mercredi 17 août 2016

Le velour de la pêche, prise 2


Suite d'un article datant d'Août 2012.

Hélène:


Les fruits encore très verts.
Trois ans. Cela aura pris trois ans de repos à mon pêcher avant de me faire à nouveau des fruits. L'attente fut longue! Mais comme elle en valait le coup! Il a également fallu que je marche sur mes principes et que je concède à donner à cet arbre de l'engrais commercial pour aider à la fructification (je déteste avoir à ajouter ce genre d'amendement à la terre, mes principes de permaculture me dictant que si j'ai mis les bonnes plantes aux bons endroits, je ne devrais pas avoir à le faire). On m'a dit que de l'engrais de tomates ferait très bien l'affaire. J'en ai donc mis au printemps et à l'automne 2015, puis encore au printemps 2016 et nous voilà à l'été 2016. Heureuse de pouvoir annoncer que j'aurai cueilli et consommé 31 des 44 fruits que mon arbre a donné. J'en aurai perdu entre 8 et 10 aux écureuils qui, étant de véritables terreurs de la nature, ont goûté à plusieurs fruits non mûrs, les ont jetés au sol et ont pris la poudre d'escampette. Il y aura 2-3 autres fruits qui resteront dans l'arbre: mon échelle n'est pas assez haute et je ne souhaite pas me casser le cou pour une pêche - quoiqu'elles en vaillent quasiment la peine!

À quelques jours de la cueillette, on voit l'abondance.
 Je ne protège pas mon arbre. Je n'arrose pas mon arbre. Si j'avais plusieurs arbres, peut-être que j'utiliserais des méthodes pour mieux les protéger des parasites qui profitent énormément d'une monoculture. Mais mon jardin a tellement de plantes différentes - certaines qui attirent entres autres les prédateurs de ces parasites - qu'avec un seul arbre, les techniques commerciales ne sont pas nécessaires. J'avoue que je ne tiendrais pas non plus à arroser mon arbre avec du poison.

Mais il faut être prêt à avoir l'occasionnel fruit piqué, l'occasionnel fruit déformé. Il faut être prêt à souffler la vingtaine de fourmis qui se délectent de la chair à l'endroit où le fruit a été mâché par un écureuil (et je sais que ça, ça ne plaira pas à tout le monde, mais moi, ça ne m'embête pas. D'ailleurs, pour mes amis qui ont goûté à mes pêches, ne vous inquiétez pas, ces quelques fruits-là, je les ai gardés pour moi!). Malgré tout cela, j'ai eu vraiment une merveilleuse récolte, avec plus de la moitié qui était en parfaite condition et un seul fruit vraiment déformé.

 Note de Louise : Je crois que ton arbre s'est fort bien débrouillé. En effet, les producteurs agricoles récoltent eux aussi leur lot de fruits ou légumes moches ou abîmés. Mais il ne peuvent pas les vendre aux épiceries, d'habitude, car les consommateurs lèveraient le nez dessus.

On voit ici l'imperfection du fruit de gauche et la bouchée prise par un écureuil qui n'a finalement pas aimé à droite.
Des traces de piqûres d'insectes sont visibles sur mes fruits.
 J'ai donc eu des fruits savoureux et juteux (le genre de fruits qu'on mange au-dessus de l'évier), une chair qui se détache pratiquement toute seule du noyau et surtout, des fruits qui n'ont rien à voir avec les fruits grumeleux de l'épicerie. Mais pourquoi sont-ils comme cela, à l'épicerie? Il y a quelques raisons bien simples. 


Premièrement, ils sont cueillis verts ou a tout le moins, pas encore assez mûrs. S'ils étaient cueillis à point, ça serait de la purée après le long voyage (parfois des centaines de kilomètres) jusqu'à l'épicerie. Surtout des fruits délicats comme des pêches où la moindre bousculade réduit le fruit en compote.

Deuxièmement, les cultivars commerciaux sont choisis selon des critères bien différents de ceux du consommateur, mais qui font du sens pour le producteur. Plutôt que de miser sur le fruit le plus juteux, ou qui a meilleur goût, un producteur aura intérêt à avoir un cultivar qui se conserve bien, ou qui se transporte bien. Ainsi, le goût - bien qu'un critère important, n'est pas ce sur quoi le producteur base son choix lorsqu'il achète un cultivar. D'ailleurs, ce commentaire s'applique sur tous les fruits et légumes qu'on trouve en épicerie, des fraises de Floride aux bleuets du Mexique. Lorsqu'on va au marché local où les fermes du coin tiennent un comptoir, on peut s'attendre à ce que le goût - et non la transportabilité - soit plus important. Eux n'ont pas des centaines de kilomètres à faire pour vendre leurs produits, donc ils peuvent se permettre de choisir des cultivars qui sont réputés pour leur goût avant tout.

Louise:

Troisièmement la pêche, tout comme les nectarines, les bananes et les patates douces, ne supporte pas bien du tout la réfrigération, selon Ken Allen, qui explique pourquoi dans son livre Sweet potatoes for the home garden (page 32). En gros, les pêches étant naturellement portées à mûrir très vite après la récolte, elles doivent être réfrigérées avant d'arriver au consommateur. Mais ce processus affecte leur goût et leur texture et du moment qu'on les ramène à température pièce, par exemple dans un panier sur le comptoir de cuisine, plusieurs d'entre elles se mettent rapidement à pourrir, peu importe leur apparente perfection quelques heures avant.

