mercredi 28 mars 2012

Pas besoin d'avoir une cabane à sucre pour produire son propre sirop d'érable !

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Notre sirop est de fort belle qualité.
Louise :

 Voilà ! La nouvelle n'est déjà plus fraîche : la saison des sucres est déjà terminée. Elle a commencé plus tôt que d'habitude et aura été plutôt courte. Ce qui fait que j'ai déjà hâte à l'an prochain.

Pour la saison 2012, nous n'aurons pas produit autant de sirop que prévu : nous avons trop tardé pour entailler.
Dommage, l'eau d'érable  était vraiment de bonne qualité. Malgré tout, ce que nous avons récolté (soit 2,5 litres) vaut largement la peine, autant pour le plaisir que pour le précieux produit lui-même.

Je pensais pouvoir publier cet article bien avant la fin du temps des sucres. Et à l'évidence, je n'y suis pas parvenue. Mais ce n'est pas plus mal, car mon propos est de partager mon expérience personnelle avec des jardiniers qui voudraient se laisser tenter par cette récolte si québécoise, la toute première de l'année. 
Si vous voulez vous lancer dans l'aventure, d'ailleurs, il n'est pas bête d'y penser un an d'avance pour vous préparer. Premièrement, vous voudrez peut-être savoir quelle sorte d'érables vous avez sur votre propriété. Quelques recherches sur internet pourront vous aider. Voici un lien bien utile sur l'identification des arbres au Québec. Ou il existe aussi cette app, si vous êtes enclin vers la technologie. 

Notez bien qu'on peut entailler avec succès les érables à sucre (Acer Saccharum), bien sûr, mais aussi les érables noirs, rouges et argentés, et même les érables à Giguère. La concentration en sucre variera d'une espèce à l'autre. 

Les bouleaux s'entaillent aussi, mais leur sucre est beaucoup moins concentré, alors il faudra 100 litres d'eau de bouleau pour 1 litre de sirop et celui-ci goûtera plutôt... la mélasse ! D'ailleurs, la technique de production de ce sirop n'est pas exactement la même que pour le sirop d'érable et la saison pour entailler non plus.  J'ai appris récemment qu'on peut aussi entailler les peupliers et les noyers. Je suppose que chacune de ces espèces donne un sirop à la saveur distinctive.

Donc, vous avez quelques érables sur votre terrain ? Alors, la production de sirop est à votre portée. Vous n'avez pas cette chance ? Et si le voisin au bout de la rue en avait, lui ? Ou votre cousin ? Ou votre grand-mère ? Vous pourriez leur offrir vos services comme acériculteur bénévole et partager la récolte avec le ou les chanceux propriétaires ! 

Voici donc ma méthode personnelle pour récolter l'eau d'érable. Si toutefois, vous voulez y aller de façon plus sophistiquée, allez consulter les liens au bas de cet article.

Combien faut-il d'érables ?
Vraiment pas tant que cela. En nous aidant des informations trouvées sur internet, faisons un petit calcul : Dès qu'un érable atteint 25 cm de diamètre (10 pouces), on peut sans danger lui faire une entaille. à mesure qu'il grossit, on peut lui faire plus d'entailles, jusqu'à 4. Ainsi, un érable qui a 62cm de diamètre et plus (25 pouces et plus) pourra recevoir 4 entailles. Si vous avez assez d'érables sur votre terrain pour totaliser 6 entailles, vous pourrez probablement obtenir 1 gallon de sirop. De quoi couvrir les besoins de votre famille pour une année. Bon, ça dépend toujours de votre gourmandise... Je connais un couple qui consomme 4 gallons par année.
Par exemple, chez moi, nous avons 1 érable à sucre centenaire qui est encore productif (3 entailles) et trois autres assez gros pour les entailler (3 entailles de plus). En tout, 6 entailles nous permettent  généralement de récolter au moins 40 gallons d'eau d'érable, qui seront bouillis pour donner 1 gallon de beau sirop doré. 

Ne vous en faites pas, 40 gallons, ce n'est pas si effrayant que c'en a l'air, surtout que ce n'est pas tout d'un coup qu'on les reçoit. Nous travaillons tous les deux à temps plein, mon conjoint et moi, et avec un peu d'organisation, nous arrivons très bien à gérer cette quantité de liquide durant les quelques semaines que dure la saison des sucres.

Un matériel de base assez simple pour faire la récolte :
Pour recueillir la précieuse eau d'érable, il vous faudra quelques chalumeaux (les petits "becs" qu'on enfonce dans l'arbre) et autant de seaux de fer blanc, munis de leur couvercle. Nous avons acheté les nôtres du propriétaire d'une érablière il y a plusieurs années. Mais certaines quincailleries et des magasins de produits agricoles en vendent aussi.
Vous aurez aussi besoin d'un marteau et d'un vilebrequin (ou d'une perceuse électrique et d'une extension électrique pour l'extérieur, ou mieux, d'une perceuse à piles). La mèche doit faire des trous qui correspondent au diamètre de vos chalumeaux. Nous avons remarqué que ce sont les entailles qui reçoivent du soleil qui donnent le plus de sève. Donc, n'entaillez pas la face nord de vos arbres, car vous risquez de ne récolter presque rien de ce côté.

