont été tapissés ainsi jusqu'à mi-hauteur. Puis, ils ont été remplis de gravier, lui aussi récupéré. Un tuyau de PVC blanc est installé à la verticale dans un coin de chaque bac et permet un arrosage facile jusqu'au fond. Le gravier emprisonné dans la toile peut ainsi retenir plusieurs litres d'eau et donc, forme un réservoir. Par-dessus le gravier, s'ajoute une épaisse couche de feuilles mortes, pour un peu éviter que la terre remplisse les interstices entre les graviers. Enfin, on termine avec de la bonne terre, du compost et du fumier de mouton. Ce mélange est ajouté jusqu'à 10 cm environ du bord du bac.




Bien que la cour soit de petite taille (9-10 pieds par 28 pieds), elle peut malgré tout accommoder une belle superficie pour jardiner. Il y a en tout 3 bacs moyens contre le mur, un gros bac au centre de la cour, 2 bacs avec couvercle qui font office de bancs, mais aussi d'entreposage pour les outils de jardin, et deux plus petits bacs de 3x2 pieds qui supportent une arche faite des balustrades de l'ancien patio.Ce dernier élément est placé à l'entrée du jardin et encadre un petit trottoir qui mène directement à la porte coulissante de l'appartement. Quelques plantes, 3 arbustes et un arbre fruitier ont aussi été plantés.



La photo de droite montre bien le tuyau blanc qui sert de "cheminée" jusqu'au fond du bac : un coup d'oeil dans cette cheminée et on peut voir combien il reste d'eau et si l'arrosage est nécessaire. Autre avantage, le terreau n'est pas tassé par les arrosages répétés et les racines ne sont donc pas dérangées. Les pas japonnais sont aussi bien visibles dans cette photo.

La mise en place de ce jardin a bien sûr pris un peu plus de temps que prévu et donc les plants de tomates, aubergines et choux, qui ont été démarrés à l'intérieur, étaient déjà de bonne taille, pour s'assurer qu'il y aurait quelque chose à récolter! La plupart des autres légumes ont été semés sur place.
Trois camérisiers (Lonicera Caerulea, des arbustes atteignant au plus 6 pieds - 180 cm - et pouvant être taillés, donnent des baies bleues comestibles à la mi-juin, avant les fraises) et un cerisier nain ont été plantés en contour du jardin. À maturité, ils feront peu d'ombrage aux autres plantes.


Les délicates fleurs d'aubergine.
Une fois bien installé, ce jardin a produit une quantité surprenante de nourriture! Sur la photo ci-haut (photo prise vers août, la saison étant déjà bien avancée), de gauche à droite, on remarque de la capucine (feuilles rondes) près d'une vigne de concombre; dans les deux bacs du fond, nous avons les tomates qui atteignent déjà une taille respectable. Dans le bac du centre, des haricots nains variété Soleil (jaunes), l'énorme plante à larges feuilles bleutées est un chou-fleur (dont les feuilles sont comestibles, d'ailleurs), et les quelques feuilles pourpres cachées derrière sont les feuilles d'un plant d'aubergine. Il y a aussi caché là-dedans quelques plants de poivron et d'autres plants d'aubergine, une variété à feuilles vertes dont on voit les fleurs sur la photo de droite.


Plant de tomates en compagnonnage avec des tagètes, réputées
pour repousser certaines pestes comme certains nématodes, car la
racine de la tagète émet dans le sol une substance sulfurique appelée thiophène. 
Par contre, notez que les tomates ne sont pas nommées comme étant
des victimes de ces nématodes et qu'en plus, pour être efficace, selon certaines
sources, il ne s'agit pas que de planter des tagètes, mais de faire une rotation
 de plants, donc de n'installer que de la tagète la première année, suivie de la plante
susceptible aux nématodes l'année suivante. Eh oui, le compagnonnage est une technique parfois complexe. Personnellement, bien que nous apprécions les avantages des rotations dans le jardin, nous ne sommes pas pour les monocultures.

