vendredi 11 octobre 2013

L'histoire d'une fausse fraise

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Hélène :
Un dimanche après-midi chez des amis au début septembre, s'est déroulée l'intrigue suivante. 
"Hélène, viens voir ça, peut-être que tu peux me dire ce que c'est. Moi je dis que c'est une fraise, ma femme dit que c'en est pas une."

Quelques instants plus tard, dans un coin du terrain qui est plutôt ombragé, je vois un large tapis vert foncé recouvert de petites billes parfaitement rondes et d'un rouge absolument éclatant. Après un regard sur les feuilles qui sont en groupe de trois, je répond "Ben oui, c'est une sorte de fraise, ça!". Et puis j'y goûte. Une, deux, trois. Huh. Ça ne goûte presque rien, on dirait de l'eau de fraises mélangée avec une touche de melon d'eau. Croquant, à cause du nombre de graines. Je suis quand même convaincue qu'il s'agit d'un type de fraise qui a malheureusement peu de goût.

Après un peu de recherche par contre, l'histoire de ce petit fruit se dévoile : Il s'agit de Potentilla Indica, préalablement classé Duschesnea Indica, de son nom commun, le fraisier des Indes, ou encore le faux fraisier (Mock Strawberry en anglais, Falsa Fresa ou Fresa India, en espagnol). Ses fleurs sont jaunes plutôt que blanches ou rosées, un élément qui la distingue bien des fraises (Fragaria), quoique je n'ai pas pu en voir, n'étant pas dans le temps de la floraison.
Le faux fraisier est agressivement envahissant. Ici, un gazon ne peut l'empêcher de se multiplier.

La fiche wikipedia indique que cette plante vient de l'Afghanistan, de l'Inde, de l'Indonésie, du Japon, de la Corée du Nord et de la Chine. Elle pousse très bien ici au Canada.

Tisane de Septembre.
Même si le goût à priori semble décevant, c'est probablement parce que je m'attendais à un goût de fraise. Autrement, la plante a tout de même de grand avantages : D'abord - et à mes yeux - elle a une grande valeur ornementale et fait un couvre-sol agressif, mais vraiment beau, parsemé de joyaux parfaitement ronds et d'un rouge éclatant. Elle pourrait probablement être utilisée avec succès dans certains recoins de terrain réputés difficiles. Deuxièmement, on peut faire des feuilles une tisane qui est quand même bien. Elle a un bon goût prononcé, contrairement à ses fruits, mais aurait avantage à être mélangée avec une autre plante, peut-être comme de la feuille de framboisier. Je crois aussi que les fruits pourraient potentiellement être mangés nature ou être ajoutés à une limonade au citron probablement sans en affecter le goût, mais en la colorant d'un joli rose.

Mais la chose la plus intéressante, c'est qu'il s'agit d'un petit fruit qui est là en quantité en septembre. Et des petits fruits en septembre, il y en a - comme les cerises de terre - mais la panoplie de variétés reste quelque peu limitée!




lundi 30 septembre 2013

Des vertus du plantain et de la cohabitation avec les guêpes

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Louise :

La plupart du temps, le plantain (Plantago), tout comme les guêpes, suscite des réactions négatives. D'un côté, une mauvaise herbe agressive que l'on retrouve souvent dans les fissures du ciment ou de l'asphalte en milieu urbain, de l'autre une bestiole dont la piqûre est potentiellement mortelle pour les personnes qui y sont fortement allergiques. Leur sort devrait donc être réglé rapidement : ce sont deux nuisances, n'est-ce pas ?
Plantain majeur (Plantago Major en latin - Broadleaf Plantain o Greater Plantain en anglais, Llantén Mayor en espagnol). On le voit pousser ici à travers l'herbe et le trèfle. Ses tiges de graines et ses grandes feuilles lustrées en forme de cuillère sont bien visibles.

