jeudi 21 juin 2012

Herbe-aux-goutteux ou herbe-aux-goûteux ?

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Louise : Comment devenir amie avec une plante aussi envahissante et friponne

D'abord, en apprenant à mieux la connaître. Laissez-moi vous parler de ma propre expérience : j'ai chez moi une vivace couvre-col de belle apparence avec ses feuilles vert pâle panaché de blanc : la podagraire, qui est aussi connue sous les noms suivants : égopode, aegopode, petite angélique, herbe de Saint-Gérard ou herbe-aux-goutteux (c'est-à-dire : herbe qui soigne ceux qui souffrent de la goutte). Son nom latin est : Aegopodium podagraria, ses noms anglais : Ground Elder, Herb Gerard, Bishop's Weed, Goutweed, Snow-in-the-Mountain. Les espagnols, quant à eux, utilisent son nom latin : Aegopodium, ou Pie de cabra, Podagraria, Yerba de San Gerardo.
Dans sa forme sauvage, elle est d'un vert uni assez foncé, et on la retrouve en abondance à l'état sauvage de l'Europe jusqu'en Asie occidentale. Elle peut atteindre 60cm (2pi) de hauteur.
Au Québec, je n'ai rencontré que la forme panachée (vert pâle et blanc), en vente dans certains centres de jardinage et qui est beaucoup plus courte :  20 à 35 cm (8 à 12 po)... et moins envahissante. 

Plante friponne, mais si jolie !
Notre aegopode panachée est appréciée surtout parce qu'elle fait un couvre-sol dense qui, tout comme sa cousine toute verte, élimine la concurrence, s'étend vigoureusement sur tout l'espace qu'on lui laisse et forme un massif illuminant les coins sombres du jardin. Elle préfère l'ombre pas trop dense ou la mi-ombre et elle s'arrange de tout type de sol.
Vous me direz : une belle vivace pour les endroits ombragés qui ne laisse pas passer la mauvaise herbe... 
Où est le problème ? 
Eh bien, c'est qu'elle ne laisse passer pratiquement rien d'autre ! Elle tuera à peu près n'importe quelle autre vivace, même si celle-ci est beaucoup plus grande. Elle pourra même venir à bout de certains arbustes, les rosiers, par exemple. Je la soupçonne d'avoir tué un vinaigrier que j'avais planté à côté. J'imagine qu'elle doit excréter quelque chose au niveau des racines. De plus, si elle a sa chance, elle s'étendra pour partir à la conquête du monde ! J'ai même eu un jardin où elle essayait constamment de s'échapper en lançant ses racines souterraines à travers la pelouse. Les sources européennes mentionnent que la podagraire se ressème abondamment. Les britanniques ne semblent pas avoir ce problème, que ce soit avec la variété verte ou panachée. Ici, je n'ai jamais remarqué qu'elle se ressemait.
Il paraît qu'on peut aussi la cultiver en pots sur un balcon et, bien sûr, il est toujours possible de couper et retirer le fond d'un très grand pot de plastique, de l'enfoncer dans le sol jusqu'au col et de planter l'herbe-aux-goutteux dedans, pour l'empêcher de s'évader.
Notre herbe-aux-goutteux à nous a été plantée sur notre propriété actuelle bien avant que nous arrivions. Par chance, elle avait été placée au bord de l'entrée de gravier, en lisière du terrain, isolée sous des arbres matures. De plus, j'ai toujours veillé à couvrir les quelques rares issues qui s'offraient à elle avec une épaisse couche de feuilles mortes. Elle n'a jamais réussi à s'échapper de là. 
De mon côté, sachant que je ne réussirais probablement jamais à m'en défaire, je n'ai même pas essayé et je lui ai concédé son espace. 