Les plants de tomates ont été attachés au treillis à mesure
qu'ils ont grandi. Ils ont poussé à une vitesse fulgurante,
tout comme le jardin dans son ensemble.
Ce succès est dû principalement à deux ou trois choses :
D'abord, il n'y a pas eu de compromis sur la qualité du terreau
et de la matière organique. Ensuite, la réserve d'eau au fond des
bacs a permis de garder un taux d'humidité acceptable et constant.
Enfin, le jardin bénéficie d'un microclimat exceptionnel,
favorisant la production et le développement des plantes à fruits
comme les tomates qui étaient bien à leur aise contre la brique chaude
 du mur. Par contre, c'est intenable pour les légumes
nécessitant plus de fraîcheur. Résultat, aucune laitue n'a survécu.
En début de saison, voici le bac qui contenait le concombre, en compagnonnage avec des tagètes et des capucines, toutes deux réputées pour repousser certaines pestes du jardin. Les feuilles, fleurs et graines de la capucine se mangent et la plante elle-même peut être utilisée comme plante sacrifice contre les pucerons puisqu'elle est une favorite de ces derniers. L'idée d'avoir une plante sacrifice, c'est d'épargner d'autres plantes à la valeur plus grande, puisque les pucerons se concentreront presque uniquement sur la plante-sacrifice. Mais cette année, les capucines n'ont pas eu à se sacrifier. Elles sont restées en parfaite santé. Le tuyau de PVC blanc pour l'arrosage est bien visible ici.
Pour avoir des concombres heureux, une terre riche en matière
organique est primordiale : ici, on voit bien le fruit des efforts
qui avaient été consentis pour préparer un bon mélange de terreau bio.
Les concombres ont bien escaladé le treillis, 
un peu aidés par la jardinière, tout comme les tomates. 
Eux aussi profitaient de la chaleur que dégageait
le mur de brique pendant la nuit, un effet qui se nomme
masse thermique, où un objet accumule la chaleur durant les heures d'ensoleillement
et la relâche lentement quand la température ambiante baisse.
Pour les plantes potagères, cela veut dire une température plus
stable de jour comme de nuit, un plus.

Le coin sous le balcon du deuxième étant plus ombragé, certaines plantes qui tolèrent un peu d'ombre ont été installées. La rhubarbe et les fraises en sont à leur première année, mais ce petit bout de terrain se garnira rapidement. Puisqu'il s'agit aussi d'un point du terrain moins passant et près de la porte patio du logement, un bac n'a pas été installé pour les accueillir, la plantation en pleine terre étant suffisante. Si vous avez des animaux qui ont par contre tendance à manger les plantes, une note de prudence s'impose : les feuilles de la rhubarbe sont extrêmement toxiques. Heureusement, le toutou de la propriétaire du jardin ne s'y intéresse nullement.




L'arche accueille autour d'elle plusieurs fleurs comme des bégonias, de l'échinacée, des black-eyed susan (rudbeckies), du liatris et des tagètes. Cette arche est, bien sûr, l'endroit idéal pour semer des haricots grimpants. Ici, deux variétés : des  Blue Lake (gousses vertes) et des Trionfo Violet (gousses pourpres) qui s'accrochent d'eux-mêmes au treillis.
Une des nombreuses récoltes de concombres et
haricots nains "Soleil".
Un arc-en-ciel de tomates et des haricots
Blue Lake et Trionfo Violet. 
Cette dernière variété est plus facile à récolter
que la première, à cause de la couleur
contrastante de ses gousses.
Ceci représente un avantage.

Ce jardin réunissait plusieurs défis d'envergure, du chien pataud à l'espace restreint; il a donc fallu faire preuve de créativité. Mais comme ce petit jardin en atteste, il est possible de faire des récoltes superbes et abondantes, malgré les obstacles. Sans compter qu'il s'agissait du premier jardin de Geneviève, sa propriétaire! Ce petit coin de paradis lui a donné des récoltes si abondantes qu'elle a pu en partager une bonne partie avec les voisins, en plus de se faire des réserves pour le congélateur. Et s'il y a bien un côté positif au jardinage, c'est cet aspect communautaire, car il rapproche tout naturellement les gens et nous permet de faire de belles rencontres avec nos voisins et amis.

vendredi 1 mars 2013

Ennui

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Hélène :
Le mois de décembre est toujours un temps partagé entre les décorations, les cadeaux et la bonne nourriture. Mais vient janvier et lorsque les décorations sont enlevées, on dirait que c'est là que je sens le froid, la couleur monochrome de la neige... et mon ennui profond de travailler la terre et de voir des plantes pousser!

 Bien sûr, quelques tâches de jardinier me gardent quand même heureuse. Mais lorsque les revues de jardinage ont été feuilletées jusqu'à usure, que les graines ont été commandées, que les plans du jardin ont été élaborés et les vieilles graines ont été testées pour voir si elles étaient encore viables - alors que reste-t-il?

Et bien heureusement dans les tests de cette année, une circonstance m'a donné l'inspiration! Mes graines de laitues de l'an passé se sont avérées non seulement viables, mais robustes! Deux jours seulement et elles germaient.

Pour soigner mon ennui, je me suis donc auto-prescrit une belle dose de jardinage. Tout était en place de toute façon : Mon kit Grow-Light n'avait qu'à être allumé, mes contenants à semis ne demandaient qu'à se faire remplir de terre et mes belles graines vigoureuses de laitues ont donc été plantées le 16 janvier. Elles étaient toutes sorties le 19, trois jours plus tard! Le 9 février (3 semaines plus tard), je transplantais les laitues dans des pots individuels.