Oui, mais la réalité n'est pas aussi tranchée que ça, bien sûr. Le plantain a le défaut, impardonnable pour certains, de chercher à coloniser tous les coins de pelouse, avec enthousiasme et rapidité. Il a aussi la précieuse qualité de s'offrir à portée de main comme médicament de premiers soins d'une efficacité redoutable contre les piqûres de guêpes, de moustiques et d'abeilles, sans compter les irritations cutanées dues à l'ortie (Urtica) ou à l'herbe à puce, par exemple.

On voit bien ici la tige parée de
graines presque prêtes pour une
potentielle récolte.
J'en ai fait l'expérience personnelle cet été, quand j'ai eu le malheur de piétiner un nid de guêpes de terre, par inadvertance. D'abord, je me suis éloignée assez vite pour limiter les dégâts à une seule piqûre sur un doigt. Ensuite, je me suis vite mise à la recherche de plantain. Comme notre gazon n'a rien à voir avec les pelouses de golf à part la couleur, je n'ai pas eu de mal à localiser un plant et à en prélever deux feuilles m'apparaissant propres. Je les ai essuyées de la main et de la manche, je les ai pliées en trois ou quatre et je les ai enfournées dans ma bouche, pour les mâcher grossièrement.

Puis j'ai réarrangé les feuilles mâchées pour en faire un cataplasme que j'ai rapidement appliqué sur la région de la piqûre. La douleur a diminué instantanément, à mon grand soulagement. J'ai gardé les feuilles en place pendant une trentaine de minutes, humblement reconnaissante de mon confort si vite retrouvé. Par la suite, la douleur qui m'est restée était vraiment bénigne, comme un simple rappel de ne pas retourner tout de suite dans le coin de jardin où ma mésaventure s'était produite.

Les guêpes quant à elles, tout comme les abeilles, ont un rôle important à jouer comme insectes pollinisateurs. De plus, les guêpes sont prédatrices de plusieurs espèces d'insectes considérées nuisibles par les jardiniers. Certaines espèces sont chasseuses, d'autres sont parasites en pondant leurs oeufs dans le corps d'autres insectes (si ceci vous intéresse, voir cet article). Mais quand on vient de subir leur piqûre,c'est leur côté nuisible qui se présente à nous et c'est précisément à ce moment que le plantain vient à notre rescousse. 
Hélène : Le plantain est peut-être considéré comme une mauvaise herbe
car peu importe s'il s'agit d'un environnement de campagne ou urbain,
il pousse partout. Dans les rues de Montréal, s'il y a une fissure, ce sera
probablement la première plante à s'y installer. Voyez ici comme elle
s'entend bien avec le pissenlit, l'hémérocalle et la glissoire de fiston.
Je suis parfois ambivalente quand il s'agit d'opter pour la destruction des nids de guêpes ou pour la cohabitation pacifique. Après tout, il y a toujours une part de risque à partager un territoire avec des bestioles si douées pour se défendre. Mais je dois dire que les pires mésaventures que moi et ma famille aient connues se résument à une, deux ou trois piqûres à la fois, même en ayant abandonné d'urgence la tondeuse à gazon, moteur en marche, directement au-dessus d'un nid.

Jusqu'à présent, je détruis le nid si : 
- il est situé sous terre dans un endroit passant;
- il est accroché à la structure d'un bâtiment ou d'une structure quelconque et que les occupantes seront dérangées par les vibrations occasionnées par des chocs (comme une porte qu'on ouvre et qu'on ferme ou des coups de marteau) ou par le passage rapproché d'humains ou d'animaux;
- le site est fréquenté par des enfants ou des visiteurs à proximité; 

Je laisse les guêpes en paix si leur nid est dans un endroit retiré ou non passant.