Les couvercles servent à protéger le contenu des seaux de l'eau de pluie et des saletés qui peuvent y tomber, mais malgré tout, vous y retrouverez de la poussière, de petits débris d'écorce, de mousse et de lichen, et même des insectes morts noyés dans votre précieux liquide. Pas de panique ! Il vous suffira de filtrer votre eau avant de la faire bouillir et le tour sera joué. Pour cela, vous aurez besoin d'un tamis ou d'une passoire que vous tapisserez d'un linge propre. 
Mon système de filtration est tout simple :
un tamis métallique déposé dans un bol...
... puis recouvert d'un linge propre plié en deux ou en quatre.
Je verse l'eau d'érable, et le tour est joué.
S'il y a beaucoup de saletés dans l'eau,

il m'arrive de reprendre le processus une deuxième fois. Certains voudront aussi filtrer le sirop. Je ne me donne pas la peine de le faire. Mon sirop reste beau et clair,
mais parfois, il se forme une lie au fond du pot, ce qui n'affecte en rien le goût du sirop.
Les jours où les érables coulent beaucoup, il vous sera très utile d'avoir un contenant de réserve pour entreposer l'eau d'érable en attendant que vous puissiez la faire bouillir. En effet, j'ai remarqué qu'elle peut se conserver 24 heures au frais avant que le goût ne s'altère et qu'elle se brouille. Dehors, à l'ombre, c'est parfait, du moment que la journée est fraîcheUne bouteille d'eau géante (du type qu'on renverse la tête en bas pour alimenter une distributrice) fera parfaitement l'affaire (munissez-vous d'un large entonnoir pour ne pas tout renverser à côté du goulot). Mais un seau très propre ou un autre contenant de 5 ou 10 gallons pourront jouer le même rôle. Si vous préférez, vous pouvez aussi simplement boire vos surplus d'eau d'érable, un délice en soit (mais attention, boire une grande quantité d'eau d'érable peut donner la diarrhée à certaines personnes - le réduit peut avoir cet effet aussi; moi, ça ne m'affecte pas du tout).

Enfin, il vous faudra une grosse marmite et une source de chaleur pour faire bouillir votre eau. Une écumoire ou une grosse cuillère de métal vous seront aussi utiles pour ramasser l'écume blanche qui se forme à la surface durant l'ébullition.
Vous aurez besoin d'une grosse marmite.

Si vous faites votre sirop à l'intérieur, et que vous possédez un poêle à bois, vous pourrez simplement déposer la marmite dessus et laisser l'eau s'évaporer lentement. 

C'est la méthode de Lee Reich, un agronome américain dont le site est très intéressant. Sinon, vous aurez à dépenser de l'électricité ou du gaz pour faire bouillir toute cette eau sur le dessus de votre cuisinière. Mais vous récupérerez une bonne partie de la chaleur pour réchauffer la maison, surtout si, ayant un intérieur où l'air est trop sec, comme chez moi, vous ne faites pas fonctionner la hotte pendant une partie ou toute l'opération afin de conserver la vapeur à l'intérieur, en tout ou en partie.


On entend souvent les gens s'objecter quand on leur dit
qu'on fait bouillir à l'intérieur : "Vous allez vous retrouver
avec des murs collants !" Eh bien, pas du tout ! 
Par contre, la cuisine va certainement s'embuer : 
l'occasion rêvée pour laver en un tour de main la face
intérieure des fenêtres, la hotte, les murs et le plafond !

Mais les jours où la production est élevée, vous augmenterez beaucoup le taux d'humidité de votre maison, même en faisant fonctionner la hotte. 

Je vous rassure tout de suite : vous ne vous retrouverez pas avec les murs de votre cuisine tout collés (si c'est le cas, c'est qu'ils étaient déjà sales et plus ou moins graisseux avant que vous commenciez à faire bouillir, ou encore, selon Lee Reich, parce que l'eau bout si violemment qu'elle envoie dans l'air des goutellettes dans tous les sens en plus de produire de la vapeur). Cette vapeur qui se déposera sur les surfaces de votre cuisine sera toute propre, comme celle de la salle de bain après une longue douche chaude. Puisque l'eau s'évapore ainsi, le sucre, lui, reste dans la marmite et c'est ce qui donne le sirop concentré.

Personnellement, je profite de toute cette humidité qui se dépose sur les surfaces pour laver ma cuisine. Dans le reste de la maison, par contre, l'humidité ne s'accumule pas en quantité suffisante pour me permettre de faire la même chose.

Cette année, je voulais faire bouillir à l'extérieur. Pour cela, je voulais me fabriquer un "poêle fusée" (rocket stove) portatif, mais je n'ai pas eu l'occasion de mettre mon idée à exécution, finalement. Ce sera donc pour l'an prochain... Il existe des plans et vidéos sur YouTube qui montrent comment en construire un portatif avec 16 briques ou quelques boîtes de fer-blanc, par exemple. C'est un système extrêmement performant et très peu polluant qui produit une chaleur intense sans fumée en utilisant une quantité minime de bois. 

Ma méthode d'ébullition : 
Honnêtement, elle pourrait être plus sophistiquée. Par exemple, je suis sûre que je pourrais utiliser un thermomètre. Mais comme j'ai commencé à "bouillir" à une époque où le budget était très serré, j'ai dû m'en passer et je me suis habituée ainsi. Mais si vous voulez procéder de façon plus scientifique, allez voir le document du gouvernement de l'Ontario (lien à la fin de l'article).
Cette marmite était pleine aux deux-tiers, de la récolte d'eau d'érable de la journée.
Je l'ai fait bouillir  à feu moyen durant environ 6 heures, 
j'ai écumé au besoin
et j'ai obtenu 500 mL (2 tasses) de sirop.