De retour à nos pêches, je ne vous étonnerai donc pas en vous disant à quel point mes pêches - malgré l'attente de 3 ans - sont un franc succès. Elles n'ont pas d'égal et nous nous en sommes régalés!

Les récoltes de pêches et de framboises dorées se côtoient chez moi. Cela a fait plusieurs déjeuners de rois!
 

dimanche 10 juillet 2016

Cette terre de roche dont nous sommes désormais les gardiens



Louise :
C'est un rêve que nous caressions depuis longtemps mon mari et moi: avoir un lopin de terre à la campagne. Tous deux pour l'investissement. Il nous semblait sensé d'investir dans une propriété car, comme nos parents et grands-parents l'ont souvent répété : "La terre, ça ne pourrit pas." Ils voulaient exprimer par là que la terre a toujours été et sera toujours un bon investissement. Et puis sur une terre, on peut produire une bonne partie de sa nourriture, point d'intérêt majeur à mes yeux de jardinière permacultrice.

Serge, en fier propriétaire, fait le tour de notre
nouveau domaine sur son "nouveau" quad usagé.


Mon mari entretenait aussi ce rêve pour se rapprocher de la nature, pour la production de sirop d'érable, pour les ballades à pied ou en raquettes, en Quad ou en motoneige, pour la machinerie à opérer (c'est son âme de petit garçon qui joue avec ses gros camions qu'il n'a jamais perdu) et pour les projets de rénovation et de construction. Également pour avoir une seconde résidence, aussi humble soit-elle; il a toujours rêvé d'un chalet.




Ce potager vous intrigue ? Patience !
J'aurai l'occasion de vous en reparler.


De mon côté, j'avais le goût de jardiner en plus grand, d'expérimenter de nouvelles choses, d'avoir des arbres fruitiers, de faire des récoltes forestières, d'élever quelques animaux et finalement, de jouir d'un plus grand sentiment de sécurité grâce à une autosuffisance plus grande. Nous étions également prêts à nous embarquer dans un projet que nous pouvions partager d'abord entre nous deux, puis avec d'autres, de différentes manières.
Bien sûr, nous nous doutions bien que les plans que nous avions prévus ne se passeraient pas tout à fait comme nous l'avions rêvé au départ, et c'est exactement ce qui s'est produit d'ailleurs, dès le début. Mais nous nous sommes résolument abandonnés aux différents imprévus et nous sommes encore là, trois ans plus tard, sans regrets, l'esprit empreint d'une plus sage humilité qu'auparavant, la tête encore pleine de projets, le coeur gonflé d'appréciation pour cette belle expérience de vie. 



Notre terre s'étend sur presque 80 acres. Elle est donc considérée comme une fermette, c'est-à-dire qu'elle n'est pas assez vaste pour être une vraie ferme, selon les critères de l'industrie agricole moderne, du moins. Elle est située dans une région rocheuse, mais riche en eau, boisée et accidentée. Du point de vue agricole, elle est considérée comme une terre à bois, car elle est composée à 80% de forêt mixte naturelle à différents stades de maturité, à 10% de monocultures de conifères plantés trop serrés, à 5% de pâturages à moitié retournés à l'état sauvage et à 5% de terrain dégagé où sont installés deux maisonnettes, quelques bâtiments en fort mauvais état, des étendues de pelouse, les voies d'accès et un tout petit lac alimenté par une des nombreuses sources qui jaillissent ici et là, sur la terre, habituellement au pied de caps rocheux plus ou moins imposants. La terre comporte aussi une sablière, un cédrière, deux ruisseaux permanents et de nombreuses zones marécageuses.
Je vous préviens, pour chaque magnifique photo que je peux vous présenter de cette terre, je peux aussi vous en sortir une autre, exposant éloquemment toute sa laideur. C'est que nous avons acheté, en connaissance de cause, Les arpents verts. (J'aime bien aussi cet extrait.)


Première année, été 2013 :


Eh oui, cela m'aura pris trois ans avant de parler de notre aventure sur notre blogue. Mais voyez-vous, notre énergie a été entièrement canalisée pour simplement remettre un peu d'ordre dans tout le fouillis dont nous avons hérité, pour  faire les réparations les plus urgentes et pour décider de l'orientation générale de notre projet. Par exemple, pour aplanir le terrain irrégulier, les propriétaires successifs ont déversé toutes sortes de déchets solides dans les creux et les pentes, puis les ont enterrés sous un ou deux pieds (30-60 cm) de terre. Avec le tassement des matériaux, certains déchets sont remontés d'eux-mêmes à la surface et nous sommes tombés sur les autres par accident, au hasard des coups de pelle ou des coups de sabots des chevaux. Voici un échantillon des trésors archéologiques que nous avons ainsi déterrés : un sommier de métal, un radiateur, des seaux de plastique à moitié remplis de ciment séché, un sac à poubelle contenant des cintres. À cela s'ajoutent toutes sortes de choses empilées en surface : des rouleaux de fil barbelé, des barils métalliques si rouillés qu'ils s'étaient repliés en deux par le milieu, des coussins de divan à moitié enterrés dans les feuilles mortes. Le dernier propriétaire, quant à lui, a négligé l'entretien des bâtiments et de l'une des deux maisonnettes. De plus, comme personne ne sait jamais quand on peut avoir besoin d'une pièce pour réparer la machinerie ou d'un bout de bois pour boucher un trou sur la cabane à chien, il nous a laissé en héritage précieux tout un fouillis, déposé çà et là, au petit bonheur en espérant que cela soit utile un jour : par exemple, 4 tondeuses à gazon, dont aucune ne fonctionnait.