Quant au plantain, son utilité ne s'arrête pas là. 
- On peut en manger les jeunes feuilles au printemps, crues pour agrémenter une salade, ou cuites à la manière des épinards.
- On peut faire sécher les feuilles, les entreposer au sec, puis les humecter pour en faire des cataplasmes pour soigner les maladies de peau, les éraflures et les coupures. Les racines s'utilisent aussi dans le même but.
- On peut infuser les feuilles une demi-heure dans l'eau bouillante pour en faire une tisane vitaminée.
- On peut récolter les graines et les moudre pour les ajouter à la farine de crêpe ou de pain, ou encore on peut donner ces graines aux oiseaux de volière ou de basse-cour, ils en raffolent. Les graines ont un certain effet laxatif.
-  Enfin, on peut tout simplement tolérer cette plante dans notre pelouse, car elle accumule le potassium, le calcium et le soufre, dont elle enrichit le sol lorsqu'elle meurt. 

Hélène : Les guêpes ont tendance à être plus agressives que les abeilles. Une des raisons c'est que les abeilles, lorsqu'elles piquent, doivent arracher leur dard, ce qui déchire leur abdomen et qui provoque leur mort. Une guêpe, quant à elle, peut piquer autant qu'elle le veut. Alors à moins que l'abeille ne sente vraiment son nid menacé, elle ne piquera pas, car il s'agit vraiment d'un acte de dernier recours, c'est pour cela que je laisse bien vivre les abeilles qui sont aux abords de mon jardin. Dans les 5 années de cohabitation, et bien que je me sois appuyée de nombreuses fois directement sur leur nid dans le bois, je n'ai jamais reçu une seule piqûre. J'en parle dans cet article.

Ce superbe nid, fait d'une pâte de bois mâché, est la demeure de guêpes à taches blanches (Dolichovespula Maculata - White-faced hornet en anglais). Leur tête présente les taches et leur abdomen est rayé de noir et blanc. Il a grossi tout l'été, en abord de notre jardin. À l'hiver, seules survivront la reine et les jeunes femelles fécondées. Au printemps, le nid sera abandonné et chaque survivante partira en quête d'un site pour bâtir un nouveau nid, même la reine-mère. 

vendredi 2 août 2013

Quoi songer sur la sauge?


La sauge dorée a une couleur vibrante et un motif délicat mais élaboré.
Hélène:
J'adore la sauge. Son odeur est divine; elle a, d'un cultivar à l'autre, une palette de couleur qui m'enchante et la texture de ses feuilles est si particulière qu'il m'arrive d'en frotter une entre mes doigts, juste pour le plaisir, lorsque je me promène dans le jardin.

Une superbe surprise au printemps,
la sauge renaît de ses vieilles feuilles,
en même temps que les tulipes.
L'automne venu par contre, je suis généralement triste. Je réalise que je n'ai pas utilisé la sauge une seule fois de l'été et que je vais perdre un plant encore tout garni. Vous croyez qu'une rose est éphémère?  Pour moi, la sauge l'est d'autant plus qu'il me semble que je n'ai pas profité de tout ce qu'elle avait à m'offrir.

Mais voici que l'automne dernier, j'ai lu que les sauges survivaient jusqu'en zone 5. Quoi? C'est des vivaces? Eh bien si! Même si les variétés pourpres et dorées sont réputées plus fragiles aux gels, contrairement entre autres à la variété plus standard à feuilles vertes (Salvia Officinalis), voilà là un aspect dont je n'étais pas du tout au courant. À la pépinière, les sauges se vendent avec d'autres herbes annuelles, alors j'ai naïvement cru que c'en était une aussi. Si vous êtes dans la région de Montréal, vous avez donc vous aussi des chances de profiter de votre sauge pendant plusieurs années, plutôt que d'en racheter à tous les printemps. Pour ma part, un épais tapis de feuilles mortes a suffi comme protection hivernale!