Plante amie ?
C'est tout récemment que j'ai découvert que l'herbe-aux-goutteux est une plante potagère et médicinale. Mais pour moi, elle pourrait aussi bien s'appeler l'herbe-aux-goûteux tant nous l'avons trouvée délicieuse. 
Je l'ai essayée en cuisine seulement ce printemps et je n'en suis pas encore revenue : un véritable délice. Je ne me suis pas encore risquée à la consommer à haute dose, par exemple comme légume vert pour accompagner un plat de viande, car je m'y prends toujours prudemment avec un nouvel aliment. Les réactions allergiques sont toujours possibles. De plus, son goût est puissant et je voulais mettre toutes les chances de notre côté. Après tout, c'est une chose merveilleuse de découvrir un nouveau légume vivace à trois pas de sa porte, mais encore faut-il apprendre à l'apprécier, si on veut en faire une source alimentaire régulièrement utilisée.
Je l'ai donc employée d'abord dans un plat de pommes de terres et d'oeufs, puis dans une soupe, et enfin comme légume principal entrant dans la composition d'un sauté de cubes de veau. Nous avons eu le plaisir de découvrir que l'aegopode donne aux plats un goût différent, riche et très savoureux.

 
Une plante utilisée depuis longtemps et de plusieurs façons 
Il semble que les romains l'ont trimbalée avec eux jusqu'en Grande-Bretagne et qu'elle était abondamment utilisée dans toute l'Europe durant le Moyen-Age. Aujourd'hui, elle est encore couramment utilisée en Scandinavie, en Russie et en Lithuanie, soit comme légume, soit comme herbe aromatique.

En cuisine
Le "lapin" qui a grignoté toutes ces feuilles
d'herbe-aux-goutteux,
c'est moi, aidée de ma paire de ciseaux.
En fait, il parait que les lapins
ne touchent pas à cette plante.
On consomme les jeunes feuilles printanières crues en salade, ou cuites, de toutes sortes de façons, à l'étuvée comme légume d'accompagnement, en soupe, ou comme herbe aromatique dans les omelettes et les plats de viandes ou de pommes de terre. 
 Plusieurs européens la considèrent comme une des meilleures verdures à consommer. D'autres ne l'aiment pas du tout. 
Elle ferait partie de la même famille que les carottes et ses feuilles comme ses tiges se mangent. Elles ont un goût assez fort rappelant justement le feuillage de la carotte et le persil. 
Attention, pratiquement tous les sites mentionnent que pour l'utiliser en cuisine, il faut la cueillir avant la floraison, car à partir de ce moment, son goût change et elle devient laxative. Une source anglophone donne le truc suivant : il suffit de couper les feuilles régulièrement pour empêcher la plante de fleurir. De cette façon, on pourrait la manger durant toute la saison estivale. Il faudra que j'essaie.
Par contre, j'ai essayé de la congeler et j'ai découvert avec ravissement que cela n'affecte en rien son goût.
Je conserve certaines de mes herbes dans des pots de verre, au congélateur.
Ici, aegopode, livèche et feuilles de raifort, trois plantes au goût prononcé,
chacune dans son pot.
 


En herboristerie
Médicinalement, par contre, on la cueillerait durant ou après la floraison, fraîche ou sèche, du moins d'après le site Plants for a FutureElle serait peu utilisée de nos jours, mais elle a une longue histoire médicinale. Elle a été utilisée en cataplasme pour traiter les brûlures, les plaies, les piqûres, les articulations douloureuses, et en tisane contre l'arthrite et le rhumatisme. Mais surtout, elle est réputée comme médicament pour les personnes qui souffrent de la goutte, d'où son nom : herbe-aux-goutteux. Ce lien vers Wikipédia vous en apprendra plus sur cette maladie pouvant devenir chronique, qui est liée au métabolisme de l'acide urique et qui s'attaque surtout aux articulations, aux reins et à la peau.
Quelle est la leçon à tirer de cette histoire ?
D'abord, en sachant qu'à la base, une plante nuisible, ça n'existe pas, du point de vue de la nature, du moins. Chaque plante joue son rôle et dame Nature y voit toujours. Autrement dit, si une plante apparaît quelque part et y prospère, c'est que la nature a trouvé un rôle à lui faire jouer. Ceci est vrai même pour les plantes qui envahissent soudain un écosystème, car elles profitent, en général, d'un débalancement existant pour s'inviter et jouer un rôle qui n'est pas entièrement rempli par les autres organismes en place. Souvent elles apparaissent pour remédier l'habitat endommagé et une longue liste de plantes se remplacent l'une après l'autre pour guérir l'environnement. Que nous les voyons comme des mauvaises herbes n'est simplement qu'une perspective humaine. 
Par contre, pour le jardinier, une plante qui n'est pas à sa place peut lui causer de réels problèmes, je le sais par expérience, probablement comme tous les jardiniers du monde. Mais désormais, avant de rêver à une baguette magique pouvant annihiler instantanément une plante qui me dérange, je ferai des recherches pour essayer de découvrir ses vertus cachées.