 Résultat : nous avons passé le plus clair de notre premier été à solidifier des balustrades de galeries, à réparer de la plomberie qui fuyait, à brûler du bois inutilisable parce que trop pourri, à vider les bâtiments et sous-sols, à transporter des remorques débordantes de machinerie diverse et de pièces de métal orphelines, pour les revendre au ferrailleur (au moins, cela payait l'essence) et à faire un tas de détritus qui s'étendait sur 30 pieds (10 mètres) de long pour la journée de collecte municipale des gros rebuts. Les pauvres éboueurs ! Et trois ans plus tard, ce n'est toujours pas fini. 


Cette roulotte a été notre résidence secondaire dès le
premier été. Nous l'avons déménagée dans un recoin discret

pour gagner un peu d'intimité et pour l'entourer de beauté.
Elle aussi est due pour une bonne rénovation, en passant. 
Mais aussi, l'ancien propriétaire nous a laissé beaucoup de matériel utile, par exemple, quelques bons outils de jardin, une bonne quantité de pots et plateaux pour faire des semis, une grande table de jardin, de vieux outils de menuiserie encore très bons, des seaux pour recueillir l'eau d'érable, avec leur couvercle, une fendeuse à bois, une machine à débroussailler, une roulotte de 23 pieds, modèle datant de 1976, qui nous a abrités dès le premier été, mais qui avait été installée de façon inesthétique juste devant la grande fenêtre de la deuxième maisonnette.
Serge aux commandes de "la chose".

Ajoutons à ceci qu'un ami cher à ma soeur, fermier de son état, a pris sa retraite et vendu sa ferme. Il nous a donné ou vendu, souvent pour une bouchée de pain, de la machinerie et du matériel en parfait état de fonctionnement, et a déniché pour nous un vieux tracteur pas cher. En échange, nous avons fait de la place à ce dont il ne voulait pas se départir, soit son propre tracteur, son Quad et un cheval auquel il était particulièrement attaché. 


Comme nos petits bâtiments de ferme étaient déjà pleins à craquer des trésors et détritus dont je vous ai parlé plus tôt, il nous a fallu acheter cinq abris Tempo usagés pour entreposer ce qui doit être protégé de la pluie. 

Les chevaux de ma soeur passent toute l'année dehors,
hiver comme été. Ils sont superbes, en parfaite santé,
et certainement plus heureux qu'à ronger (littéralement)
les planches de leur box à l'intérieur. Un cheval peut
très bien supporter nos hivers rigoureux sans aucun
problème, si quelques conditions essentielles sont réunies.
D'abord, ils doivent pouvoir se protéger des vents les plus
froids et des pluies glaciales parfois verglaçantes.
Il leur faut donc un abri sommaire les protégeant de
ces deux éléments. Aussi, il leur faut du foin sec de bonne
qualité à volonté, de l'eau fraîche maintenue au-dessus
du point de congélation et une ration suffisante
d'aliments caloriques pour leur permettre de
 produire leur propre chaleur (de l'avoine et, pour le 
plaisir, pommes, carottes ou betteraves fourragères,
par exemple).
Nous avons loué la maisonnette qui est en bon état à ma soeur. Huit chevaux sont aussi arrivés et nous nous sommes laissés convaincre d'acheter un lama mâle de 9 ans pour 165$ plus 100$ de transport. Mais il a fallu bâtir en vitesse des enclos pour ces animaux, ce sur quoi quelques personnes ont mis le plus clair de leurs énergies. Comme ni l'eau, ni l'électricité ne se rendaient aux enclos, il a fallu fonctionner tout l'hiver avec des extensions électriques pour les chauffe-eau et des boyaux d'arrosage autovidants pour emplir les abreuvoirs. Et ce, par un hiver particulièrement rigoureux. Dès le début décembre, notre lama claquait tellement des dents que nous lui avons bâti en vitesse un abri temporaire fait de murs en balles de paille et d'une toiture en bois. Au printemps suivant, il avait passé à travers son hiver assez confortablement, mais avait grignoté la moitié de sa maison pour passer le temps et nous avons dû enlever la toiture avant qu'elle ne s'effondre sur lui, puis penser à un abri plus permanent en prévision de l'hiver suivant. (Nous l'avons bâti en bois, mais qui sait ? Si nous suivons l'histoire des trois petits cochons, peut-être notre lama finira-t-il ses jours dans un abri en briques ?)
Durant l'automne et l'hiver de cette première année d'occupation, nous avons mis quelques centaines d'heures à construire un nouveau bâtiment pour un autre projet, mais il a été rasé par le feu vers février. C'est la vie.

Dès les premiers mois, nous avons commencé à nous familiariser avec la faune et la flore qui habitait la terre. Un petit monde riche de variété! 