En bonus, j'ai fait aussi une superbe découverte l'automne dernier en séchant des feuilles de sauges pourpre (ma variété préférée). Je les sèche entières (l'arôme se dégrade moins vite que si je la coupais, selon mon expérience et selon mon "googlefoo") et une fois séchées, elles sont d'une telle facilité à réduire en poudre! Mon mortier et mon pilon suffisent à les réduire ainsi et à aromatiser la cuisine du même coup. J'adore utiliser cette herbe sur un poulet entier ou dans un potage! Mais c'est aussi un classique avec le veau, par exemple dans le plat italien saltimbocca.

Ma sauge pourpre est superbe en agencement avec des annuelles : Ici, deux plants d'Héliotrope (difficiles à voir puisqu'ils ne sont pas encore en fleurs), des cosmos et des tagètes blanches. La sauge peut donc apporter un élément décoratif intéressant à n'importe quel arrangement en pot.

Voici un article intéressant et assez complet sur les usages médicinaux et culinaires de la sauge. Vous y trouverez aussi quelques recettes intéressantes.

Médicinalement, la sauge est une des plus vieilles plantes reconnues remontant aux grecs et même aux égyptiens, passant de gargarisme pour maux de gorge et aphtes à remède contre les infections à champignons (comme le pied d'athlète). L'éventail de malaises que la sauge soulagerait est apparemment énorme (un article ici en énumère une quantité incroyable). Elle a aussi été utilisée par les premières nations comme plante chassant les mauvais esprits lorsqu'elle est brûlée.

Quoi que ce n'est pas médicinalement que j'utilise la sauge personnellement, je la trouve d'une beauté sans pareille pour réjouir le coeur d'une jardinière!

Louise :
La floraison de la sauge est appréciée des abeilles et autres insectes pollinisateurs. Mais les humains aussi peuvent en bénéficier, car les fleurs peuvent agrémenter nos salades. 

On l'appelle aussi herbe sacrée et thé d'Europe. En effet, on peut extraire des feuilles une tisane comportant plusieurs vertus curatives. Il existe un dicton provençal déclarant : "Qui a de la sauge dans un jardin n'a pas besoin d'un médecin."
En Août, la sauge dans les jardinières est rendue immense et superbe. Dans le petit pot, il s'agit des fleurs jaunes de ma molène, destinées à la fabrication de l'huile de molène contre les maux d'oreilles.

jeudi 4 juillet 2013

Mon agro-fenêtre ou comment remplacer vos rideaux par des légumes

cherry tomatoes
Trois tomates-cerises mûrissent
doucement sous le soleil New-Yorkais.

Photo gracieuseté de Britta Ryley.

Louise : 
C'est le printemps, vous rêvez de grappes de tomates, de belles feuilles de basilic et de fleurs de capucines, mais vous habitez en pleine ville. Pas un centimètre carré pour assouvir votre passion, même pas un balcon ! L'été passe, l'automne se pointe, la magie des récoltes aura été pour les autres.

Qu'à cela ne tienne ! Vous pouvez toujours cultiver des légumes à l'intérieur de votre chez-soi, bien au chaud. J'avais commencé à vous parler de mon expérience en février 2012. J'ai expliqué qu'en plein hiver, je cultivais des tomates-cerises en terreau, mais aussi, je racontais comment j'avais décidé de m'installer une agro-fenêtre. Eh bien, vous pouvez en faire tout autant !

Une agro-quoi ?
Une agro-fenêtre, ou en anglais, Windowfarm (TM). 

C'est un système hydroponique assez simple qui est installé verticalement pour tirer parti de la surface d'une fenêtre et pour faire pousser certains légumes, fruits ou fines herbes à la place des traditionnelles plantes ornementales non comestibles (quoiqu'il est tout aussi possible de faire pousser ce type de plantes dans un tel système).

Ce système vertical a été conçu à New-York, par Britta Ryley et Rebecca Bray, qui ont aussi offert gratuitement leur idée au monde via Internet. Quelques années plus tard, Windowfarms a commercialisé un kit pour les gens qui n'aiment pas bricoler. 

