samedi 20 janvier 2018

Radis rouges, radis verts, radis blancs

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Louise :

Intrigués par le titre de cet article? 

Laissez-moi d'abord vous souhaiter une bonne nouvelle année 2018 et, surtout, la capacité d'apprécier toutes les bénédictions qui composent votre vie, de la plus petite à la plus extraordinaire.

Je pense qu'il est important de cultiver l'art d'apprécier, car cet acte de la pensée est essentiel pour ressentir de la joie.  

C'est mon humble message de sagesse pour l'année 2018. Cela peut paraître idiot, mais personnellement, je porte beaucoup d'attention aux petites choses du quotidien, à la recherche de celles qui peuvent contribuer à mon bonheur. Ce sont des événements tout simples, comme le bruit de la neige crissant sous mes pas, la fraîcheur de l'air froid dans mes poumons ou... le plaisir de faire pousser des radis sous mon toit en plein hiver sous forme de micro-verdures. 

Le chemin qui m'a menée des radis rouges aux radis verts :

Chaque fois que j'ai planté des radis au printemps, quelques-uns d'entre eux n'ont pas formé la belle boule rouge vif tant espérée, savoureuse et croquante sous la dent. À la place, ont poussé des avortons de racines immangeables. Décevant.

Cette photo provient d'un article précédent,
paru le 30 novembre 2011.


Une année, un peu par paresse, un peu par manque de temps, j'ai laissé pousser mes avortons au lieu de les arracher. Ceux-ci se sont révélés capables de produire des plantes vigoureuses qui ont fleuri, puis produit des gousses de graines en abondance. J'ai continué des les ignorer, et j'ai même laissé les gousses de graines mûrir et brunir, car je n'avais pas encore appris qu'on peut les manger, elles aussi, quand elles sont encore très jeunes et d'un beau vert tendreCes gousses sont d'ailleurs délicieuses crues, mangées telles quelles ou en salade mélangée. 
J'ai plusieurs milliers de graines provenant de plants de radis insatisfaisants du point de vue de la consommation.
Finalement, ce n'est qu'en fin de saison que j'ai reporté mon attention sur ces plants "dégénérés". C'est alors que, sans trop réfléchir, j'ai décidé de récolter les gousses qu'ils avaient vaillamment produites. J'ai consacré beaucoup de temps à les écosser pour leurs graines, mais comme c'est le genre de tâche que j'aime bien faire le soir en fouillant sur internet, en écoutant la radio ou en regardant la télévision, cela ne m'a pas du tout embêtée. Sauf que j'ai fini par me dire que, génétique aidant... les plants provenant de ces graines risquaient fort de donner le même résultat que leurs parents : des avortons de racines immangeables ! Or, il n'est pas question de sacrifier l'espace précieux du potager pour risquer une récolte manquée ! Pourquoi donc n'y avais-je pas songé plus tôt ?

Les graines sont donc restées dans leur boîte pendant une couple d'années et je me demande encore pourquoi je ne me suis pas décidée à les jeter sur-le-champ. Bien m'en a pris, car l'évidence a enfin traversé mon esprit : puisque ces graines sont parfaitement capables de germer et de produire des plants vigoureux, je peux bien m'ouvrir les yeux et enfin reconnaître qu'elles peuvent aussi avoir une certaine valeur alimentaire, même si ce n'est pas celle que j'espérais. Je me suis dit qu'après tout, si je n'aimais pas leur goût, mes poules apprécieraient certainement un peu de verdure tout fraîche en plein hiver.

C'est ainsi qu'à la mi-novembre, j'ai réutilisé deux barquettes d'emballage alimentaire que j'ai remplies avec un bon terreau, dans lesquelles j'ai semé ces graines de radis "de mauvaise qualité". J'ai ensuite répété l'opération presque à toutes les semaines. Les jeunes pousses croissent à toute vitesse. 

Sous la lumière fluorescente de mon étagère, les pousses de radis font désormais partie de mes plantations intérieures hivernales, avec des pousses d'épinards, de moutarde, de mâche, de mini pak choi et autres. Ici, quelques barquettes à différents stades de croissance. Les deux qu'on voit en arrière-plan,(à gauche et au centre) débordent de pousses de radis.

Je laisse grandir certaines espèces de légumes assez longtemps pour qu'ils arrivent à peu près à maturité. C'est le cas de la mâche et du chou mini pak choi. J'en sème environ 16 par barquette. Un mois et demi plus tard, je commence la récolte par les plus gros, pour faire un peu plus de place à leurs voisins et je continue cette récolte sélective en finissant avec les individus qui ont été les moins vigoureux. 

Mais dans le cas de la moutarde et du radis, je sème très serré, entre 100 et 200 graines par barquette. Les pousses de radis croissent beaucoup plus vite que la moutarde et je peux les récolter au bout de dix à vingt jours, à grands coups de ciseaux. 