Quelques recettes pour celui ou celle qui serait tenté

http://cuisinesauvage.blogspot.ca/ : Ce site est extraordinaire. Choisir "égopode" dans le menu déroulant et vous aurez trois recettes différentes. Je vous recommande chaudement la galette d'égopode.


http://www.medecinesnaturelles.com/index.php?to=3&so=3&page=7 : un potage fait de plusieurs verdures qu'on retrouve au printemps dans nos jardins.



Et pour finir, voici ma propre recette de veau à l'aegopode :

CUBES DE VEAU À L’AEGOPODE 
Ingrédients :
3 oignons moyens coupés en morceaux
2 onces (60g) de feuilles et tiges d’aegopodes fraîches ou congelées, finement ciselées
225 gr de cubes à brochettes
150 à 200 ml de bouillon de légumes maison (j’ai utilisé le bouillon résultant du blanchiment de ma récolte d’asperges, que j’avais laissé réduire pour le concentrer)
Huile d’olive
Sel et poivre
1.   Faire revenir les oignons et la viande dans l’huile à feu vif
2.  Ajouter le bouillon petit à petit pour empêcher de contenu de la casserole de coller.
3.  Laisser cuire à feu moyen pendant environ 5 minutes
4.  Ajouter l’aegopode, mélanger et laisser cuire 5 minutes de plus
5.  Saler et poivrer
Délicieux ! Servir avec du couscous ou du riz et des pointes d’asperge à l’étuvée.

samedi 26 mai 2012

Portrait sous la pluie

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Hélène:
Vous promenez-vous dans votre jardin lorsqu'il pleut? Moi si, car il s'agit d'un monde absolument fabuleux et d'une température qui peut en fait être très favorable à certaines tâches comme la transplantation, même si ça devient boueux. Voici un portrait du jardin printannier sous la pluie.

Amélanchier en fleurs sous la pluie


Hémérocalles

Hostas en train de se déployer

Délicates fleurs de Pêcher

Le printemps est en fait un moment idéal d'observation, où l'on observe la nature s'éveiller tranquillement, les graines germer lentement et les plantes prendre de superbes couleurs.

Ce moment d'émerveillement aide à voir ce qui a changé sur notre terrain. Par exemple, je peux tout de suite vous dire que l'hiver doux que nous avons eu fait en soit qu'il y a beaucoup plus de fourmis et de papillons cette année chez moi et que, puisqu'il n'y avait pas toujours une couche de neige adéquate qui isolait mes 2 plants de thym, tout deux sont morts.

Ces temps de réflexion nous permettent donc de juger ce dont le jardin aura besoin cette saison tout en nous délectant les sens de visions printannières éphémères.

jeudi 10 mai 2012

Dès avril, les pousses d'hémérocalles arrivent dans nos assiettes !

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Louise :


Hémérocalle Brand New Lover
Eh oui ! Vous n'avez pas d'hallucinations et je n'ai pas la berlue : nous parlons bien des jeunes feuilles d'hémérocalles (Hemerocallis fulva, Hemerocallis spicata) qui sortent en petites pointes serrées et se déploient rapidement en éventail. S'il est largement connu que leurs fleurs et même leurs boutons floraux se mangent, en revanche, peu de jardiniers savent qu'on peut se délecter de leur feuillage printanier.
Les chevreuils adorent les manger et, depuis que j'y ai moi aussi goûté, je suis tout à fait d'accord avec eux !
Il est facile de trouver des recettes à base de
fleurs d'hémérocalles sur Internet.
En revanche, il faut fouiller plus en profondeur pour
seulement apprendre qu'on peut manger 

les boutons floraux et...
les jeunes pousses printanières.