À la transplantation. On reconnaît bien la laitue Feuille De Chêne, à la forme indiquée par son nom, d'un vert plus pâle. Par contre, entre la "Cimmaron" et la "Merveilles des 4 Saisons", qui sont toutes 2 teintées rouge, je ne vois pas encore de différences et puisque j'ai omis de les étiqueter, je suis perdue. Peut-être développeront-elles des différences qui me permettront de les reconnaître plus tard.
Mon auto-médication a été songée. La laitue pousse très vite : la Feuille de Chêne ne prend que 40 à 50 jours pour atteindre sa maturité, j'aurai donc 3 têtes autour du premier mars. Les Merveilles des 4 Saisons, si je me fie à leur fiche sur Solana (toutes ces laitues proviennent de ce merveilleux distributeur québécois, d'ailleurs), arriveront à maturité entre 45 et 55 jours, donc en début mars aussi, un peu après les laitues Feuille de Chêne. Finalement, la petite dernière, la Cimmaron, arrivera à 70 jours, ce qui la pousse à la fin mars, temps où je commencerai mes semis de tomates.

Il n'y a pas que cela : Avoir un légume qui pousse aussi facilement et rapidement en plein hiver, c'est tellement encourageant pour le jardinier qui s'ennuie; ça lui rappelle qu'il a encore et toujours son pouce bien vert!

Et maintenant...
Une partie de la laitue est prête!
Les 3 laitues du fond sont les Feuilles de Chêne; les 3 suivantes, Merveilles des 4 Saisons et celle à gauche c'est la Cimmaron. Les Feuilles de Chêne sont prêtes, les Merveilles aussi!

vendredi 15 février 2013

Les succès et les échecs 2012 - Partie 2

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Ces nervures de glace, sur les vitres de notre vieille maison,
me rappellent qu'il est plus que temps de dévoiler
ce qui s'est passé cette dernière saison.
Louise :
Cette année, j'ai failli ne pas écrire cet article, car bien que la saison n'ait pas été une catastrophe, certaines de mes récoltes qui sont habituellement des succès ne l'ont pas été et, de plus, j'ai fait quelques erreurs coûteuses... Ce qui a provoqué chez moi une panne d'enthousiasme pour dresser le récit qui suit, même si à mon âge, je devrais savoir que les imprévus font partie inhérente du jardinage !
Commençons donc par les grands absents :
 D'abord, les haricots grimpants furent les victimes d'une expérimentation qui n'a pas fonctionné: j'ai fait l'erreur de vouloir maximiser mon espace en plantant en premier des pois grimpants à l'endroit que je réservais pour mes haricots. Or, les pois ont pris tellement de temps à produire qu'ils ont trop retardé la plantation des haricots. Alors, ces derniers ont eu beau faire leur possible, ils n'ont eu le temps de produire que quelques semaines avant l'arrivée des grands froids automnaux.
Ensuite, les pommes que je cueille au pied de pommiers abandonnés dans ma région semblent n'avoir tout simplement rien produit, probablement parce que la floraison a été compromise. Il semblerait aussi que les raisins qui poussaient dans ces pommiers ont connu le même sort. Pire : les plants semblent malheureusement avoir été envahis par des vignes de houblon ! Nous verrons bien comment cela se développera l'an prochain... (Noter par cet exemple que le jardinage ne manque pas de suspens!)
Enfin, les amélanchiers - comme ceux d'Hélène - ont eux aussi perdu leur floraison et n'ont donc pas produit. Quant aux framboises noires, les fruits ont desséché sur les branches, triste répétition des échecs de l'an passé. Les sureaux n'ont presque pas fructifié, eux non plus. Heureusement, il me restait un  dernier pot de confiture de ma récolte 2011. C'est que, voyez-vous, au printemps 2012, je me suis bien rendu compte que ces arbustes ne fleurissaient pratiquement pas, ce qui voulait dire aucune récolte de petits fruits à la fin de l'été. Alors, j'ai sagement décidé de préserver mon pot pour cet hiver, car la confiture de sureau est nettement meilleure lorsque mangée par un dimanche matin de grand froid en janvier !    Tout en me régalant, j'ai philosophé sur ma bonne habitude de me faire des réserves de bonnes choses pour les jours où Dame Nature ne remplit pas ses promesses.

Par contre, l'absence de concombres et de courges est entièrement ma faute. En effet, par manque de temps et d'énergie en début de saison (et c'est bien là que nous avons besoin de ces deux attributs pour bien démarrer le jardin), je n'en ai simplement pas  semé. 

Puis, il y a eu une erreur douloureuse :
Mes tomates Pantano Romanesco,
une des variétés laissées dehors
un peu trop longtemps et que
nous avons dû manger rapidement
pour ne pas les perdre.
 