Cette vapeur nettoyante embaume toute la maison. On se croirait à la cabane !
Si je dois interrompre l'ébullition pendant plusieurs heures avant d'avoir obtenu du sirop,
je mets le réduit (c'est-à-dire l'eau d'érable pas suffisamment évaporée)
au frais (au réfrigérateur, par exemple) et je reprends le processus plus tard.
Il m'arrive même de faire d'abord bouillir la nouvelle eau récoltée la journée suivante,
puis en fin d'ébullition, d'ajouter mon réduit de la veille. Mais on peut toujours ajouter de la nouvelle eau
 d'érable en plein milieu d'ébullition sans aucun problème.

Pour déterminer le moment où l'eau est devenue du sirop, ma méthode n'a rien de scientifique : je compare le goût en sucre avec du sirop de l'année précédente, s'il m'en reste, ou avec du sirop du commerce. La texture de mon sirop est aussi un indice, mais n'oubliez pas qu'un sirop bouillant vous semblera beaucoup plus liquide que lorsqu'il sort du réfrigérateur !

Attention : il est toujours possible de faire bouillir à nouveau un sirop trop clair, mais si vous y allez trop fort, vous vous retrouverez avec de la tire que vous pourriez utiliser sur la neige... si vous avez eu la prévoyance de mettre un contenant de neige propre et bien tassée au congélateur, bien sûr !


Pour en apprendre plus sur le sirop d'érable, ses qualités nutritives et sa production, et pour avoir accès à des recettes, voir le site de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec.

Pour une méthode détaillée sur l'entaillage, les ustensiles, la cuisson et la préservation du sirop, voir le document du gouvernement de l'Ontario sur la production domestique du sirop d'érable.

Et souhaitons-nous du plaisir à nous sucrer le bec !

Cueillette sous la neige


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Pousses d'iris sous la neige, Freya est déçue elle aussi du manteau blanc qui recouvre le terrain,
mais sa jeunesse enjouée ne l'empêche pas d'aller explorer le monde extérieur.
Hélène :

Aujourd'hui dans la cour, la tranquillité n'est brisée que par le bruit de la neige qui fond. Le bruit rappelle presque la pluie, sans toutefois en montrer le moindre signe. C'est que, la semaine dernière nous avions des températures dans les 20 degrés celcius et cette semaine ça tourne bien plus autour des zéros. Et voilà - Oh horreur! - une neige est tombée la nuit dernière. On s'inquiète de nos tulipes et de nos arbres à fleurs - magnolia, lilas, personnellement mon amélanchier et mon pêcher. Mais cette neige fond rapidement, ce qui se constate facilement sur ces quelques photos : comme j'écris, la plus grande partie est déjà fondue.


Pousses d'hémérocalles en avant-plan,
les deux ciboulettes subsistent à l'hiver en arrière-plan.
 Et donc, le sol, qui a eu le temps de bien dégeler la semaine dernière, est encore travaillable. Et c'est en pensant à ceci que je me suis retrouvée dans mon jardin, dans cette beauté paisible, et que j'ai décidé de cueillir un légume que j'avais laissé l'automne dernier, justement en prévision d'en faire récolte au printemps.


Et voilà! Un coup de pelle seulement a ramené à la surface les topinambours tant attendus ! Helianthus Tuberosus, plante remarquable qui ressemble un peu aux tournesols, mais beaucoup plus grande, forme sous le sol un amoncellement de tubercules comestibles ressemblant un peu à la patate. Ce légume est riche en inuline et offre l'avantage de n'avoir aucun amidon (pour ceux qui ne peuvent pas en prendre, prenez note). Elle était cultivée par les tribus amérindiennes et a souvent été mentionnée comme remplacement de la patate. Voici la page wikipedia sur le sujet.


Les tubercules sont contre le cabanon, cette masse beige pleine de terre.
La beauté de cette entreprise c'est qu'il ne m'aura fallu qu'un coup de pelle et le
déracinage d'un seul plant (j'en ai deux) pour avoir un accompagnement
pour mon dîner et assez pour le souper de toute la famille ce soir.
Ce qui reste après m'être régalée sur l'heure du dîner.
Pesé à 542g, ça fera un légume délicieux ce soir!
Et rappelons-le! Un coup de pelle seulement! Il doit me rester au minimum
le double encore en terre.

Parlant de ce qui reste en terre, voici le noeud du problème. Il s'agit d'une plante très envahissante. Alors si vous en voulez vous aussi dans votre jardin, assurez-vous de la mettre dans un endroit où vous pourrez la contrôler.

Louise :

Les tubercules de topinambour sont comme les épis de maïs, dans ce sens qu'ils gagnent à être mangés frais, pour donner leur meilleure saveur.

Ils ressemblent aussi aux haricots de nos fèves au lard, dans ce sens qu'ils peuvent donner des flatulences. Pour les fèves, le truc, c'est de mettre un peu de bicarbonate de soude dans l'eau de trempage. Certaines personnes disent qu'on peut aussi utiliser le bicarbonate dans l'eau de cuisson des topinambours, mais je ne l'ai pas encore essayé. Le truc que j'utilise, c'est de les manger les plus frais possible. D'où l'intérêt de les cueillir soi-même au jardin lorsqu'on en a besoin : comment espérer produit plus frais ! 