Ce petit amphibien est un triton vert, dans
sa forme juvénile. Durant cette période de sa
vie où sa coloration est si surprenante,
 on le surnomme "elfe rouge".
Orignal, cerf de Virginie, lièvre, gélinotte huppée, hibou grand-duc, urubu, buse, renard, coyote, glouton, ours noir se sont manifestés tour à tour, mais jusqu'à aujourd'hui, nous n'avons pas encore humé de parfum de mouffette. Quand on pense que nous habitons au Québec, ceci est un mystère pour moi. Nous entendons chanter les grives, les geais bleus, les parulines, les bruants, les pics et les chardonnerets. Jusqu'à maintenant, j'ai pu identifier quelques espèces de couleuvres, grenouilles et salamandres que nous retrouvons en grand nombre sur la propriété. Or, le monde scientifique sait que le nombre d'amphibiens et de reptiles est en forte diminution dans le monde, tout spécialement en zones polluées. Donc, l'abondance et la bonne santé de ces espèces animales dans un endroit donné est un bon indicateur que l'écosystème de ce lieu est en santé et que l'eau y est saine.


Nous avons acheté d'un ami de ma soeur environ 300
balles de paille pour 1$ chacune. Une aubaine, le prix
régulier étant de 4 ou 5$. J'ai réussi à installer 150 balles
pour "construire" le potager et j'en ai utilisé une trentaire
d'autres pour notre poulailler. Comme j'ai manqué
 de temps pour faire un jardin assez grand pour utiliser
toutes les balles de paille, j'ai dû abriter le reste de mon
trésor sous une toile pour l'hiver. Le printemps suivant,
j'ai encore agrandi le jardin. Ce printemps-ci, il me restait
 encore une dizaine de balles qui m'ont servi à "réparer"
mes plates-bandes existantes, ce printemps.
Mais cette toile bleu vif a "agrémenté" 
le paysage pendant près de deux ans !
Deuxième année : 
Au printemps 2014, j'ai démarré notre premier jardin. Comme j'ai fait le choix de ne pas labourer, j'ai utilisé des balles de paille comme médium de plantation. Attention, il n'est pas possible de faire pousser directement une plante dans une balle de paille parfaitement sèche et bien conservée. Il y a une marche à suivre pour préparer la paille, méthode dont je vous expliquerai les étapes dans un article prochain. 

Nous nous sommes retrouvés à cinq familles pour partager l'espace dans ce premier potager. Nous avons eu un beau succès, déjà, pour cette première saison.              

Et il y a eu la récolte de pommes. Je ne vous l'ai pas dit, mais nous avons plus de vingt pommiers répartis un peu partout sur la terre. Comme ils ont été taillés dans leur jeune âge, puis abandonnés à eux-mêmes pendant plusieurs années, ils ont produit une grande quantité de branches verticales, ce qui favorise la production d'une multitude de pommes petites et imparfaites, plutôt que de beaux gros fruits ronds, mais moins nombreux. Nos pommes sont donc loin d'être des fruits parfaits, mais cela ne les empêche pas de faire nos délices.

Nous avons transformé un enclos à chien en poulailler, pour y élever 60 poulets à chair, que nous avons achetés à l'âge d'un jour. Nous avons utilisé des matériaux usagés, comme cet immense réservoir gris, équipement industriel qui, couché sur le côté, a été parfait pour conserver toute la chaleur nécessaire durant les premières semaines. Tout l'enclos d'origine, fait de clôture métallique grillagée, est doublé de grillage à poulets (plancher en terre battue et plafond inclus) pour bien protéger nos animaux des prédateurs. J'ai mis des heures à coudre ensemble les bandes de grillage avec du fil de fer. Il a aussi fallu ériger une toiture. En guise de murs, j'ai empilé des balles de paille contre le grillage et recouvert de plastique leurs côtés qui étaient exposés aux éléments. La paille est un excellent isolant et elle a bien protégé les poussins de la pluie et des nuits trop fraîches.



Au centre de cette photo, à droite de la porte à deux battants, on aperçoit les rebords gris d'un réservoir récupéré dont les parois isolées forment un abri parfait pour les poussins frileux, car encore trop jeunes pour avoir des plumes. L'intérieur du poulailler est chauffé par deux lampes à infrarouge. 

De son côté, Serge s'est procuré une mini-excavatrice remorquable et a passé une bonne partie de son été à creuser de profondes tranchées un peu partout, pour amener l'électricité et l'eau courante près  du potager, de la roulotte et surtout, près des enclos d'hiver des chevaux.  Le deuxième hiver a donc été beaucoup plus facile pour s'acquitter du "train", la routine quotidienne qui consiste à s'occuper des animaux de la ferme (les chevaux et le lama, dans notre cas). Nous avons aussi dû faire venir plusieurs camions de gravier grossier pour améliorer la portance des surfaces où les tracteurs doivent circuler.


Notre serre en cours de construction à
l'automne 2014.
À l'automne, je me suis mis en tête de construire une serre à partir de plastique usagé et de bois de construction recyclé. Serge a travaillé avec moi sur la structure de base. Nous avons pu protéger plusieurs plants de tomates jusque vers la fin novembre. Mais nous avons fait des erreurs de débutants sur les rallonges de côté de la structure et durant l'hiver, ces deux parties se sont effondrées. Nous n'avons pas encore reconstruit. J'aimerais bien m'attaquer à ce projet cet été, ou à l'automne, si nous en avons le temps.




Les côtés de la serre se sont effondrés sous le poids de la
neige vers la fin février 2015.