Mais d'abord, de quelle plante s'agit-il ?
Plusieurs personnes confondent l'hémérocalle (hemerocallis) avec le lis (lilium), mais aussi avec l'iris. Ces deux dernières plantes sont toxiques jusqu'à un certain point. Les fleurs  de ces trois vivaces très communes dans nos jardins sont similaires et elles ont toutes trois un air exotique.
Soyez prudent et assurez-vous d'être sûr à 100 % d'avoir bien identifié toute plante avant de vous risquer à en manger (consultez quelqu'un de fiable - un professionnel, par exemple, ou utilisez un bon livre guide d'identification).
De plus, assurez-vous que l'endroit où pousse la plante n'est pas pollué ou contaminé.
Mais, même lorsque vous êtes certain de savoir à quelle espèce vous avez affaire, si c'est la première fois que vous y goûtez, mangez seulement une petite quantité de la plante, pour voir comment votre organisme va réagir (une allergie ou une intolérance est toujours possible). En général, une plante crue risque plus de provoquer une réaction indésirable qu'une plante cuite. 
D'ailleurs, certaines sources mentionnent que la feuille d'hémérocalle crue provoque une "détresse du système digestif" (lire ici une diarrhée) chez une personne sur cinquante. Mais personnellement, je crois que notre organisme peut prendre un peu de temps avant de s'habituer à un nouveau légume, spécialement si celui-ci est assez vigoureux pour pousser hors d'un potager, survivant et se reproduisant par lui-même. En effet, ce genre de plante est généralement plus nutritive que nos légumes du potager et peut représenter un défi un peu plus grand pour nos estomacs faiblards de gens civilisés.
À la fin de cet article, vous trouverez une description de l'hémérocalle, du lis et de l'iris, pour vous aider dans votre identification, si jamais vous en sentez le besoin.


Ces jeunes pousses sont très tendres,
sans contredit, mais je préfère
attendre que la talle soit entièrement
sortie de terre pour faire ma cueillette.
 