On dit que les plants de topinambour sont comme la rhubarbe : une fois installés, ils reviendront toujours si vous laissez le moindre tubercule en terre (et c'est très facile d'en oublier). Moi, comme je n'ai pas trouvé d'endroit où je puisse les laisser là "pour toujours", j'ai opté pour les planter en pot. C'est une autre méthode qui fonctionne très bien, paraît-il, mais choisissez un pot de plastique auquel vous ne tenez pas, car j'ai vu des pots tout déformés par les nombreux tubercules qui s'étaient entassés à l'intérieur. 

J'ai donc enterré 4 petits tubercules à l'intérieur, dans un gros pot qui contenait une plante vivace achetée au centre de jardinage. Les plants pousseront dehors tout l'été et je ferai ma récolte en automne. 



Le topinambour dans toute sa gloire en automne.

Hélène :


J'aurais bien voulu, à prime abord, faire la récolte l'automne dernier, mais le printemps offre tellement peu de nourriture au début que je me suis dit que ça me ferait quelque chose à convoiter dans les sombres mois d'hiver. Et c'est ainsi que j'ai fait ma première récolte sous la neige.

dimanche 11 mars 2012

Oh oui, c'est le temps des semis!

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Cette année, la planification du jardin a été (littéralement) un jeu. Ici j'ai le plan du jardin dans un livre, des cartes des légumes désirés et des minis-cartes des fleurs qui seront utilisées en compagnonnage.
Hélène :

Avez-vous commencé à planifier votre jardin de cet été? Par ici, les plans, les commandes de graines et les semis sont bien entamés! Il va de soi que commander des graines versus acheter des plants coûte moins cher, mais le temps à dédier et l'expertise demandée pour réussir ce défi n'est pas négligeable, ce qui ajoute définitivement du fil à retordre pour plusieurs (moi la première). Et puis, je vous en avais parlé, j'ai déjà essayé de faire pousser des graines dans un gros pot avec du terreau d'empotage du magasin et ça n'avait pas marché. L'an passé je me suis finalement investie sérieusement avec un tapis de chauffage et un petit support lumineux (pas ce modèle exact, mais l'équivalent de l'an passé). Résultat de l'an passé : quelques difficultés, mais pour la première fois, j'ai goûté à des tomates vraiment différentes que je n'aurais pas pu me procurer autrement et à des piments hors de l'ordinaire.

Tablette de semis avec le tapis dessous. Remarquez
l'aluminium accroché pour refléter plus de lumière.
Remarquez aussi que c'est sur une bibliothèque qui est
quasiment inattaignable pour les chats.

Cette année, la partie est recommencée avec plus de variétés de tomates et de piments. Et force est d'admettre que, déjà, mon expérience de l'an passé paie. J'ai beaucoup plus de facilité, les pertes de plantes sont réduites et les plants sont beaucoup plus vigoureux! L'apprentissage se fait, quoi ! Mais il y a, au point où j'en suis, quelques points dont j'aurais voulu avoir été au courant lorsque j'ai tenté de faire des semis il y a de cela des années (cette liste s'allongera probablement aussi dans les années à venir puisque j'en apprends tout le temps).

1. Il est dur de donner trop de lumière. Et si vous y allez en plus pour l'éclairage naturel, rappelez-vous que le soleil du Nord n'est pas aussi fort que le soleil de la Californie. En gros, maximisez la lumière donnée aux petits plants, soyez ingénieux : utilisez des miroirs ou de l'aluminium pour réfléter au maximum la lumière apportée. La plupart des tablettes viennent avec des lumières dont la hauteur est ajustable. Lorsque les semis démarrent, n'ayez pas peur de mettre la lumière très, très proche d'eux, c'est-à-dire à quelques centimètres au-dessus. C'est même essentiel, pour ne pas vous retrouver avec des "grandes échalotes" toutes étiolées.

2. De la chaleur, ça fait toute la différence! De cette manière, les graines auront le temps de germer avant de se mettre à pourrir, alors un tapis chauffant sous la serre et même sous les pots de jeunes plants donne le coup de pouce qui peut vraiment faire une différence entre la vie et la mort.

Dans la petite serre de plastique, en bas à gauche,
de nouvelles graines sont prêtes
à germer. Les plants tout autour ont 3 semaines, 
sur cette photo.
3. Tant que vos graines n'ont pas germé, une serre comme celle de la photo de gauche ou un sac de plastique placé pour faire une bulle sur le pot conservera l'humidité optimale. Et n'allez pas acheter une serre trop grande : Prenez la taille requise pour faire germer le nombre de plants que vous désirez. L'an passé, j'ai acheté une serre à 50 places et je pensais que de n'en utiliser qu'une partie marcherait. Erreur! Tous les plants adjacents aux espaces vides n'ont jamais poussé, car ils étaient moins chauds et désséchaient plus rapidement que ceux entourés de tous côtés.


Petite plante prête au rempotage dans un mélange
de terreau, vermicompost et perlite.