J'ai eu beaucoup de tomates délicieuses. Nous en avons mangé à satiété et j'en ai aussi donné, et le reste de la récolte a été rentrée seulement après les premiers gels; j'ai pris soin de couvrir mes plants durant ces nuits trop froides, tout de même. Mais je crois que j'ai un peu trop poussé ma chance, ce qui fait qu'une partie de mes tomates vertes, lorsque je les ai rentrées pour les laisser mûrir lentement à l'intérieur, se sont un peu moins bien conservées qu'à l'habitude. 


Plant de tomate cerise Sub-Arctique,
une variété déterminée
qui s'accomode très bien de la vie
en pot et des étés frais, mais qui aussi,

a produit des petits fruits délicieux en 
abondance pendant notre été chaud.








Pire! J'avais mis de côté une quarantaine de tomates vertes en parfait état, d'un cultivar appelé "Long Keeper". Cette tomate a la réputation de se conserver très longtemps si elle est encore verte, tant qu'elle est à la noirceur et au frais, et elle peut se garder dans de telles conditions jusqu'à trois mois. On peut les faire mûrir, une à la fois, en les ramenant à la chaleur et à la lumière. Or, j'ai choisi de les entreposer dans notre cave en terre battue, dans un contenant de métal à l'abri des mulots (nous en avons à l'occasion qui se faufilent entre les pierres des fondations lorsque les chattes ne les ont pas attrapés dehors). Mais je n'ai pas réfléchi et j'ai fermé le contenant avec un couvercle de bois, ce qui fait qu'elles ont sué et ont moisi, malgré leur enveloppe de papier journal. Résultat : je les ai toutes perdues...
À ma défense, je peux mentionner que je suis une novice en matière de conservation de fruits et légumes en chambre froide...

Il y a quand même eu de bonnes récoltes : 
Les fraises, la rhubarbe, les bleuets et les groseilles ont produit abondamment et fidèlement (ces dernières avaient desséché sur les plants, l'an passé - ce qui est rare, mes groseillers sont habituellement de nature très généreuse).
Joli cadeau de Noël!
Peut-être l'avons-nous déjà mentionné
dans un autre article, mais n'oubliez pas,
les topinambours peuvent provoquer
des flatulences et même des maux de 
ventre. Heureusement, ceci
n'affecte personne dans ma famille.
Il paraît que pour éviter ce désagrément, 
il faut les manger le plus frais possible,
c'est-à-dire immédiatement après les
avoir récoltés, donc, 
on ne cueille que ce dont on a besoin
et on laisse le reste en place.
Les topinambours cultivés en pot m'ont permis de faire un début de récolte en décembre, après que le sol soit complètement gelé. Je n'ai eu qu'à rentrer le pot et à laisser dégeler le tout à l'intérieur. Le printemps passé, j'avais retrouvé quelques tubercules de topinambours dans le fond de mon frigo, misérables petites choses ratatinées. Je les avais plantés à même le sac de terreau (un raccourci de jardinière paresseuse!), celui-ci a été perforé de quelques trous, puis inséré dans un grand pot, ce qui était plus facile pour le transport et le maintien de la forme. J'ai eu beaucoup de plaisir à fouiller dans cette belle terre noire à quelques jours de Noël, un merveilleux cadeau de moi à moi ! Il me restera encore ceux qui ont poussé tout l'été en pleine terre, pour une récolte au printemps prochain, dès que le sol aura dégelé.
Aubergine "Slim Jim", une variété qui donne de petits fruits.
Mes plants ayant hiverné à l'intérieur, ils ont recommencé
à produire très rapidement une fois retournés dehors.
Les patates, quant à elles, m'ont donné une récolte passable, sans plus. Mais avec les topinambours, ces deux légumes ensemble font pour une belle quantité et une belle diversité malgré tout.
Une petite partie de ma
récolte de patates.
Les betteraves m'ont donné une belle et délicieuse récolte, en jardinière par-dessus le marché ! Les poivrons et les aubergines ont aussi produit généreusement, sur des plants de l'année précédente que j'avais fait hiverner à l'intérieur.
Mes vivaces comestibles étaient bien sûr au rendez-vous : pousses, fleurs et graines d'hémérocalles, feuilles de violettes (Viola) et d'herbe aux goutteux (Aegopodium podagraria).
Il y a aussi eu les feuilles et fleurs de tilleuls (ceux du parc à côté de chez moi). Les jeunes feuilles sont excellentes telles quelles en salade. Quant aux fleurs, on en fait de la tisane - une de mes préférées.