Une cueillette facile :
Je ne touche pas à mes variétés d'hémérocalles qui fleurissent au printemps, vers mai ou juin, pour ne pas retarder leur floraison, mais aussi, parce que les espèces printanières d'hémérocalles ne sont pas les mêmes que H. Fulva. Or, je n'ai trouvé jusqu'à maintenant aucune documentation m'indiquant lesquelles de ces espèces sont sécuritaires à manger. Je me concentre donc sur les hybrides qui fleurissent en plein été et bien sûr, sur mes talles de Fulva.
Je récolte chaque talle en entier, en une seule et unique fois et, par la suite, je ne touche plus au feuillage du reste de la saison de jardinage. 
Plus tard, en été, je retournerai cueillir les boutons floraux et les fleurs, autant que j'en voudrai - je pourrais cueillir toutes les fleurs jusqu'à la dernière sans faire aucun mal au plant. De toute façon, la fleur d'hémérocalle a une floraison tellement courte (une seule journée) que ça me déculpabilise d'utiliser beaucoup de fleurs au menu.
L'an prochain, je pense sérieusement
couvrir mes plus grandes talles
d'une couverture flottante jusqu'à la récolte,
pour réduire la tâche de lavage.
Mais pour revenir aux feuilles, je dois les laver soigneusement, car sur mon terrain partiellement couvert de grands arbres, des débris végétaux s'infiltrent entre elles. Au moins, le fait que les pousses émergent d'un paillis les protège des éclaboussures de terre. Ainsi, elles sont beaucoup plus propres, et donc plus faciles à laver. Mais je trouve que c'est une verdure longue à nettoyer, car il faut vérifier les feuilles une par une pour s'assurer qu'on n'a laissé aucune saleté. 
Ensuite, elles sont prêtes à manger crues en salade ou cuites.
Je les préfère cuites. Ainsi apprêtées, elles ont un goût tendre de haricots verts et leur texture ressemble aux parties vertes et tendres des poireaux. D'ailleurs, je préfère les faire cuire à la vapeur, pour conserver le plus possible leur valeur nutritive. 
Je récolte de une à cinq livres de pousses par jour, ou à mesure que les talles émergent du sol et atteignent une hauteur suffisante. Généralement, nous en mangeons une partie pour le repas suivant et je fais blanchir le reste à l'eau bouillante (une minute) ou dans une petite étuveuse StarFrit, 40 à 60 secondes à la puissance maximale du micro-ondes. Ensuite, je les plonge rapidement dans l'eau froide pour arrêter la cuisson, je les égoutte et je les essore dans un linge à vaisselle propre. Enfin, je les mets dans un sac à lait recyclé propre, je ferme le sac à l'aide d'un peu de ruban gommé, puis j'enfile ce sac dans un deuxième sac à lait, pour protéger ma récolte de la brûlure de congélation. Je pèse et j'identifie avant de déposer le tout au congélateur.
Une talle d'hémérocalles fauves,
trois semaines après la cueillette des pousses.
La récupération se fait étonnamment vite.
Cette année, je m'attends à récolter en tout environ 30 livres de pousses (début mai, j'en ai déjà mis 16 livres au congélateur, sans compter ce que nous avons mangé).
L'an passé, j'ai récolté relativement peu de pousses, en partie parce que je craignais d'abîmer le feuillage de mes plants. Mais ils ont récupéré rapidement, reprenant une belle apparence, et leur floraison n'a même pas été retardée.
Cette année, la cueillette étant totale, je verrai bien si cela a un effet indésirable quelconque. Mais je ne crois pas. Après tout, un sursaut de l'hiver pourrait lui aussi tuer le feuillage au sol et cela n'affecterait pratiquement pas une plante en santé.
Maintenant, passons à table !
Un plat tout simple :
carrés de fondue parmesan,
fraises de Californie
et pousses d'hémérocalles
cuites au four micro-ondes, dans une étuveuse, durant 60 secondes.

Omelette au jambon, au fromage et aux pousses d'hémérocalles,
accompagnées de tomates cerises et de haricots jaunes
provenant de mon potager intérieur.
Pas mal pour un repas de la mi-avril !
Ma chaudrée de turbot et de pétoncles aux pousses d'hémérocalles,
simplement accompagnée d'une rôtie de pain de seigle beurrée
et saupoudrée de thym séché.
Mon mari a tellement aimé ce plat qu'il a englouti 5 bols d'affilée !
Or donc, de quelle plante s'agit-il ?
Il existe des fleurs d'hémérocalles de couleurs très variées, mais le vrai bleu n'existe pas chez ces plantes (comme c'est le cas de toute façon pour plusieurs plantes). La forme des fleurs peut aussi varier.
La fleur typique d'hémérocalle a une forme ouverte et présente 3 pétales et 3 sépales. Il existe aussi des cultivars aux fleurs doubles (pétales et sépales plus nombreux et apparemment, ces variétés sont moins odorantes et attirent donc moins les insectes pollinisateurs). Chaque fleur dure seulement un jour (deux au maximum, pour certaines variétés) avant de se faner et d'être remplacée par une autre. D'où son nom anglais : daylily (lis d'un jour). Certaines hémérocalles fleurissent pendant à peine 2 ou 3 semaines, alors que d'autres, comme la populaire Stella de Oro, fleurissent durant pratiquement tout l'été.
Hémérocalle Jubilee Pink - un des 60 000 cultivars et plus enregistrés à la Société Américaine des Hémérocalles. Elle produit des fleurs roses. Sur la photo, ses fleurs sont orientées vers le haut (vers la lumière). Il existe, à l'état sauvage une vingtaine d'espèces d'hémérocalles différentes.