4. Du terreau de rempotage ordinaire, ça fait le travail, c'est sûr, mais il y a quelques petits détails à mentionner. D'abord, il contient très peu de nutriments et puisque c'est un terreau stérile, il ne produit aucun nutriments non plus. Certaines personnes ajoutent une poignée de terre du jardin, ainsi elles introduisent des bactéries dans ce terreau, ce qui rend la terre plus riche en bout de ligne. D'autres ajoutent du compost, une très belle alternative... quand notre compost n'est pas caché sous 4 pieds de neige! Il y a aussi du vermicompost, ce que je vais utiliser cette année, mais qui doit être bien mélangé au terreau et non déposé en surface, faute de quoi il pourrait croûter (et ça devient par conséquent difficile, voire impossible à arroser efficacement). J'ajoute aussi de la perlite. C'est de la roche volcanique très fine ou en petites billes, blanche (dans le verre sur la photo) et qui sert à retenir l'eau, donc les plantes risquent moins de déssecher. Attention par contre, avec la perlite, il est conseillé de la mouiller légèrement avant de travailler avec, car elle fait de la poussière qui est irritante pour les poumons si on l'inhale.
Les racines disent clairement qu'il est plus que temps de rempoter, ici.
5. N'attendez pas trop longtemps pour faire la transplantation, surtout si vous fonctionnez avec des pastilles! Une toute petite plante qui est dans un pot trop gros pour elle, ce n'est pas optimal, mais une plante qui n'a plus d'espace, c'est carrément mortel.

J'espère que ces trucs vous inspireront à faire vos propres semis et à les réussir! Bien sûr, vous perdrez quelques plantes, mais ne vous découragez pas. Les plantes souhaitent vivre aussi, elles ont donc tendance à pardonner les erreurs de débutants.

En commandant vos graines, vous aurez des variétés de plantes hors de l'ordinaire,
 car la sélection disponible dépasse largement ce qu'un centre de jardin peut offrir comme variété.


Louise

Si vous n'avez pas de tapis chauffant, pensez mettre vos semis en hauteur (la chaleur ambiante augmente à mesure qu'on se rapproche du plafond). Un autre bon vieux truc, c'est de placer vos semis sur le dessus du frigo (au moins durant la nuit).

N'oubliez pas  qu'il vous faudra acclimater vos plants au moment de les sortir dehors. Choisissez une journée assez douce, nuageuse et non venteuse (ou placez vos plantes à l'ombre et bien à l'abri du vent) et sortez-les pour de petites périodes à la fois (par exemple, 30 minutes la première journée, 45 ou 60, la deuxième). Augmentez graduellement ces "bains d'extérieur" à mesure que vos plantes s'habituent. L'idée, c'est d'amoindrir le choc climatique, qui peut s'avérer assez fort pour tuer vos jeunes plants ou, du moins, les endommager sérieusement et retarder leur croissance.

Bonne saison de jardinage !



mercredi 15 février 2012

Pour l'hiver, pourquoi ne pas inviter quelques légumes à l'intérieur ?


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Louise :

Cresson de fontaine.
Charmant, n'est-ce pas ?
Tomates, patates, rutabagas, ail, laitues ou poivrons, ce ne sont tout de même pas des "bêtes d'appartement", me rétorquerez-vous. Et pourquoi pas ? 
Qu'ont-elles de si différent en comparaison avec nos plantes ornementales ? Après tout, ce sont des plantes, et certaines sont même très jolies. 

En fait, la grosse différence, c'est que pour une plante, produire des fruits ou   se faire continuellement grignoter les feuilles demande plus d'énergie que de rester tranquille et d'être simplement belle. Il lui faudra donc plus de tout (engrais, lumière et même parfois chaleur). 


Une grappe de tomates-cerises s'étend paresseusement sur un pot voisin.
Mais il est tout à fait possible, avec un peu plus de soins que pour des plantes ornementales, de cultiver des plantes potagères à l'intérieur. C'est ce que j'ai découvert à l'hiver 2010-2011. Pour les chanceux qui ont un coin très ensoleillé chez eux, il est même possible de n'utiliser que l'éclairage naturel. Je cultive mon potager intérieur avec deux techniques différentes, que je vous présente ici. 

Un jardin suspendu

La première source d'inspiration qui m'a fait envisager la possibilité de cultiver des "légumes d'intérieur", c'est la découverte, en janvier 2011, du site de Windowfarms, qui ne propose rien de moins que de créer un jardin potager hydroponique à la verticale, en profitant d'une fenêtre, tout simplement, et ce, à prix plus qu'abordable.
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Photo publiée avec la permission de Windowfarms.
Voici leur modèle usiné. Mais il existe une version faite maison.
Des bouteilles d'eau ou de boisson gazeuse recyclées,
des petits paniers remplis de billes d'argile pour y installer les plantes,
un peu de tubulure, du fil de métal et des crochets pour suspendre le tout, 
une minuterie et une petite pompe à air (pour les aquariums) pour faire circuler l'eau,
de l'éclairage artificiel (facultatif selon les légumes cultivés et votre situation) et une fenêtre ensoleillée.
Et voilà, vous pouvez vous déclarer " fermier de salon" !


En gros, la culture hydroponique consiste à faire pousser les plantes hors-sol en les cultivant dans un substrat inerte qui remplace le terreau. Ce substrat offre un support physique à la plante; pour ma part, j'utilise des billes d'argile). On irrigue ce substrat avec de l'eau additionnée d'une solution d'engrais (naturel ou chimique, au choix) et dont le pH est équilibré. Enfin, il faut s'assurer de leur procurer une luminosité adéquate. Vous pouvez aller voir ce que dit Wikipédia, entre autres, si vous voulez plus de détails sur l'hydroponie. 


Mon expérience personnelle 

La croissance de mes plantes
a été rapide, au début.
Nous étions en février.
J'ai fabriqué ma première agro-fenêtre en janvier 2011. Elle était très simple, mais pas très jolie, car j'avais trop hâte d'expérimenter ce type de jardinage pour perdre mon temps avec de frivoles considérations esthétiques (eh oui, je peux être pas mal paresseuse, par moments).