Pousses d'hémérocalles cueillies le
printemps passé, blanchies et
prêtes pour le congélateur.
Ce soir, justement, j'en ai fait dégeler
un sac, pour l'incorporer à une
belle omelette.
Cet automne, j'ai aussi continué à faire pousser à l'intérieur quelques légumes en pots et jardinières, ce qui fait que nous mangeons occasionnellement des tomates cerises (nous en avons récolté plus de 200 depuis fin octobre) et des champignons pleurotes, sur une bûche, exactement comme celle d'Hélène. Je n'ai pas redémarré mon "potager vertical" (mon Windowfarm), car je tiens à faire une modification à l'installation. Il faudrait que je me décide : je pourrais ainsi obtenir des haricots tout frais en quelques semaines. Quelques plants de fines herbes ont été rentrés pour l'hiver et nous continuons à les utiliser : persil, origan, laurier, romarin et menthe ajoutent une touche de magie à tout plat hivernal. J'ai même rentré des plants d'ortie urticante qui me fournissent de belles feuilles que je peux ensuite faire sécher.
Une belle surprise, aussi : des oignons commencent à pousser directement de mon seau de vermicompost ! Allez voir mon explication sous la photo.
J'ai jeté des bulbilles d'oignons dans mon vermicompost il y a un mois,
car ils avaient été oubliés et me semblaient desséchés au point
d'être irrécupérables. Et les voici qui se sont pointé le bout du nez,
cette semaine. Je ne sais pas si les bulbes vont se mettre à grossir, 

mais je pourrai probablement les manger sous forme d'oignons verts 
ou encore, cueillir seulement les tiges ...
Depuis un bout de temps, je jongle avec l'idée que peut-être certaines plantes
pourraient pousser à même le vermicompost, s'il est recouvert d'un paillis
suffisamment épais, comme ici.
Eh bien, voici ma chance d'observer le phénomène...

Quelles leçons devrait-on tirer de tout ceci ?

La tomate Anna Russe a souvent une
forme de coeur, ce qui décrit
bien mon amour pour le jardinage,

dans les hauts comme dans les bas.
Que le jardinage est, par définition, une aventure dans l'inconnu, mais aussi que, tout simplement, les demi-succès, les erreurs et les échecs font tout autant partie des récoltes que les paniers débordant de fruits et de légumes. Et que leur produit dérivé est... l'expérience !

Ces échecs obligent le jardinier à cultiver d'autres choses précieuses, comme la patience,  la sagesse, l'humilité, mais aussi la persévérance, la créativité et la débrouillardise. 


Stratégies utilisées en permaculture pour minimiser l'impact des échecs sur notre jardinage :


La livèche est une vivace facile à
cultiver qui ressemble
aux feuilles de céleri et en a le goût.
On peut donc la cultiver à la place
du céleri, beaucoup plus capricieux.
On la taille à mesure qu'elle pousse,
on congèle les feuilles ainsi cueillies
 et on l'utilise plus
tard pour donner un goût de céleri
à n'importe quel plat cuisiné.
- Répéter les francs succès. Lorsqu'on trouve une plante qui fonctionne bien dans son environnement, c'est que les conditions locales lui conviennent parfaitement. En prendre bonne note et la cultiver à nouveau. En faire un classique de notre jardin. Cette plante pourrait s'avérer être le succès récurrent qui entraîne le jardinier à persévérer malgré les saisons difficiles. En effet, certains légumes sont presque toujours au rendez-vous, année après année.
- Diversifier! Si cinquante récoltes différentes sont prévues et sont réparties aux quatre coins du jardin, il y a fort à parier que seulement certaines d'entre elles seront affectées par une mauvaise saison ou une catastrophe localisée (comme l'emménagement imprévu d'une famille de marmottes sous la remise de jardin). 
- Pour diversifier, ne pas penser seulement aux légumes annuels, mais laisser une place de choix aux plantes fruitières et potagères vivaces, ainsi qu'à certains arbustes et arbres producteurs de récoltes comestibles. 
D'ailleurs, ces végétaux sont généralement faciles d'entretien, une fois qu'on leur a trouvé un endroit qui leur convient et leur a laissé le temps de s'établir. Désherbage, paillis, ajout de matière organique, humidité suffisante représentent les grandes lignes de leur programme de soins. Puis vient le temps de la récolte (en quantité raisonnable, si c'est la sève, les feuilles ou les tiges qu'on consomme, pour ne pas trop affaiblir la plante ou l'arbre). Voici des exemples. Parmi les vivaces : topinambour, rhubarbe, asperge, fraisier cultivé comme couvre-sol, fougère tête de violon, violette (Viola - pour les fleurs et les feuilles), herbe-aux-goutteux, livèche, oignon égyptien, ciboulette, raifort (pour les feuilles ou même la racine si on en laisse une partie en place), mauve (Malva - pour les feuilles). Arbustes : framboisier, groseiller, camérisier, bleuetier. Même certains arbres ne demandent qu'à donner leur récolte sans demander grand entretien en retour (pensons au sirop d'érable et aux feuilles et fleurs de tilleul). Et nous n'avons pas encore parlé des arbres fruitiers, dont plusieurs variétés demandent quand même pas mal d'entretien, par contre.
- Mélanger plantes comestibles et décoratives, car en plus d'être beau, un jardin très diversifié est plus résistant aux maladies et beaucoup moins invitant pour les envahisseurs indésirables, car ils doivent chercher pour trouver leur nourriture de prédilection. De plus, certaines plantes différentes peuvent devenir d'excellentes voisines et même s'entraider. Il y a beaucoup d'avantages et de beauté à découvrir dans la diversité. 
- Diversifier est aussi valable pour les espèces de légumes annuels : une saison précoce, chaude et sèche favorisera les tomates (si elles ne manquent pas d'eau), mais pas les laitues. Les variétés ont aussi leur rôle à jouer : telle sorte de courge sera particulièrement bien adaptée à un sol en particulier ou aux conditions climatiques d'une région spécifique (personnellement, je suis encore à sa recherche). De ce point de vue, il faut se donner la peine d'essayer constamment de nouvelles variétés, de dénicher des graines de légumes anciens (qui étaient habitués à vivre sans produits chimiques, par exemple, car certaines variétés récentes d'hybrides dépendent de l'application de ces produits) et de faire des échanges avec d'autres jardiniers de la région.