Les racines d'hémérocalles forment un enchevêtrement de tubercules
allant de la grosseur d'un pois à celle d'un doigt.
Probablement l'espèce la plus connue des nord-américains,
 l'hémérocalle fauve (hemerocallis fulva),
cette belle envahissante orange vif qui pousse dans les fossés,
le long de nos routes de campagne.

Remarquez les tiges florales pratiquement sans aucune feuille.
 Le site Les beaux jardins vous offre un croquis de cette plante et de son système racinaire, composé de rhizomes attachés en grappe, comme une botte d'oignons.  Les plants forment une touffe de feuilles vertes ressemblant à des brins d'herbe géants, groupés en éventails indisciplinés, à la forme moins bien définie que pour les iris, qui eux, forment un éventail parfaitement plat. Pour préparer sa floraison, la plante produit des tiges florales plus ou moins longues (selon la variété), le plus souvent, ces tiges sont complètement dépourvues de feuilles, et elles émergent toujours du centre de chaque éventailAu bout de cette tige, se formeront des branches plus ou moins nombreuses regroupant les bourgeons floraux, eux aussi, plus ou moins nombreux, selon le cultivar. Une fois mûr et grossi, chaque bouton floral s'ouvrira pour donner une fleur qui ressemble beaucoup à un lis (d'où la confusion), mais qui durera seulement 1 jour (jusqu'à 2 pour certaines espèces d'hémérocalles) avant de se faner. Les fleurs des lis et iris, quant à elles, resteront plusieurs jours sur le plant avant de se faner.
Iris, dont on voit les rhizomes qui affleurent
au-dessus de la terre. En général, ils poussent
à l'horizontale et paraissent couchés sur le sol.
Iris à gauche, hémérocalle à droite.


Iris en bas, hémérocalle au-dessus.
Les fleurs d'iris peuvent être
simples ou doubles et leurs
coloris varient beaucoup,
du blanc au vrai bleu, en passant
par le jaune, le bourgogne
et le presque noir,
sans oublier le doré,
le pêche et la couleur chair.
Les iris (Iris) sont, selon l'espèce, des plantes à rhizome (ils forment une racine charnue qui pousse à l'horizontale à la surface du sol et qui est visible), comme les iris de jardin, ou des plantes à bulbe (une sorte d'oignon), comme les iris de Hollande (Iris Reticulata, Iris Juno et Iris Xiphium en sont des exemples). Les plants forment des feuilles au port dressé, en forme de lance ou de lame de couteau très mince, à l'apparence exotique. De plus, elles sont beaucoup plus coriaces et rigides que celles des hémérocalles. Elles sont souvent de teinte vert bleuté, parfois panachées de blanc. 

Lorsque les fleurs apparaissent, nous ne pouvons plus confondre les iris et les hémérocalles aussi facilement, d'abord parce qu'en y regardant de plus près, elles sont passablement différentes. Et puis les bourgeons floraux sont portés différemment sur leur tige. Par exemple, les iris allemands et les iris de Hollande (voir les deux dernières planches botaniques de l'article du 6 mars 2013) ou encore celle sur les iris de Sibérie. Chez les différentes espèces d'iris, il n'est pas rare de voir les boutons floraux se succéder sur les tiges en créant un motif de zigzag.

L'iris est vraisemblablement la fleur qui a servi de modèle pour notre fleur de lys nationale, symbole qu'on retrouve sur le drapeau québécois et qui nous vient directement de la royauté française. Voir l'article de Larry Hodgson sur le sujet. L'iris versicolore, une espèce qui pousse au Québec, est d'ailleurs notre emblème floral national.