Une poignée de jeunes pousses de radis peut garnir une assiette ou agrémenter une salade. Leur goût extrêmement frais est caractéristique des radis, mais bien meilleur que celui des feuilles matures. De plus, il n'est pas aussi piquant que le radis lui-même ou les pousses de moutarde. Une fois la récolte faite, je réutilise mes barquettes et ma terre et je ressème.

Après la récolte, j'arrache les bouts de tiges et leur racine, je grignote les quelques pousses qui avaient échappé aux coups de ciseaux, puis je retourne le terreau pour enterrer ces restes végétaux. Ensuite, je ressème aussitôt de nouvelles graines dans la même barquette et le même terreau. Après la deuxième ou troisième récolte dans cette même barquette, je fertilise mon terreau avec du thé de vermicompost et je recommence les semis.

Radis rouges, radis verts, radis blancs : c'est l'abondance sous diverses formes, textures et couleurs, c'est le miracle de pouvoir s'approvisionner à des sources variées, et ce, même durant les jours les plus courts de l'hiver. C'est la bénédiction de pouvoir manger tout frais même par grand froid, quand le jardin est endormi sous la neige et que la promesse du renouveau printanier est encore éloignée... Cela vaut bien la peine de dire merci et d'apprécier pleinement chaque bouchée. 

Radis rouges que je n'ai pas eu le plaisir de cultiver moi-même.
Ces radis ont été achetés à l'épicerie cette semaine. Je ne pourrai pas en utiliser les feuilles, car elles sont beaucoup trop abîmées et, de toute façon, nous n'apprécions les feuilles matures de radis qu'en très petites quantités à la fois. Qu'à cela ne tienne ! Nos poules seront ravies de s'emplir le jabot de verdure  !

Radis verts sous forme de pousses toutes jeunes, toutes fraîches, à la fois tendres et croquantes. Je fais exprès d'en produire plus que nous pouvons en manger. Ces surplus serviront à mieux nourrir nos poules. Elles aussi apprécient grandement toute la valeur nutritive des jeunes pousses végétales.



Radis blanc. Les trois-quarts de cet énorme radis daikon ont servi d'ingrédient dans trois repas différents. Il vient, lui aussi, tout droit de l'épicerie. C'est un produit bio, local par-dessus le marché. Son goût est doux, il est juteux et croquant sous la dent. Un maraîcher québécois a cultivé ce beau légume tout en longueur que je ne suis jamais arrivée à produire de façon satisfaisante dans mon potager. 
Merci !


J'ai servi cette belle assiette lors de notre réunion familiale du temps des Fêtes. Elle est composée uniquement de radis.

 
Les radis sont donc plus versatiles qu'on le pense généralement :

D'abord, il s'agit de légumes communs. Selon le site anglophone de Wikipédia, il se cultive sur la planète environ sept millions de tonnes de radis annuellement. Ceci représente environ 2% de la production globale de légumes.

Alors, si je résume, on peut manger différentes parties des plants de radis : sous forme de jeune pousse verte, on cueille la tige et le feuillage naissant. Une variante consiste simplement à faire germer les graines dans un contenant en verre, sans terreau. Hélène vous explique comment dans cet article
Au printemps, en pleine terre, on récolte plutôt leur racine charnue, petite ou énorme, selon l'espèce ou la variété, et dont la peau peut être rouge, blanche, jaune, rose, pourpre, deux couleurs ou même noire. 

Saviez-vous qu'on peut faire cuire les radis de toutes sortes de manières ? 
 Et si nos papilles gustatives sont d'accord, on en profite pour utiliser aussi les feuilles matures, crues en salade ou comme ingrédient secondaire dans un sauté de légumes. Hélène, pour sa part, nous apprenait, en novembre 2013, qu'elle préfère préparer les radis en conserve lacto-fermentée.

Mais si on laisse la plante grandir jusqu'à former ses gousses de graines, on peut croquer celles-ci quand elles sont encore jeunes, tendres et juteuses. Certaines personnes les font mariner. On peut aussi cueillir les fleurs de radis pour en garnir une salade. Je suis certaine que si je m'arrête un instant pour apprécier leur beauté toute simple, l'idée me reviendra d'essayer d'y goûter ! Et si jamais il m'arrive encore d'oublier quelques avortons dans mon jardin, je pourrai de nouveau en sauver les graines pour les faire pousser en plein hiver ! 

3 commentaires:

  1. Bonjour, serait-ce possible de nous faire une compilation de vos meilleures variétés de plantes comestibles ou qui se consomment en tisane par exemple, légumes, fruitts. Merci

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  2. Wow ! C'est une belle suggestion. Je retiens l'idée. Mais je sais que ça représente au moins quelques heures de travail, si je veux faire une liste exhaustive. Alors, je ne vous promets pas de date de publication ! Merci beaucoup pour votre intérêt et bon printemps !

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