Mise à jour de janvier 2017 :

En Décembre 2016, toutes les activités de l'entité commerciale Windowfarm ont cessé. J'aurai publié un court article en février 2017 sur ce blogue pour en aviser nos lecteurs et j'ai aussi ajouté cette information ici:
Leurs adresses windowfarms.com, windowfarms.org, et  mywindowfarm.org ont été désactivées. Vous pouvez toutefois encore consulter sur Internet les sources d'information suivantes : 

Un article en anglais sur Wikipedia explique l'évolution de l'organisation. 
Un court article en anglais sur WikiHow explique comment construire le système en 10 étapes. Ni l'un, ni l'autre n'ont été traduits en Espagnol ou en Français. 
Sur YouTube, la chaîne officielle de Windowfarms est encore accessible et la dernière vidéo date de novembre 2013. Celle-ci présente un système très impressionnant installé au Musée d'histoire naturelle de New-York.
Leur page FaceBook existe encore, mais la dernière publication date de mars 2016. 
Un site a été ouvert par des Canadiens qui avaient accepté de participer au financement de l'entreprise commerciale de Windowfarms et qui déclarent avoir été escroqués.
Il existe encore plusieurs vidéos en anglais sur Youtube, incluant un guide de construction en deux épisodes, un autre guide méthodiquement conçu et une vidéo présentant une belle amélioration technique pour pousser l'eau vers le haut du système, le joint en T.


Un forum anglais semble a vu le jour tout récemment, avec de nouveaux membres, très peu nombreux pour le moment. Donc, les informations y sont très limitées. 

Continuons avec la suite de cet article :

Je vous présente ici la suite du texte tel que paru en 2013. Bonne lecture !

Ci-dessus, Britta Ryley devant une "agro-fenêtre". Elle m'avait gentiment donné la permission de publier quelques photos dans cet article. 
Système conçu par l'équipe de Windowfarms.org : bouteilles de plastique recyclées, une tige de soutien rigide ou quelques câbles, de la tubulure en silicone, quelques pièces de quincaillerie et une petite pompe à air  du type qu'on utilise pour aérer l'eau des aquariums.  Des boules d'argile pour remplacer la terre, quelques graines de vos légumes ou herbes préférés, de l'eau et de l'engrais liquide pour système hydroponique pour nourrir vos plantes et vous voilà en affaire.
          
Une communauté qui s'étend au monde entierréunie autour  d'une idée et du rêve de vivre en meilleure santé sur une planète moins polluée.
Le but du groupe était de créer une place pour partager leurs expériences avec d'autres jardiniers d'intérieur comme vous et moi, pour poser des questions ou y répondre, pour trouver et partager plus d'idées. Ce site s'avère un endroit très stimulant pour partager.

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Vous noterez que ce système
hydroponique est  quand 
même fort esthétique.
Une autre photo provenant 
de Windowfarms.org
Sur sa page d'accueil, Windowfarms se définit comme une entreprise sociale qui s'appuie sur une communauté bénévole de recherche et développement (c'est-à-dire sur toute personne qui veut bien expérimenter ce type de culture, essayer de l'améliorer et partager son expérience avec les autres membres de cette communauté).

Cette organisation communautaire est géniale, puisqu'elle permet la diffusion entièrement gratuite d'une expertise en développement, comme en témoignent les photos suivantes, qui présentent des versions personnalisées du système d'origine (notez la bouteille de vin qui remplace la bouteille de plastique, sur la 3e photo les shakers à boisson en métal sur la 4e et les gourdes évidées sur la 5e). 






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Photo by Piers Fawkes - PSFK.com      Photo by Piers Fawkes - PSFK.com


Related image
Ce système est produit par Windowfarm. Il est en vente aux États-Unis.

Dans une agro-fenêtre, on peut cultiver la plupart des fines herbes (la ciboulette ne fonctionne pas, car c'est une plante à bulbe), beaucoup de légumes à feuilles (comme les laitues et les choux frisés) ou à fruits (comme les poivrons et les tomates). 