Les lis (Lilium) sont des plantes à bulbes et donc, la partie souterraine forme une sorte d'oignon écailleux (le corme), d'où sortira une tige. Voir des des croquis de cette plante sur le lien suivant. Tout le long et tout le tour de la tige sont attachées les feuilles, effilées et plutôt courtes, en général de longueur à peu près égale, ce qui donne à la plante une forme de colonne caractéristique. Tout en haut de cette tige se formeront les bourgeons floraux qui s'allongeront de plus en plus, jusqu'au moment de l'éclosion, ce qui donnera des belles grandes fleurs en trompette, qui dureront plusieurs jours et dont les coloris varieront grandement d'un cultivar à l'autre. Mais le vrai bleu n'existe pas chez les lis. Je n'ai pas de photos à vous présenter, malheureusement. J'ai démissionné de les faire pousser chez moi, à cause d'un petit insecte rouge, le criocère du lis, qui les aime d'un amour dévorant.

Sans contredit ma variété préférée, 
la France Halls qui
accompagne ici des framboises dorées 
et des tomates cerises
jaunes, récolte de l'an passé en Juillet.
Hélène :
Quand vous aurez fini la récolte de pousses d'hémérocalles et que vous entamerez celle des fleurs, il y a un petit truc dont il faut se rappeler. Les fleurs foncées goûteront moins bon (certains trouvent le goût ferreux) que les pâles qui sont beaucoup plus douces au goût, alors les fleurs rouge foncé sont bien belles, mais selon mon expérience, sont beaucoup moins bonnes que les jaunes ou rose pâle !


Louise :
Il est très possible de manger les fleurs fanées (on les cueille en fin de journée, quand elles se referment, ou le lendemain matin). Elles peuvent compléter les ingrédients pour un ragoût, un sauté, un plat gratiné, une sauce à spaghetti, une omelette ou une soupe. Bon appétit!


dimanche 29 avril 2012

Beautés et bizarreries printanières

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Louise :
À mon tour de partager quelques clichés de mon jardin !
Perce-neige (Galanthus, photo au-dessus), chionodoxes (chionodoxa), crocus, érythrèmes (erythronium), pushkinias (Scilloides), scilles de Sibérie (Scilla Siberica) sont les premiers à avoir leur heure de gloire et, leur floraison finie,
il ne leur reste plus qu'à refaire leurs réserves pour l'an prochain
avant de retourner en dormance.
Chionodoxes roses
Crocus Ruby Giant
Pushkinias.
La floraison des bulbes - et des fleurs printanières en général - ne dure pas très longtemps.
Ces plantes se dépêchent de compléter leur cycle de reproduction
avant que le feuillage des arbres et des vivaces ne viennent leur faire concurrence
pour le soleil.
Livèche - une herbe vivace qui goûte les feuilles de céleri.

Le muguet - la fleur préférée de ma mère - déroule lentement ses feuilles au soleil.
Une tige florale a déjà fait son apparition, mais elle sera en pleine floraison dans 1-2 semaines.
Le bleu franc des muscaris contraste joliment
avec la trompette corail des narcisses en arrière-plan.

Un narcisse double n'a pas supporté la bordée de neige d'il y a 3 jours
et il s'est affaissé tête première.
Tulipa Tarda
Cette espèce de tulipe dite botanique
(c'est-à-dire qu'elle a gardé la forme sauvage de son pays d'origine),
est aussi considérée vivace, les talles grossissant d'année en année.
De plus, elle se multiplie facilement par la graine.

Tulipa Greigi Red Riding Hood.
Une autre tulipe botanique qui ne dégénérera pas si elle aime l'endroit où elle se trouve.
C'est pourquoi on la dit vivace.

Les tulipes de Darwin (celle-ci est rose) sont considérées
comme certaines des plus vivaces parmi les tulipes hybridées.
J'en ai eu une talle qui a duré presque 10 ans
et qui a même un peu grossi, avant qu'un chevreuil ne vienne la brouter.
Devinez ce que c'est?
Premier indice : il s'agit d'un végétal.
Deuxième indice :
il émet une poussière dès qu'on y touche en y mettant un peu de vigueur.