Troisième année

Au printemps 2015, j'ai doublé la surface du potager en utilisant la quasi-totalité des balles de paille qu'il me restait. Le nombre de familles cultivant cet espace est resté à cinq, mais tous n'y ont pas mis autant d'implication. Serge a complété son installation électrique extérieure et nous avons, ensemble presque triplé l'espace occupé par les poulets en utilisant l'enclos à chien adjacent au premier. C'est devenu une basse-cour couverte. 


Notre jeune coq, P'tit Coeur, et trois de ses poulettes, dans la nouvelle basse-cour abritée par un toit. J'ai aussi aménagé un carré de sable.


Cette fois, nous avons commandé 90 jeunes poulets mâles. Sans l'avoir planifié, au moment d'amener nos jeunes poulets à l'abattoir, à la fin de l'été, nous avons pris la décision d'épargner la vie d'un jeune coq fort amical. Par-dessus le marché, nous avons découvert que 5 poulettes nous avaient été livrées par erreur dans un lot qui n'aurait dû contenir que de jeunes coqs. Les poulettes ont commencé à nous donner des oeufs vers la mi-décembre.

Nous aimons bien dire que le chalet a
"besoin de beaucoup d'amour" pour
illustrer l'ampleur des travaux de
réfection à effectuer.
À l'automne, Serge a entrepris de refaire la toiture du corps principal de la 2e maisonnette, que nous appelons le chalet. Cette partie est désormais en tôle rouge vif. Il lui restera à faire la partie arrière de la toiture cet été (c'est la partie du toit qui est plus basse, située à droite sur la photo). Fin décembre, nous avons décidé de reprendre cette habitation pour nous-mêmes. Jusque là, une autre locataire y avait habité. Durant cet hiver, nous avons commencé par faire un ménage monstre du sous-sol et Serge s'en est approprié la majeure partie  pour y installer son atelier, un espace dont il avait grand besoin pour pouvoir travailler à l'aise et au chaud !



Productivité!

Le bonheur en photo... un tournesol, un ciel bleu et de gros nuages blancs.
Notre propriété étant une terre à bois, nous n'avons pas de vue panoramique sur cette contrée vallonnée que sont les cantons de l'Est. Le ciel se pare de belles couleurs à l'Ouest au moment du coucher du soleil, mais l'astre lui-même passe derrière les arbres avant de se transformer en boule de flammes aux tons roses et orangés. Par contre, à tout moment de la journée, il n'y a qu'à lever les yeux au ciel pour découvrir une vaste étendue où le vent joue avec les oiseaux de proie qui tournent en rond ou pousse les troupeaux de nuages à travers leur pâturage bleu. De nuit et par temps dégagé, nous sommes si émerveillés par le firmament rempli d'étoiles que nous préférons garder fermées toutes les lumières extérieures. Et les levers de lune sont spectaculaires. Celle-ci donne une luminosité suffisante pour pouvoir se déplacer pratiquement comme en plein jour dans les zones sans arbres. Et puis, écouter le chant des coyotes ou des grands ducs par une nuit tranquille de pleine lune est une expérience grisante !


Conclusion :


Bien sûr, ce n'est pas vraiment la conclusion!  Après tout, l'histoire est en plein développement. Des projets, il y en a et il y en aura pour plusieurs années à venir, nous l'espérons. Mais, après avoir fait, dans les premières années d'existence de notre blogue, un faux démarrage sur ce que nous croyions être le troisième jardin, nous réitérons ici: Bienvenue au troisième jardin de "Trois jardins au Québec" !
En période estivale, nous laissons Matchou, notre lama, circuler librement dans les limites de la partie habitée de la terre, ce qui peut parfois résulter en drôles d'anecdotes ! D'ailleurs, nous laissons régulièrement les chevaux bénéficier du même privilège, le temps qu'ils nous fassent la pelouse.


vendredi 27 mai 2016

Les Incroyables Comestibles


Hélène:
Connaissez-vous les Incroyables comestibles (Incredible Edibles en anglais)? Le mouvement a démarré en 2009-2010 à Todmorden, dans le nord de l'Angleterre. Il s'agit d'un mouvement qui souhaite utiliser les espaces publics dans le but spécifique de faire pousser des plantes comestibles accessibles à tous les résidents. C'est une nouvelle manière de renforcer la communauté et d'être inclusif: comme Pam Warhurst le mentionne, "If you eat, you're in." ("Si vous mangez, vous faites partie du club."). Voici d'ailleurs son fabuleux Ted Talk sur le projet (vous pouvez mettre les sous-titres en français).

Eh bien, ce modèle a traversé les océans il y a de cela quelque temps déjà. Cette année, à St-Timothée, une belle initiative citoyenne pour un sentier comestible verra le jour d'ici la fin du mois. La très merveilleuse Jasmine Kabuya Racine, ainsi que ses collaboratrices Annie Vallières, Martine Chouinard, Isabelle Pépin, Guylaine Jeannette, Alexandra Verner, Audrée Bourdeau (agente vie de quartier au PRAQ) et Maggy Hinse (conseillère en environnement à la ville) parlent de ce projet dans une vidéo:
 

Espérons que le projet prendra encore de l'ampleur au Québec!