Les légumes-racines (comme les carottes) ne peuvent pas y pousser non plus. Du côté fruits, j'ai obtenu des cerises de terre et  certains jardiniers particulièrement talentueux ou chanceux on obtenu des fraises (ces dernières sont réputées difficiles à réussir). Je ne les ai pas encore essayées. Les plantes volumineuses sont à déconseiller, d'abord parce que les pots sont trop petits pour permettre le développement suffisant des racines, ensuite parce que la plante elle-même prendrait toute la place disponible dans la fenêtre.

Les avantages d'une agro-fenêtre sont multiples : 
- elle utilise la surface vitrée de façon optimale;
- elle permet aux plantes de se développer avec un système racinaire beaucoup moins gros qu'en pot;
- elle donne souvent des plantes en meilleure santé qu'en pot ;
- elle est plus légère que le serait son équivalent en pots remplis de terreau;
- elle ne prend pratiquement pas d'espace au sol, puisqu'elle exploite une surface verticale;
- la végétation y devient assez dense pour servir de rideau;
- on n'a pas à se salir avec le terreau.


Mon tout premier "potager vertical"

J'ai baptisé cette installation " Le voilier ".
Elle est digne de la série Les Arpents Verts !
Elle comporte quelques modifications par
rapport au modèle de base, les deux principales
étant qu'il n'y a aucune pompe électrique
pour faire circuler l'eau et que j'ai installé 
des baguettes horizontales et des cordes
pour permettre aux plantes d'y grimper. 
 La découverte de Windowfarms m'a enthousiasmée au point de vouloir tout de suite me lancer dans l'aventure. 

Dans cette première "agro-fenêtre" bâtie-un-brin-sur-rien-juste-pour-voir, j'ai installé 2 plants de tomates cerises, 2 haricots grimpants (une idée créative risquée, vu les dimensions de ces plantes à maturité),  et 2 plants de capucines. Tous ont produit, en quelques mois ! 

Surface au sol occupée par cette installation : 3 pieds carrés pour la petite étagère installée juste sous la fenêtre et qui supporte le réservoir du bas.

C'est quand même préférable de choisir des variétés naines de légumes ou de les tailler régulièrement car la plante ne peut pas développer assez de racines pour alimenter un très grand volume de tiges et de feuilles et finit par en souffrir. 












Le réservoir d'eau est
placé sur le dessus
d'une haute étagère.
Le tuyau goutte-à-goutte
descend jusqu'à la
bouteille la plus haute.
Durant les premières
étapes de la construction
de mon système, une
bassine placée sous la
troisième bouteille
récoltait l'eau
ruisselant à travers le tout.
Pour remplacer la pompe à air qui est sensée pousser l'eau jusqu'au haut du système, j'ai placé un réservoir d'eau sur le dessus d'une haute étagère. Ce réservoir alimente un tuyau muni d'une valve d'écoulement et permet à l'eau de tomber goutte à goutte à travers le système jusqu'à un autre réservoir caché dans une étagère située juste au-dessous de la fenêtre.




  
La même agro-fenêtre, 
un mois plus tard. 
Fin août, la végétation 
couvrait toute la fenêtre. 








Un de mes premiers haricots !

Un joli jardin suspendu :

18 pots suspendus, plus 4 simplement déposés sur l'étagère du bas
me permettent d'installer 1 à 3 plantes par pot, pour un total de
22 à 66 plantes (encore plus, si l'installation entière était réservée
au cresson de fontaine, à 6 plants par pot. On voit ici que j'ai aussi 
déposé 3 pots oranges contenant du terreau dans lesquels j'ai 
planté de l'ail.