Troisième indice :
cette masse spongieuse n'est plus comestible depuis un bon bout de temps déjà.
Voici à quoi ressemblait la chose en octobre dernier.
Je l'avais baptisée "le cochonnet".
Pour voir de quoi il s'agit, voici le lien.

jeudi 19 avril 2012

Le printemps en photos

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Les tulipes commencent! Les hémérocalles poussent aussi.
Hélène :
J'ai concocté cet article tout simplement pour illustrer la nature en éveil au printemps. Par cette belle journée, je me suis dit que d'aller prendre des photos nous permettrait de faire un portrait du jardin en Avril-Mai. Alors, puisqu'une photo vaut milles mots, commençons!

Les jacinthes se sont pointées il y a quelques jours.
 Les jacinthes font partie de ces fleurs qui sont énormément parfumées. Personnellement, je ne prends pas plus que 3 tiges florales pour parfumer la cuisine ; autrement, l'odeur est trop envahissante.

Les lilas sont presque mûrs! Bientôt ils seront blancs
et sentiront si bon! Ils sont placés juste à côté de ma
porte de devant, tout visiteur printanier aura le
plaisir de les sentir!



La rhubarbe pousse très bien! J'aurais dû prendre plus de photos ; il y a quelques jours à peine, ce n'était que des petites pousses roses qui perçaient le sol!

Photo haut-gauche : Cerisier noir, est-ce que je remarque une grappe de futures fleurs?
Photo haut-droite : Amélanchier dans toute sa douceur, les boutons floraux sont visibles!
Photo bas-gauche : Argousier paradant fièrement son feuillage argenté.
Photo bas-droite : Pêcher produisant des boutons tout doux! Les fleurs ne tarderont pas!

La consoude sous le cerisier noir s'est multipliée
cette année. C'est une merveilleuse plante
médicinale et un superbe paillis vivant.
Attention par contre, c'est envahissant!
Petit interlude, écrit ici pour les résidents du Québec. Lorsque vous avez un enfant, le gouvernement du Québec, plus précisément le ministère des ressources naturelles et de la faune offre un arbre à la naissance ou à l'adoption d'un enfant. Vous avez un an après la naissance (ou l'adoption) de l'enfant pour vous inscrire au programme et les arbres sont distribués en Mai.
Mon fils est donc le détenteur du cerisier noir de la photo ci-haut. Cet arbre fruitier a donc 4-5 ans et c'est la première fois que j'y vois des boutons floraux. J'ai bien hâte de voir la suite!

Le vert scintillant des framboisiers est toujours une beauté au printemps... 
Et cette année, il envahit mon gazon apparemment, comme le démontre la dernière photo.

Dans cette plate-bande qui semble chaotique, un certain ordre peut néanmoins s'y retrouver.
Les fraisiers reprennent clairement des couleurs, mais au travers, il y a des myosotis qui se couvriront de mignonnes petites fleurs bleues dans quelques semaines, de la livèche (si vous avez l'oeil averti, elle se trouve à droite - tiges vert vif au feuillage très découpé) et ce beau feuillage strié de rouge n'est nulle autre que l'oseille sanguine (rumex sanguineus), une oseille beaucoup plus douce que l'oseille traditionnelle. Il y a aussi dans tout ça de la baume mélisse qui commence à paraître et plus tard poussera la monarde, là ou il y a présentement des tiges jaunes brisées.

Des asperges de deux ans!
Une auteure que j'apprécie beaucoup a cette rime pour déterminer quand on peut en cueillir : "Year one, take none - year two, cut a few - year three, lots for me!" (1ère année, n'en cueillez pas, 2ième année, quelques-unes seulement, 3ième année, plein pour moi!) 
Je vais donc pouvoir y goûter cette année!

La menthe verte se propage.

Le lupin revient pour une 2ième année.
Quoi de plus merveilleux que le doux soleil du printemps sur de délicates feuilles vertes de spirée?


MISE À JOUR, 1 MAI 2013 :

La tulipe dans la photo du haut est probablement (quoi que je ne suis plus sûre de mon achat) la Red Riding Hood, une tulipe qui se multiplie. Qui se multiplie? Que Si! Voici la même plate-bande un an plus tard.