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MISE À JOUR :
Jasmine parle du projet et comment la plantation s'est déroulée sur son blog. Elle invite d'ailleurs tous ses voisins à se joindre à elle pour la grande ouverture du sentier comestible le 23 Juin 2016.
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Peut-être retrouverons-nous sur ce sentier des fraises "quatre saisons" (des fraisiers à jours neutres)? Comme cela, les randonneurs auraient le plaisir de trouver quelques fraises du mois de juin aux gels d'automne !


jeudi 28 avril 2016

Grimace la Limace

Hélène:
En Mars 2014, une grande chose est arrivée dans ma vie. Quatre livres, sur lesquels je travaillais depuis 2 ans, ont été publiés! La série se nomme "Les Aventures de Grimace la Limace". Ce sont quatre merveilleux livres cartonnés de 16 pages chacun, pour les enfants de 3 à 6 ans, dont je suis l'auteure et l'illustratrice.

Chaque livre termine également avec une section "Sais-tu que" dans laquelle un détail sur les plantes ou les insectes est discuté. Les livres on été publiés aux Éditions Broquet et sont disponibles presque partout au Québec, quoique la librairie à laquelle vous les demanderez devra probablement les commander (ça fait deux ans qu'ils sont sortis, c'est normal!). Vous pouvez également les trouver sur Amazon.  

Voici la page facebook de Grimace. Mais la véritable nouvelle, c'est qu'aujourd'hui, j'ai finalement mis en ligne mon site web personnel. Étant donné que le sujet de mes quatre premiers livres concorde si bien avec notre site sur le jardinage, je me suis permis d'en faire la promotion ici. Bienvenue dans le merveilleux monde du jardin illustré! Si vous avez un projet qui requiert un illustrateur, n'hésitez pas à me contacter!

mercredi 23 mars 2016

Veseys et Cheerios

Sans les abeilles, bye-bye jardin.

Quel est le lien entre Veseys et Cheerios? Et bien les deux compagnies sont entrées dans un partenariat fabuleux. Pour sauver les abeilles (Cheerios), les deux compagnies ont mis sur pied un projet où tout les participants reçoivent des graines de fleurs dont raffolent les abeilles, gratuitement (Veseys). Les participants sont aussi entrés dans un concours dont le prix est un de 5 aménagements floraux pour votre espace jardin d'une valeur de 5000$.

Voici donc le lien pour participer. Faites vite, le concours termine le 5 mai 2016. Le concours est ouvert à presque tous les canadiens (lisez les règlements pour en savoir plus).









Une simple photo pour mettre du bonheur dans cet article.


MISE À JOUR, LE 15 AVRIL 2016:
J'ai reçu mes semences!
MISE À JOUR, LE 10 AOÛT 2016:
Enfin tout a fleuri! Des fleurs blanches à gauche (Lobularia Maritima) au jaune-orange des pavots de Californie, il y a aussi là-dedans des marguerites de toutes sortes! Dans le fond, vous pouvez voir le jaune lime de mon origan doré à gauche et les feuilles ciselées groupées par trois d'une variété de fraises spéciales (en haut, à droite, vert foncé).
Une amie m'a permis de vous présenter une photo qu'elle a prise chez elle et qui présente ses résultats avec le sachet cadeau! Merci Ève-Marie!

lundi 29 février 2016

Les succès et les échecs 2015 - partie 3

Louise :

Le petit jardin de ville à l'arrière d'un immeuble à logement n'est plus, sa propriétaire ayant déménagé l'année suivant sa construction. Du point de vue de notre blogue, il a été remplacé par un jardin de campagne sur une terre agricole, qui devient donc officiellement le "troisième jardin". Mais pour ne pas nous distraire de notre sujet d'aujourd'hui, je ne vous raconterai pas son histoire, ce sera pour la prochaine fois. Je vous parlerai plutôt de ses récoltes.
Sur notre terre à bois, les roches constituent une "récolte" omniprésente.
Comme j'aime bien garder le meilleur pour la fin, je vais donc commencer par ce qui n'a pas très bien fonctionné.

Les échecs à la ferme :
J'ai semé cette verdure en mars, sous la serre,
alors qu'il y avait encore beaucoup de neige
à l'extérieur. J'ai laissé deux des quelques
plants obtenus monter en graines, que j'ai
récoltées pour l'an prochain.
Ils ne sont pas vraiment nombreux et s'expliquent par la température très fraîche de l'été 2015: les poivrons ont très peu produit et, tout comme à la maison, nous n'avons mis la main sur aucune aubergine. Les cerises de terre ont été très décevantes, aussi. Pratiquement pas de framboises rouges sauvages non plus, contrairement à l'an passé. Seulement deux plants de courgettes sur six ont survécu à l'étape de la transplantation et ils ont produit, mais pas en grande abondance.
Je n'ai pas réussi à faire germer beaucoup de mâche et les quelques plants obtenus ont pris une éternité à grandir. Pour une première expérience avec cette verdure, ce n'est pas une réussite !
J'ai voulu établir de nouveaux légumes vivaces, dont des oignons égyptiens et de la ciboulette. Une demi-douzaine de plants de ciboulette (sur une possibilité de trois douzaines ou plus) ont réussi à pousser et j'ai perdu tous les oignons égyptiens. Pour quelle raison ? Ils étaient à deux endroits différents du jardin. Les oignons étaient à une extrémité d'une nouvelle plate-bande en pleine terre, alors que l'ail était à l'autre extrémité. Les oignons sont tous morts, mais l'ail a poussé (j'en parlerai un peu plus loin). Quant à la ciboulette, un facteur pouvait jouer en sa défaveur : la germination en ballot de paille n'est pas toujours uniforme, les deux principales raisons étant que les graines trop petites peuvent s'enfoncer dans la paille et que le taux d'humidité est plus difficile à maintenir. Mais je crois que j'ai évité ces deux pièges. Alors, mystère !