Après l'expérience du voilier, j'en ai voulu plus, alors j'ai décidé d'utiliser une autre fenêtre, en plein Sud, cette fois-ci. Mais comme elle donne sur la rue, je voulais que mon potager vertical soit très beau. 
En plus, je voulais éliminer le plastique, pour des raisons de santé (quoique dans tout ce que j'ai lu, personne n'a cité d'étude qui prouve que faire pousser des plantes comestibles dans du plastique soit nocif - en l'absence de données vérifiables, les avis que j'ai trouvés reste partagés). 

Les plantes sont alimentées une goutte à la fois.
Pour arriver à mon design final, j'ai dû me creuser la tête. Mes deux problèmes principaux étaient qu'il s'avérait difficile de brancher une pompe électrique dans cet emplacement, et qu'il me fallait trouver un remplacement esthétique, durable et adéquat aux bouteilles de boisson gazeuse utilisées dans le modèle suggéré par Windowfarms. J'ai fini par tomber sur ces pots de porcelaine recouverts d'une glaçure étanche, munis d'un trou d'égouttement dans le fond. Ce système m'a coûté beaucoup plus cher, mais c'est un cadeau que je me suis offert et je ne le regrette pas du tout. 


Je ne vous raconte pas toutes mes aventures avec ces deux systèmes, car il y en a eu et parfois, des décourageantes, comme la fois où un sérieux problème de pH a tué le deux-tiers de mes plantes et arrêté la croissance des autres pour plus d'un mois. Mais sur le site de Windowfarms, on mentionne qu'il faut compter trois cycles de culture, des semences jusqu'à la récolte, pour devenir à l'aise avec ce type de culture hydroponique. J'ai donc persévéré et je m'en félicite. 

Avec le temps, par contre, je trouve que mon système d'irrigation comporte des défauts irritants : la valve d'écoulement doit être réajustée très régulièrement, parfois quotidiennement, sous peine de voir le goutte-à-goutte s'assécher, ce qui est très mauvais pour les plantes. Elles peuvent tenir le coup assez longtemps en hiver, grâce à la laine de roche que j'ai mise dans les pots et qui agit comme une éponge, mais en pleine canicule au mois de juillet, c'est une autre histoire. Je veux donc essayer un autre type de valve.

Par ailleurs, comme les membres de Windowfarms ont réussi à simplifier le système de pompe électrique, par paresse et par curiosité, j'aimerais bien en installer un sur mon agro-fenêtre. 

Voici la liste de ce que j'ai récolté de mars à fin septembre 2011 en utilisant deux fenêtres et 2 fois 3 pieds carrés de surface au sol pour installer un meuble bas juste sous chaque fenêtre (elles me servent à déposer d'autres pots, à ranger mon matériel, et à déposer le réservoir qui recueille l'eau qui arrive en bas à la fin de chaque cycle de circulation).

Les chiffres :
Ail en pots: 22 tiges + 6 gousses récupérées en bien meilleur état que quand je les ai mises en terre.
Une salade pour deux en avril 2012 : 
laitue, basilic, haricots, pois verts,
cresson, feuilles et tiges de capucine.
Dans le bol vert, la seule verdure qui provient de
l'extérieur : de jeunes pousses d'hémérocalles
fraîchement sorties de terre.

Et dans mes deux fenêtres hydroponiques (voilier et pots de terre cuite) :
Basilic : 120 feuilles
Bette à carde  : 24 feuilles
Capucines : 57 fleurs, 82 feuilles
Cerises de terre : 54
Concombre : 1
Cresson (tiges de 6 po minimum avec leurs feuilles ) : 70 tiges
Haricots à rame : 29 cosses
Haricots nains jaunes : 168 cosses
Laitue Komatsuna : 94 feuilles
Laitue en feuilles : 97 feuilles
Menthe : 40 feuilles et +            
Petits pois : 53 cosses                    
Persil : 7 tiges                                
Tomates-cerises : 32      
               
Par périodes, c'était assez pour obtenir une ou deux salades par semaine. Et tout cela sans source de chaleur supplémentaire ni lumière artificielle.