Thym laineux (vivace) 
et pensées tricolores Johnny-Jump-Up
(Viola Tricolor - vivace de courte durée
dont les fleurs sont comestibles), 
font un superbe couvre-sol, un exemple
de beauté par la diversité.
Enfin, varier et adapter les techniques de culture. Par exemple, en échelonnant les semis de haricots dans le temps, la récolte est étalée sur une plus longue durée, mais aussi les chances qu'au moins une partie des plants passe à travers les aléas saisonniers, comme une tempête de grêle ou un gel très tardif, sont augmentées. Ou encore, si le temps est trop sec, un paillis est un choix judicieux alors qu'en saison pluvieuse, il ne fera qu'attirer les limaces qui se régaleront aux dépens du jardinier! 






 
Quand une récolte ne donne pas ce qui est attendu, nous pouvons remédier à la situation de diverses façons
- Tenter l'expérience à nouveau, si on suppose que la saison n'était pas optimale et que la prochaine sera sûrement mieux;
- Laisser tomber ce type de récolte (parfois, il ne sert à rien de s'entêter, si les conditions minimales sont impossibles à reproduire chez soi). 
- Réessayer, mais en faisant les choses différemment. Cette solution n'est pas pour les paresseux, car elle demande investigation, réflexion, recherche de conseils, etc. Mais c'est celle qui est la plus riche en expérience. Ainsi, on peut chercher à remplacer un légume par un autre (les oignons par l'ail ou la ciboulette, par exemple), ou encore changer de variété (les tomates originaires de Russie sont mieux adaptées aux étés froids que celles provenant d'Italie), de techniques (augmenter la distance entre les plants peut faire une bonne différence si la terre de notre jardin est un peu trop pauvre pour telle espèce de légume) ou de conditions de culture (planter des concombres dans un endroit plus chaud et ensoleillé, par exemple).  
- Rester à l'affût des nouveautés. Il se pourrait qu'un nouveau cultivar apparaisse sur le marché, capable de s'adapter à des conditions plus difficiles ou inhabituelles (comme c'est le cas de la tomate "Red Robin", plant nain capable de pousser à l'intérieur sous lumière artificielle ou sur le rebord d'une fenêtre). Il arrive aussi de plus en plus fréquemment qu'une variété ancienne refasse surface, à cause de qualités qui ont été oubliées chez les cultivars modernes. En effet, les découvertes et redécouvertes horticoles sont nombreuses et, en expérimentant de toutes sortes de façons, plusieurs jardiniers passionnés y contribuent à chaque année!


Pour conclure, j'offre ce conseil à tout jardinier qui veut bien l'entendre (et je me le répète à moi-même en me tenant bien droite devant le miroir) : quand on veut faire pousser quelque chose, il est toujours utile se faire vacciner d'une généreuse dose d'optimisme !
Notre érable le plus vénérable est figé dans sa saison hivernale.
Nous aurons à attendre encore quelques semaines avant
de pouvoir récolter son eau. Mais en plein mois de janvier,

quelqu'un d'autre s'affaire déjà à récolter quelque chose
sous l'écorce de ce géant endormi. Observez la photo suivante...