Sur cette photo, on voit mes jeunes légumes environ un mois après leur germination.  À l'étage du bas, j'avais installé deux plants de haricots grimpants (ils sont devenus des monstres). 
Au milieu, ce sont deux plants de capucines qui ont trouvé place.
Enfin, au troisième, deux plants de tomates-cerises ("Raisin de Noël" et "piriforme jaune").

Sauf les capucines, ces plantes sont des grugeurs d'espace et après quelques mois de croissance, je n'aurais pas pu ajouter une plante de plus dans cette fenêtre !





Et puis est venu le temps de faire plus sérieux 

Un an après sa construction, mon potager vertical, comme je le surnomme affectueusement,
produit des légumes entièrement organiques que nous pouvons manger tout frais cueillis
tout en regardant les flocons de neige tomber dehors. Et ce, sans aucune lumière artificielle. 

Durant cet hiver-là, j'ai lu presque chaque article archivé sur windowfarms.org 
(ce qui représente beaucoup de lecture). Lorsque je me suis sentie plus sûre de moi, j'ai commencé à travailler sur la conception d'un projet plus ambitieux. 


Mon agro-fenêtre, bâtie à la fin de l'hiver 2010-11.
Elle est faite de pots de porcelaine.
Sur cette photo, elle avait été mise en fonction
depuis quelques semaines à peine.
Mon but était de fabriquer une agro-fenêtre sans plastique, esthétique et ne fonctionnant pas à l'électricité pour le pompage de l'eau.

M'inspirant de tout ce que j'avais lu, j'ai décidé d'utiliser des pots en porcelaine recouverte d'une glaçure, tout comme une simple tasse à café.

Je suis très satisfaite du résultat, même si j'ai encore quelques détails à améliorer quant à la conception et au fonctionnement de mon système.

Mes trois buts principaux sont atteints : mon système d'irrigation est fait de matériaux durables; il fonctionne sans électricité (par gravité seulement) et ne contient que très peu de plastique. (Cet automne, j'ai d'ailleurs remplacé mes réservoirs de plastique par de jolis seaux d'acier galvanisé recouverts de peinture cuite.) De plus, cette construction est vraiment belle (du moins pour mon sens artistique personnel).

Enfin, elle peut accueillir beaucoup plus de plantes, puisqu'elle contient 22 pots en tout. Mais bien sûr, ces plantes doivent être assez petites pour cohabiter, donc choisir des variétés naines devient franchement intéressant. C'est une chose de vouloir faire pousser du persil et des laitues côte à côte, c'en est une autre de semer un plant de citrouille au milieu d'une telle installation !

Mais les possibilités sont quand même surprenantes. Par exemple, pas question d'installer un plant de courgettes, mais j'ai trouvé une variété de concombre vraiment naine, "Space Master", recommandée pour les espaces très restreints (mais qui fait tout de même des tiges de 1 à 1,5 mètres de long). Mon plant a pris tout l'espace du bas de la fenêtre et a eu le temps de me donner... un concombre avant de succomber à cause de mon inexpérience.


Et la culture traditionnelle en pot avec du terreau ?



Ce rutabaga poussait en pot à l'extérieur en compagnie
de deux choux frisés. Je l'ai rentré pour lui permettre de
grossir encore un peu, ce qu'il s'est empressé de faire.
Il a fini dans une soupe, feuilles incluses.

C'est Ray Browning, un jardinier expérimenté du Nord des États-Unis, qui a fait le reste pour me convaincre que c'est tout aussi possible, à l'intérieur de la maison, de cultiver du chou frisé ou un plant de piment. Si vous comprenez un peu l'anglais, allez voir ses vidéos sur YouTube (chaîne Dance in the Sunshine, Praxxus 55712), car ses méthodes de jardinage sont aussi peu orthodoxes que pleines de bon sens, pour le jardinage extérieur comme intérieur. 
Cette étagère usagée m'a coûté 175$ avec les
fluorescents et les plateaux de plastique.
À 40W par tube, je dépense environ 28 cents
d'électricité par jour pour 16 heures d'éclairage.
Cette installation me donne
 24 pieds carrés de surface à jardiner.










Par la suite, Marie-Claire a déniché pour moi une étagère avec système d'éclairage artificiel pour culture intérieure. Elle vient d'une dame de Montréal qui cultivait à domicile des violettes africaines pour les vendre.
Et je suis donc repartie l'automne dernier pour une autre aventure jardinière ! J'ai commencé par installer mes plantes potagères les plus basses dans ce module à trois tablettes. Thym et fraises (qui ont fini par mourir), menthe qui pousse bien, chou frisé, jeunes plants d'aubergine et de poivron (qui en arrachent), oignons, ail, soucis et romarin (qui s'en sortent très bien), origan, tomates et rutabaga qui prospèrent. J'ai complété par quelques plantes ornementales et je viens de semer des plants de fraise-épinard. 
Le fait de rentrer des plants de l'extérieur m'a amené des insectes, dont je me suis débarrassée, et des pucerons qui font encore une peu de ravage dans les soucis, surtout.
Mais j'aurais pu m'éviter ce trouble en utilisant du terreau neuf stérilisé et en faisant de nouveaux semis intérieurs.


Un peu plus tard, j'ai installé deux autres luminaires fluorescents sur des supports fabriqués maison, chaque luminaire est placé de part et d'autre d'une fenêtre de toit orientée à l'ouest. Tout ce système accueille encore plus de plantes venant de l'extérieur. 