Les succès à la ferme :


Ce printemps, les fraisiers plantés l'année précédente
sont revenus en force. J'ai semé tout autour des oignons.
Ces deux plantes compagnes ont cohabité avec bonheur !
Petits fruits : nous avons deux douzaines de plants de fraises quatre saisons, dont la moitié  installés ce printemps (l'autre moitié, un an avant), ce qui nous a permis de récolter du début juin jusqu'aux gels les plus forts, à raison d'une poignée par jour en moyenne. Je m'assure que les jeunes plants, qui apparaissent au bout d'une longue tige envoyée par le plant-mère, s'enracinent bien, car ils assureront la continuité dans notre production. Nos plants sont installés dans la paille et ils semblent adorer cela. 
Les petits fruits de la morelle 'Wonderberry'.

 J'ai essayé un nouveau fruitier qui a produit en bonne quantité à partir de la mi-août : un hybride de morelle appelé 'Wonderberry' ou 'Sunberry' (Solanum Retroflexum aka Solanum x Burbankii). Si les gels d'automne n'étaient pas venus à bout des plants, je crois bien qu'ils seraient encore en train de produire ! Je raffole du goût de ces fruits, mais ils sont minuscules et il faut une grande patience pour les récolter. De plus, ils sont très fragiles (leur peau se déchire très facilement) et ne se conservent pas bien, mais ma soeur en a tiré une confiture sublime ! Leur peau ressemble à celle d'un bleuet, mais en plus mince. Leur chair, comme celle des bleuets, est pleine de minuscules graines qui ne diminuent pas l'expérience gustative, quoique plusieurs trouvent qu'ils ne goûtent pas grand chose. Attention ! IL paraît que cette plante se ressème allègrement. De plus, il ne faut pas manger les fruits verts (toxiques). Il ne faut pas non plus confondre cette plante avec la morelle noire (Solanum Nigrum), qui peut être mortellement toxique. 
Nous avons un immense bosquet de rosiers rustiques qui donnent des fruits, mais par manque de temps et pour la deuxième année, nous ne les avons pas récoltés. 


L'érythrone est une plante bulbeuse de nos
érablières qui se développe très lentement,
mais qui, avec les années, finit par 
couvrir
de grandes surfaces tôt au printemps.

Légumes et herbes vivaces : j'ai réussi à faire quelques récoltes une fois les plantes dûment identifiées. J'ai donc cueilli des feuilles d'érythrone d'Amérique, ou "dent de chien" (Erythronium Americanum), simplement pour y goûter, car cette petite plante est comestible. J'ai aussi récolté une grande quantité d'herbe-aux-goutteux (Aegopodium Podagraria), de la variété à feuilles entièrement vertes. Nous avons aussi du romarin et de l'origan. Comme nous avons de la menthe qui pousse en quantité sur le pourtour d'un petit lac ainsi qu'une douzaine de tilleuls matures, j'ai fait mes réserves annuelles pour mes deux tisanes préférées. 
Ceci est ma récolte de fleurs de tilleul 2015.
Vive l'abondance !
Légumes annuels : d'abord, les demi-succès. Si nous avons eu autant de tomates que l'an passé, c'est simplement parce que nous avions triplé le nombre de plants. La récolte d'ail n'a pas été aussi bonne que l'an passé, mais ceci peut s'expliquer autant par le nouvel emplacement de plantation (moins ensoleillé) que par la température. Les pommes de terre n'ont pas donné autant qu'espéré, mais elles ont été plantées dans une toute nouvelle plate-bande recevant tout juste huit heures de soleil et le sol n'y était probablement pas idéal. J'avais couvert la pelouse de plusieurs épaisseurs de carton, puis j'y avais versé du terreau à jardin (acheté en sacs), du compost et du fumier. Ce genre de terre n'est pas mauvaise en soi, mais en plantant tout de suite après la construction de la plate-bande, sa vie microbienne n'a pas eu le temps de se développer et de se stabiliser. J'ai remarqué que, souvent, les toutes nouvelles plates-bandes formées de cette façon donnent un rendement très moyen, du moins la première année.


À l'automne de 2013, nous avons
planté 28 bulbes d'ail à cou dur, une 
variété d'ail plus rustique que celui à 
tige tendre, qu'on retrouve dans les
épiceries. L'automne suivant (2014)
nous avons réservé 48 bulbes pour
les replanter (photo juillet 2015). En
octobre 2015, c'est 60 bulbes que j'ai
enfouis. C'est ainsi que notre récolte
grossit peu à peu. Chaque année, je
les replante dans un coin différent 
du jardin pour assurer une
rotation.
Par ailleurs, j'ai enfin compris comment avoir du succès avec les oignons : il faut les planter le plus tôt possible, car les variétés qui poussent bien par ici sont photosensibles. Elles arrêtent de faire pousser leur feuillage dès que les jours commencent à raccourcir, donc dès après le 21 juin. Or, lorsque le feuillage n'est pas suffisamment développé, l'oignon est mal équipé pour faire grossir son bulbe. Nous avons donc pu récolter des bulbes d'une grosseur plus respectable. Une première !