mardi 15 janvier 2013

Deux cueillettes hivernales

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Le faux-fruit du rosier rugueux (Rosa Rugosa) et de l'églantier (Rosa Canina), s'appelle le cynorrhodon. En réalité, il s'agit du réceptacle floral, les vrais fruits étant les akènes qui se retrouvent à l'intérieur.
Hélène:
Poursuivons les découvertes hivernales avec deux nouveaux types de cueillette durant une saison où on ne s'y attendrait pas. Certaines vieilles recettes de l'Europe mentionnent la cueillette du fruit du rosier en hiver, le but de cette manoeuvre étant de faire subir au fruit de un à plusieurs gels (dépendant de la recette, certaines jurent qu'un seul gel est suffisant, alors que d'autres ne suggèrent la récolte qu'en janvier ou février). Ces gels auront pour effet de ramollir le fruit et de le rendre ainsi plus facile à préparer, mais soyez avertis que si vous attendez trop longtemps, les fruits perdront leurs couleurs vibrantes de rouge-orange et tourneront au noir les rendant incomestibles.
En janvier 2012, j'aurais bien fait cette récolte, mais avec toute la pluie que nous avions eu en novembre et décembre (et donc aucun gel), les fruits sont devenus noirs et immangeables. Alors que cette année, les gels sont arrivés plus tôt créant des conditions plus propices à cette cueillette. Le 2 janvier 2013, pour faire cette cueillette, je me suis donc engagée dans les 45 cm de neige que nous avions reçus le 27 décembre. Il faut dire que ces petites sphères d'un orange éclatant font un baume pour le coeur dans ce paysage d'un blanc aveuglant. Et avec autant de neige, il y a certains fruits que je ne suis simplement pas arrivée à cueillir, car je n'ai pas pu les rejoindre. Tout de même, considérant que j'ai perdu un plant de rosier le printemps dernier et que j'ai massacré le deuxième (sans compter qu'il est complètement enterré dans la neige), la première tentative de récolte sur mon troisième plant était bien.



C'est mignon comme fruit, mais qu'est-ce qu'on en fait? Cueillis en hiver, les cynorrhodons s'apprêtent bien pour des gelées. Certaines recettes font mariner les fruits pendant une semaine dans un vin blanc ou rouge avant de les faire bouillir et passer à la moulinette, d'autres omettent l'étape de la marinade. J'en déguste à l'instant une superbe tisane d'une saveur inégalée : Un fruit coupé en deux (moins les graines et les poils) dans de l'eau bouillante donne une merveilleuse tisane rosée qui ne goûte pas le parfum, mais dont on reconnaît néanmoins la source. Ce serait probablement superbe en duo avec des graines d'aneth, ou des feuilles de framboisier ou encore une touche (très légère) de menthe verte.

Si vous avez un rosier rugueux (Rosa Rugosa, Apple Rose en anglais), le fruit est tellement gros qu'il peut se manger tel quel, à condition de ne pas manger les graines et poils à l'intérieur, les poils étant urticants. Cette recommandation est valable pour tous les types de rosiers. Simplement ouvrir le fruit en deux et enlever les graines et poils avec une cuillère fait l'affaire. D'ailleurs, il va falloir que quelqu'un m'explique à quoi ça sert, du poil à gratter, à part jouer de vilains tours.

Note de Louise : La teneur en vitamine C des cynorrhodons est très élevée, beaucoup plus que les oranges, entre autres. Certaines sources mentionnent que le rosier rugueux donne des fruits plus gros que l'églantier et que les variétés sauvages ou non hybridées donnent des fruits plus savoureux.

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Les piquets plantés dans la bûche qui porte
encore son plastique, il ne reste qu'à recouvrir de la tente en
plastique transparent.
Voici une bûche à champignons - plus spécifiquement, des pleurotes de Richters. Nous avions déjà parlé de champignons sauvages, mais il s'agit ici de les faire pousser sur un médium contrôlé dans le but d'en retirer plusieurs cueillettes. Si vous voulez agrémenter votre jardinage, je vous conseille d'en faire l'essai, mais il y a quelques trucs à savoir avant de se lancer.
Bûche installée avec la tente par-dessus.

 Premièrement, ce n'est pas une entreprise facile et en toute honnêteté, je ne crois pas que ma première bûche m'a fait économiser comparé au prix des champignons de l'épicerie. Ma deuxième le fera probablement... Car c'est capricieux, des champignons. J'avais commencé en achetant une bûche de Shiitake. Malheureusement, 3 semaines après son "départ", elle était pourrie, moisie et s'égrenait au toucher. J'avais trop arrosé, certainement, et peut-être que des bactéries ayant eu la chance de se développer dans toute cette humidité n'ont pas laissé la chance aux champignons. Richters, dont le service à la clientèle est impeccable et même au-delà, m'ont offert un remplacement de pleurotes.