Tomate-cerise Red Robin, une variété réputée pour la très petite taille du plant et pour sa capacité à produire des fruits avec moins de lumière naturelle (j'ai acheté les graines chez Semences Solana). 
Selon moi, cette réputation est tout à fait méritée. Appétissant, n'est-ce pas ? Note de 2017 : Semences Solana ne vend plus cette variété depuis déjà quelques années et mes plants ont fini par développer une maladie qui fait que les feuilles se dessèchent lentement une par une, mais que le plant produit quand même des fruits. Je dois faire un 2e essai, mais je crois que la maladie est transmissible par les graines (qui proviennent de plants infectés). Si cet essai confirme que les graines sont effectivement atteintes, je vais essayer d'autres variétés naines en remplacement.


Mon agro-fenêtre, fin décembre 2011. On y voit mon plant de 
tomates-cerises (en bas),du komatsuna  (verdure japonaise 
apparentée aux laitues - ce sont les grosses feuilles au milieu 
de la photo), et du cresson de fontaine (les petites feuilles en 
haut). Les autres pots étaient temporairement vides. 
 Cet hiver 2013, je n'ai pas démarré une quatrième récolte hydroponique, car d'autres projets ont retenu mon attention.

Mais voici quand même où j'en étais au mois de février 2012.

J'avais toujours mon plant de tomates et mon cresson. J'ai arraché mes plants de Komatsuna, car ils avaient monté en graines après un an de loyaux services (on cueille les feuilles de l'extérieur et le plant s'allonge, produisant continuellement de nouvelles feuilles au centre). J'ai semé des petits pois, des haricots jaunes nains et un nouveau plant de capucines.

Le nombre de plantes qu'on peut installer dans une seule fenêtre dépend surtout de la grosseur des plants à maturité et de la surface de fenêtre qu'ils vont s'approprier.
Ainsi, deux plants de laitue dans le même pot n'auront pas de mal à cohabiter et un troisième pourrait y trouver de la place, mais seulement deux réussiront à obtenir assez de soleil. Par contre, j'ai installé cinq ou six boutures de cresson par pot sans que cela pose problème. Mais pour empêcher mon plant de tomates "Red Robin" de trop s'étendre, je l'ai taillé et j'ai dû lui réserver tout le bas de la fenêtre. J'ai gardé les boutures, ce qui n'est pas plus mal, d'ailleurs, car en plus d'avoir produit près de 50 tomates jusque-là, il m'a aussi donné sept nouveaux plants que j'ai installés de façon traditionnelle en terreau, sous lumière artificielle. Ils se sont vite mis à produire de belles grappes de fruits à leur tour.
Mon plant de tomate nain prend ses aises ! Il prend racine dans le pot carré en bas à gauche et s'étend sur toute la largeur de la fenêtre.


J'ai planté ces graines de haricots nains directement dans les pots
de mon agro-fenêtre. Voici les premiers jeunes plants qui
émergent un peu plus d'une semaine après les semis.


 Dans les  pots vides, j'ai replanté 16 plants de haricots, 12 de petits pois et 1 plant de capucine. 

À l'été 2012, j'ai démonté mon tout premier système, le "Voilier", que je vous ai présenté en premier dans cet article. Dès je trouverai le temps de m'y mettre, je veux le remplacer par une autre agro-fenêtre faite, elle aussi, de pots de céramique. La fenêtre Sud accueillera les plantes qui produisent des fruits ou des cosses, tandis que l'autre, à l'Ouest, abritera les légumes à feuilles, puisqu'ils ont besoin de moins de soleil.


Note de 2017 : Les références que je donnais pour plus renseignements ne sont plus disponibles. Je les ai donc effacées. Mais ma conclusion reste la même :

Si vous vous décidez à vous lancer dans l'aventure, je vous souhaite autant de plaisir que j'en ai eu !