Plusieurs légumes ont donné une très bonne performance. Nous avons eu une récolte raisonnable de choux-raves (plutôt petits, quand même), de betteraves, de rutabagas et betteraves fourragères. J'ai planté ces dernières pour les donner à manger aux chevaux de ma soeur, cet hiver. Nous aurions pu en manger nous-mêmes : il faut les récolter lorsqu'elles sont jeunes et encore suffisamment tendres. Leurs feuilles aussi sont comestibles. Mais nous n'avons même pas pris le temps d'y goûter. Nous avons eu des carottes en quantité et de bonne taille. Les carottes que nous avons transplantées (un pari lancé par ma soeur aux plants arrachés pour éclaircir les rangs) ont même très bien repris, mais elles étaient difformes et certaines étaient aussi grosses et rondes qu'une pomme ! Délicieuses, tout de même.




 Les haricots nains et grimpants ont produit abondamment, ainsi que les pois et les radis. Les laitues romaines nous auront duré jusqu'à la fin août ! 
Une de nos nombreuses plates-bandes faites de ballots de paille d'avoine. Pour satisfaire la curiosité d'Hélène, la clôture couchée en arrière-plan avait pour but de faire obstacle aux chiens qui prenaient un raccourci à travers la plate-bande en pleine terre (qu'on ne voit pas vraiment bien sur cette photo) plutôt que de la contourner.


Haricots nains, courges hybrides, betteraves fourragères poussent sur des plates-bandes de paille. À l'arrière plan, un grillage adossé contre un tronc d'arbre sert de support à des pois mange-tout. À leur pied, de la laitue romaine d'un beau vert pâle.




Les brocolis sont cachés sous leur couverture flottante,
à gauche sur la photo, pour les protéger des insectes.
Les tournesols ont produit abondamment, ce qui nous a
permis d'offrir des graines en collation à nos poulets
pendant tout l'automne. 
Les brocolis, semés en surabondance par erreur, ont été transplantés et ont produit des têtes de taille respectable et une multitude de têtes plus petites en trois récoltes supplémentaires! J'ai appris que dans les climats doux, un plant de brocoli peut produire pendant au moins deux ou trois ans. Donc, si je les avais laissés en terre au lieu de les arracher vers la fin octobre, nous aurions peut-être obtenu encore quelques petites têtes. Mais j'ai préféré récolter les plus belles feuilles et donner les autres aux chevaux.

Les quatre plants de patates douces nous ont donné une récolte de 10 lbs ( près de 5 kg), soit le double de ce que j'ai récolté à la maison, à partir du même nombre de plants. Il est vrai qu'ils avaient plus d'espace à la ferme, mais le climat y est plus frais qu'à la maison. Dans les deux jardins, je considère quand même avoir remporté un franc succès, considérant que ce légume est extrêmement sensible aux températures fraîches.
 Nous avons récolté 68 courges (citrouille, Butternut, Buttercup et un délicieux hybride de spaghetti et de Buttercup, provenant de mon amie, Aya). Seule la Kumi n'a pas bien performé (un seul fruit). 

Nouveautés au jardin : j'ai réussi à faire pousser avec succès des plants d'amaranthe et de souchet comestible (Cyperus Esculentus), de la mauve verticillée (Malva Verticillata), bonne pour ses feuilles, ainsi que des Bunias d'Orient (Bunias Orientalis), une sorte de moutarde sauvage et vivace que je ne goûterai que l'an prochain.

Conclusion:
Jusqu'à maintenant, nous vous avons présenté un jardin situé dans un village, un autre en banlieue et, brièvement, un minuscule jardin de locataire, situé derrière un immeuble à logement. 
Bien sûr, le "jardin" que nous vous présentons ici est différent par bien des aspects : sa grandeur, son climat plus frais et plus venteux, la proximité de la forêt, la présence d'animaux domestiques et sauvages, tout cela change la donne. Je crois qu'il sera très intéressant de vous le faire découvrir peu à peu. J'ai bien l'intention d'expérimenter une foule de plantes, de techniques et d'approches dans ce magnifique espace et, au fil de l'évolution de ce blogue, nous vous tiendrons au courant !

Voici Petit Coeur (notre jeune coq roux, par terre en avant-plan) et trois de ses poulettes, en septembre. Ils sont tous nés le 10 juin 2015. Pour un deuxième été de suite, nous avons élevé des poulets à chair que nous avons envoyés à l'abattoir peu avant que cette photo soit prise. Nous n'avions pas l'intention de garder un seul de ces poulets pour l'hiver, le poulailler n'ayant pas encore été aménagé pour bien les protéger du froid et des intempéries. Mais Petit Coeur s'est vite fait remarquer par son empressement à nous suivre partout, à quêter des caresses et à observer de très près les travaux d'aménagement de la basse-cour. C'est ce qui l'a sauvé. Par-dessus le marché, parmi les poussins qui nous ont été vendus en tant que mâles, nous avons découvert cinq poulettes (le sexe des poussins fraîchement éclos est difficile à déterminer et se fait en examinant certaines plumes des ailes). Trois d'entre elles (les rousses) ont commencé à pondre à la mi-décembre.






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