Nous pouvons manger occasionnellement des aubergines, des poivrons, de l'oseille, des feuilles de chou frisé, de chou-fleur, de brocoli et de pélargonium (eh oui, c'est comestible !). J'ai aussi un ou deux jeunes plants de tomates qui commencent à peine à prendre de l'expansion et des pommes de terre qui ont commencé à produire des tiges et du feuillage. Un autre plant de tomates, démarré à partir d'une toute petite bouture, a commencé à produire des fleurs. Je viens d'enterrer des tubercules de topinambour dans un gros pot, avec l'intention de les mettre dehors ce printemps (toujours en pot, car c'est une plante parfois très envahissante et quasi impossible à enrayer et je ne sais pas trop où la mettre pour ne pas le regretter plus tard). 

Quelques plantes ornementales complètent le tout, dont un plant d'héliotrope, qui tous les soirs, exhale son parfum de vanille caractéristique.



Mon installation sous une fenêtre de toit du grenier, vue de côté.
Mes deux luminaires fluorescents m'ont coûté 35$ chacun et j'ai utilisé des rebuts de bois
pour monter les structures de soutien. J'ai aussi recyclé quelques miroirs
pour multiplier la lumière, mais du papier aluminium aurait aussi bien fait l'affaire.
J'ai aussi acheté deux appliques murales pour 5$. Je compte les fixer aux montants
de bois pour mieux éclairer les plantes les plus éloignées de la fenêtre.


Une autre vue de mon installation du grenier. Remarquez les petits poivrons oranges 
sur la plante verte de droite.  Les deux gros plants de gauche sont des aubergines.

Mes plantes du grenier sont moins vigoureuses que celles en hydroponie, mais elles ont eu à s'acclimater à l'intérieur et elles aussi étaient accompagnées de quelques insectes qui leur ont fait du dommage. 


Un tout petit poivron... mais tout frais, tout délicieux !




Une aubergine prête à être cueillie. 
Sa petite soeur, à gauche, aura besoin d'un peu de temps pour mûrir à son tour.
En rentrant deux plants d'aubergine pour les sauver du gel automnal,
j'ai ainsi réchappé une douzaine de fruits.

En conclusion

La culture à l'intérieur en plein hiver ne bat pas celle extérieure en été, mais tout de même, je trouve qu'entre les germinations à la cuisine et les légumes d'été congelés, séchés ou apprêtés d'une façon ou d'une autre, l'apport ponctuel de verdure, de fines herbes et de légumes frais nous procure beaucoup de satisfaction gustative.
En plus, je peux continuer de jardiner au beau milieu de l'hiver !

Et puis, je n'essaierai même pas de le nier : le simple fait que les produits viennent de chez moi modifie les perceptions ressenties par mes papilles gustatives et tout me semble oh, combien meilleur !


Abondance de mi-janvier.
Les oeufs me viennent d'une collègue de travail qui élève des poules.
J'en reçois encore une douzaine de temps en temps en échange de divisions de vivaces 
que j'avais en trop, le printemps dernier.
Mes légumes d'intérieur, de gauche à droite :
tiges de cresson, d'ail, de romarin, de menthe, d'oseille et de chou frisé;
thym séché plus bas; feuilles de rutabaga dans l'assiette blanche;
mini-poivrons Doe Hill, tomates-cerises Red Robin et aubergine Slim Jim. 


J'ai cuisiné cette belle omelette avec les ingrédients qu'on voit sur la photo précédente, 
plus du jambon provenant du demi-porc que j'ai acheté d'un producteur local, 
de l'huile d'olive, du sel et du poivre. Le zucchini et les patates viennent de l'épicerie,
mais mon ketchup aux fruits est composé en grande partie d'ingrédients 
que j'ai moi-même récoltés l'été dernier.


Note : j'ai finalement publié un article plus détaillé en juillet 2013, intitulé : Mon agro-fenêtre ou comment remplacer vos rideaux par des légumes. Bonne lecture !




vendredi 9 décembre 2011

Lorsque hors saison, pensons germinations

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 Este artículo en español.


Germination de lentilles, première étape.


Hélène :
Ça y est, on ne peut plus se le cacher, la saison de jardinage est bien terminée. La première neige est tombée (probablement plus d'une si vous êtes plus au Nord), il n'y a plus une feuille dans les arbres et bien des voisins ont sorti les décorations de Noël. Alors quoi faire si on a le pouce vert qui veut déjà revoir le printemps? Et quoi dire du palais qui souhaiterait encore goûter à de la verdure fraîche?


Après une journée, on voit déjà de la tige
qui se pointe!
Eh bien, il y a toujours les germinations! Cette façon de manger de la verdure est excellente pour la santé en plus de s'avérer vraiment délicieuse. Et c'est simple. Très simple. Si vous allez dans les magasins d'aliments naturels, vous trouverez toutes sortes de graines pour la germination, mais à des prix parfois élevés (à titre d'exemple, j'ai 250g de graines de fenugrec à 6.49$). Cela peut paraître excessif, mais un de ces sacs vous procurera beaucoup de graines germées. Mais il y a encore moyen de s'en sortir à moins cher. Voici où vous pouvez vraiment économiser : Achetez les graines dans les sacs en vrac en épicerie. Ces sacs dans lesquels on retrouve souvent des fèves, des pois et autres graines séchées. Eh bien, toutes ces graines, on peut très bien les faire germer, elles aussi! À condition d'être entières et crues (donc, ni écrasées, ni rôties, blanchies ou passées par tout autre procédé que l'industrie peut employer pour faire souffrir ces pauvres petites choses). Par exemple, les pois cassés ne pourront pas germer, puisqu'ils n'ont simplement plus le germe qui permet d'en obtenir une plante. Sur la photo de droite, ce sont des lentilles vertes, tout bêtement. Et pourtant, elles font de merveilleuses germinations.