J'ai eu la main moins lourde pour l'arrosage, mais toujours rien! Trois mois après, début septembre, je me suis dit "tant pis!" et j'ai laissé la bûche sans eau le temps de mon voyage de deux semaines en France. Au retour, quelle ne fût pas ma surprise de découvrir que ma bûche avait "fleuri"! Et elle nous a donné des champignons en quantité jusqu'à la fin décembre (le temps de lui donner un peu de repos).

Quelques trucs de plus : La bûche est dans un plastique dans lequel on fait des entailles en X où l'on souhaite l'apparition des champignons. Mais il y a un autre plastique qu'on met par-dessus comme une tente. Ce plastique est maintenu à distance de la bûche par des bâtonnets que vous piquez ici et là dans la bûche. Et là le casse-tête commence. Il vous faudra trouver l'endroit idéal pour planter des bâtonnets qui sont sensés tenir à l'écart (mais pas trop) une tente en plastique qui cherchera à s'affaisser quand on la vaporisera de l'intérieur, une tente qui soit laissera tomber l'eau sur la table (à moins que vous ayez mis votre bûche dans une plaque à biscuits immense), soit se collera sur votre bûche (ce qui causera de la moisissure). Ou encore, il vous faudra simplement repositionner la tente quand les champignons commenceront à pousser pour ne pas qu'ils la touchent. Tout cela, c'est compliqué. 
La récolte d'octobre incluait des champignons avec les courges d'hiver Burgess,
les tomates vertes et la consoude séchée (en arrière à droite).
Ajoutez à cela que vous devrez grosso-modo arroser le tout deux fois par jour (mais pas trop à chaque fois, hein) en prenant soin de ne pas arroser directement la bûche, seulement l'intérieur de la tente pour maintenir un taux d'humidité idéal et donc, que vous devrez rester présent et vigilant pendant tout ce temps, ce qui veut dire des semaines, des mois, le temps que la récolte soit finie pour de bon! Tout ceci ne rend pas l'entreprise... faite pour tout le monde. Et il ne faut pas oublier le pire. Si votre bûche se met à pourrir ou n'évolue pas comme il le faudrait, ça sent très mauvais! De toute façon, une bûche qui fonctionne normalement sentira le champignon, alors si vous habitez un 1 et demi, encore là, ce n'est peut-être pas l'idéal. J'ai aussi remarqué que je devais tourner ma bûche pour l'exposer à la lumière pour éviter que ce soit toujours les mêmes côtés qui se retrouvent tout le temps dans la pénombre, sinon elle ne semblait faire des champignons que du côté qui recevait la dite lumière.

Champignons séchés sur la bûche par
inadvertance. 15 minutes dans l'eau chaude
et hop! Ils seront utilisables dans un plat,
quoique moins bons que ceux à maturité.
De plus, si vous oubliez d'arroser, vos champignons sécheront sur place. Il est facile de les réhydrater par la suite pour les manger, même s'ils sont petits, alors ce n'est pas trop grave, mais d'arroser à nouveau la tente ne leur donnera rien de plus : iIs sont morts, ils ne recommenceront pas à grossir.

Malgré tout, l'expérience en vaut la peine! C'est une sorte de jardinage absolument fascinant qui peut très bien se dérouler en hiver, alors que nous nous ennuyons de nos plates-bandes. Les champignons sont d'un monde mystérieux et secret et le fait d'apprendre à connaître les facettes étranges de cet organisme méconnu me fait sentir... vivante alors que tout est mort à l'extérieur.

Note de Louise : Les champignons ne sont pas des plantes. En effet, de nos jours, les scientifiques considèrent que les champignons ne sont ni des végétaux, ni des algues, entre autres, parce qu'ils ne peuvent pas produire de chlorophylle ou fabriquer de produits organiques comme le font les plantes grâce à la photosynthèse. Le champignon constitue le fruit temporaire d'un fongus, dont la partie souterraine permanente s'appelle le mycélium. Les fongi (ou fungi) doivent s'alimenter un peu comme le font les animaux, soit en consommant de la matière organique morte, soit en parasitant un être vivant, soit en formant une association avec un être vivant, association bénéfique pour les deux parties (une symbiose, ce type de champignon s'appelle alors mycorhize). Les champignons forment donc un règne à part, le monde fongique. En passant, les lichens font aussi partie du règne fongique (ils vivent en symbiose avec une algue). Donc, un champignon est la fructification (comestible ou non) d'un fongus qu'on dit supérieur, par opposition aux champignons microscopiques qu'on appelle les champignons inférieurs : les moisissures, la rouille, les mycoses, le mildiou et les levures. Appétissant, non? Une chose est certaine : nous commençons à peine à entrevoir à quel point ces organismes ont un rôle essentiel à jouer dans l'écologie d'un milieu. 

Jardin mort peut-être, mais tout à fait féerique! Je vous laisse sur une photo de mon balcon qui a clairement été visité par les fées de Fantasia au début de l'hiver.