Je vous donne la méthode "pot Mason" qui est probablement la plus simple, mais il y a aussi la possibilité d'utiliser un germoir. Par contre, dites-vous que n'est pas du tout nécessaire de dédier de l'espace pour un appareil de plus dans la cuisine, alors que le pot Mason fait très (trop) bien le travail.


Étape 1, germination de fèves Mung
Alors, voici la méthode que nous employons, Louise et moi.
L'étape 1 est toute simple, comme le montre la photo tout en haut de cet article (plus celle-ci, à droite). Il s'agit de mettre une petite quantité de graines dans le pot (une ou deux cuillères à soupe vous donneront assez de verdure pour agrémenter quelques salades). On rince les graines une première fois à l'eau claire et puis on remplit le pot d'eau froide (ou tiède) pour couvrir les graines. On laisse reposer 2 à 6 heures ou plus. Moi, je les laisse toute la nuit. Plus les graines sont grosses, plus j'insiste sur ce point, d'ailleurs. La graine doit être bien humide pour pouvoir germer.



Pour l'étape 2, on vide l'eau, on rince à nouveau et on recouvre l'embouchure d'un bout de tissu mince, retenu par un élastique. ( Notez, ici mes graines sont de bonne taille alors le rinçage se fait facilement. Avec des graines plus petites comme la luzerne, on doit soit user de patience, soit d'ingéniosité. Certains font des grillages sur mesure pour leur pot Mason (par contre, n'allez surtout pas utiliser de la moustiquaire en aluminium pour fenêtres et portes patio; c'est poison et laissera des traces sur vos germinations à coup sûr). Moi, l'ingéniosité, c'est tout simplement un vieux bas de nylon (bien nettoyé, bien sûr). Le rinçage au travers se fait comme un charme!


Étape 2
On peut conserver ces ronds de coton qui recouvrent les pots de confiture,
pour faire plus joli. Avec les graines les plus petites, comme la luzerne, Louise aime
bien utiliser un petit tamis de cuisine en acier inoxydable.


Troisième étape, mettez le pot dans un bol, la tête vers le bas. Le peu d'eau restante entre les graines pourra ainsi s'échapper. Faites un rinçage de ces graines deux fois par jour. C'est important, et encore d'autant plus quand il fait chaud, pour prévenir le développement de moisissures. Au bout de 2 à 4 jours, les graines auront suffisamment germé et vous aurez de quoi agrémenter vos salades, pâtes et bien plus! Plus la température ambiante est élevé, plus le temps de germination sera court.

Les préférées d'Hélène :  Quoi que je suis loin d'avoir essayé toutes les sortes, j'adore les fèves Mung. Elles sont suivies de près par les germinations de maïs. La luzerne aussi est très bien. Les lentilles sont fabuleuses! Prochain essai : les pois chiches! En revanche, je n'aime pas particulièrement le fenugrec et je déteste le cresson rouge! Et il y a peu à faire pour certaines graines qui ont gardé leur couche de saponine, comme le cresson rouge et le lin (j'ai pourtant persisté en les faisant tremper une semaine, rien à faire); elles deviennent gluantes et ne germent qu'à un très petit pourcentage ou simplement pas. Mais toutes mes autres belles germinations, je les utilise surtout sur des pâtes et dans des salades.

Les préférées de Louise : Chez moi, ce sont les classiques qui ont la cote. La luzerne l'emporte, mais nous aimons aussi beaucoup le trèfle. De toute façon, il nous reste tant de variétés à essayer ! Le temps et le travail requis pour faire des germinations est ridiculement court. Et ce que j'aime par-dessus tout de cette méthode de culture inusitée, c'est que c'est vraiment moi qui produit un légume, seulement, c'est sans passer par le potager.

Un petit truc pour le sac à dos : Est-ce que vous allez parfois faire du camping? Un truc qui peut s'avérer fabuleux c'est de mettre des graines dans un bas de nylon et ce bas de nylon dans un sac ziploc remplit d'eau. On accroche le tout à son sac à dos. 6 heures plus tard, on enlève le sac ziploc et son eau et on ne laisse accroché au sac à dos que le bas de nylon, qu'on rince 2 fois par jour. Après 2 à 4 jours, surprise! Un repas tout frais est à votre portée. L'idée vient de ce livre.

Et un dernier truc. Si votre pouce vert n'est pas comblé, gardez quelques germinations de côté et faites-en quelques plantes d'intérieur pour l'hiver. Les lentilles font un plant absolument mignon! Cette dernière idée que j'ai testée m'est venue de ce livre-ci.

MISE À JOUR : Et bien, les germinations de pois chiches, ça n'a pas marché pour moi. Le temps que les pois arrivent à germer à une taille raisonnable, le 1/4 était devenu visqueux, sentait bizarre ou était simplement en train de pourrir! Peut-être aurait-il fallu que je les rince plus fréquemment pour éviter la moisissure? Reste que j'ai pris les plus belles germinations et je les ai transplantées dans un pot. Et voilà! Une plante de maison de plus.
Les pois chiches ressemblent aux lentilles, mais font une plante
beaucoup plus droite et touffue.