jeudi 15 janvier 2015

Bienvenue au jardin d'hiver

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À mon réveil, j'ai une belle vue mon avocat à double tête.
Hélène :
Il y a longtemps que je souhaite faire un article sur les plantes d'intérieur, car il s'agit là d'une opportunité d'avoir des spécimens qui autrement ne poussent pas sous notre climat québécois.

Au réveil et vue d'en-dessous 
(elle est à côté de mon lit),
l'imposante forme de mon plant
de Dieffenbachia me donne
l'impression de me réveiller
dans la jungle.
Mais voilà: alors que certains ont une facilité enfantine à cultiver une plante en pot, pour moi c'est le contraire. Moins d'éléments sont sous mon contrôle et mieux la plante se portera. Il m'a fallu des années avant d'arriver à faire vivre (et non pas simplement survivre) une plante à l'intérieur.

Vous trouverez souvent des livres et des revues qui proposent des plantes d'intérieur absolument superbes. Mais selon mon expérience personnelle, ce sont des plantes qui ont de la difficulté dans les conditions environnementales de nos maisons: des maisons chauffées dont l'atmosphère est très sèche, du terreau qui perd ses nutriments après quelques semaines, peu d'éclairage naturel. Qui plus est, les fenêtres orientées au sud sont rares, surtout en appartement et bien que ça soit l'orientation optimale, au Québec ce n'est pas toujours suffisant malgré tout.

Un plant de jade (Crassula). Il avait un
beau tronc. Puis j'ai trop arrosé à un
moment et il a pourri. Heureusement
il y avait plein de bébés provenant de
 repousses pour prendre sa relève.
J'ai aussi appris que le type de contenant
sur la photo ci-haut n'était pas optimal pour
cette plante. Un contenant moins profond avec
une couche de gravier dans le fond
fonctionne beaucoup mieux (photo ci-bas).
Souvent, les plantes d'intérieur qui sont offertes sur le marché sont des plantes qui proviennent de régions tropicales... Notre environnement sec ne leur plaît pas particulièrement! Elles seront très belles dans les serres de la pépinière où vous les avez achetées, mais dans la maison, vous assisterez probablement à leur flétrissement graduel pendant d'agonisantes semaines! 
Il y a des exceptions. Par exemple, la photo ci-haut, à gauche, présente une plante tropicale qui survit facilement dans les appartements malgré leur atmosphère sèche: le dieffenbachia.


Certaines plantes tombent en dormance pendant l'hiver à cause du manque de soleil. Alors si vous ne changez pas vos habitudes d'arrosage (plus en été lorsque la plante grandit, moins en hiver lorsqu'elle se repose), vous aurez une plante qui peinera les pieds dans l'eau. En fait, le truc de l'eau, ce n'est pas telle quantité d'eau pour telle plante dans tel contenant; c'est plutôt une vérification à 2 cm de la surface qu'on fait avec le doigt. Si c'est humide (mais pas détrempé), pas besoin d'arroser. Pourquoi à 2 cm? Parce que la surface sèche rapidement et n'est pas représentative de la quantité d'eau que le terreau retient vraiment.




Bébés plants de jade tout frais.
Il est vrai que certaines plantes ont besoin de beaucoup d'eau et d'autres de très peu; par exemple, la plante de jade vue ici. C'est une succulente, donc elle accumule l'eau dans les feuilles, comme un cactus. Ça lui permet de passer de longues périodes sans arrosage et de n'utiliser que l'eau qu'elle a accumulée. Trop l'arroser, c'est la faire pourrir, carrément! Il faut vraiment laisser le sol se dessécher complètement (donc pas seulement en surface) avant d'arroser de nouveau. Et il ne faut pas arroser à petites doses à quelques jours d'intervalle, la plante n'aimera pas cela car ainsi, le sol ne devient jamais vraiment sec et donc ne permet pas à la plante de bien respirer. Les plantes de jade sont faciles à partager: on coupe un bout du plant mère (une branche qui a 4 à 6 feuilles), et on le replante dans un autre pot, de préférence un terreau qui se draine bien. Beaucoup de soleil assure une couleur optimale aux feuilles.
Boom! Même plante, un an plus tard. Vous ne vous trompez pas; la plante est beaucoup plus verte et beaucoup plus forte qu'avant. La sorte de contenant a beaucoup aidé pour m'empêcher de trop l'arroser et elle est maintenant orientée plein sud; c'est probablement pourquoi les feuilles sont d'un vert plus pâle et sont beaucoup plus grosses. La plante est vraiment en meilleure santé qu'elle ne l'a jamais été avant!
Malgré certains de mes échecs, j'ai toujours persévéré - par exemple, la plante de jade ci-haut a souvent souffert, mais est toujours restée en vie (elle a 13 ans). J'ai fait des bons coups et puis des mauvais coups. Avec les années, les bons coups se sont multipliés et les mauvais coups sont de plus en plus rares. Sur la photo suivante, voici justement une plante dont je suis très fière: mon limettier !
Note: "La lime (du persan لیمو limu) ou lime acide, est un agrume. C'est le fruit du limettier, arbuste de la famille des Rutacées, dont il existe deux espèces : Citrus latifolia et Citrus aurantiifolia. (Wikipédia)"


En été, mon limettier est dehors et en hiver, en-dedans. Sur cette photo,
Buttercup la minette est présente, si vous voulez jouer à
"Où est Buttercup?"

  Pas bête, un limettier ou un autre agrume!  Ça ne pousse pas sous nos climats, alors en avoir un en pot, c'est une belle manière de pouvoir quand même en profiter. Comme bien d'autres plantes, il y a une petite histoire derrière celle-ci: j'étais sensée avoir fait l'achat d'un citronnier Meyers. Mais, lorsqu'il est devenu clair que les fruits ne jauniraient pas, je me suis rendue à l'évidence qu'il s'agissait d'autre chose (j'ai attendu 4 mois qu'un fruit déjà mature change de couleur; hélas il est resté vert). Ce n'est pas la plus belle plante avec ses grands bras épineux qui s'accrochent à tout (spécialement au printemps, alors qu'elle perd presque toutes ses feuilles et que je m'imagine que je l'ai tuée). Mais elle a de grandes qualités. La première, qui est claire, elle fait des fruits qui sont tellement plus nuancés au goût que ces petites boules dures et vertes de l'épicerie. Deuxièmement, ce sont les fleurs. Mon odeur préférée entre toutes ! Dès que mon limettier est en fleurs, vous me trouverez souvent le visage enfoui entre les branches épineuses à humer profondément.
Nouveaux fruits et bourgeons du 
limettier.

Ce n'est pas une plante facile à faire pousser. Le soleil, en tout cas chez moi, n'est simplement pas suffisant en hiver, malgré la meilleure position dans la maison : une fenêtre en plein sud. Résultat, au printemps, elle perd la plupart de ses feuilles qui jaunissent (en taches jaunes qui grandissent et grandissent) et tombent et elle semble être à l'heure de son trépas lorsque je la sors dehors où elle reprend vivement sa santé. 2014-2015 sera son quatrième hiver.

J'ai lu ce livre il y a déjà quelques hivers. J'ai expérimenté à faire pousser des lentilles, de l'ail et... des avocats. Le résultat trône sur la photo principale de l'article (la première) et ici, à gauche. C'est un mastodonte qui a étrangement deux têtes sorties du même noyau. Il me salue tous les matins dès que j'ouvre les yeux. L'avantage de l'avocat, c'est que c'est une bonne plante pour débutant, car ses besoins sont faciles à deviner! Lorsqu'elle manquera d'eau, les feuilles s'abaisseront et donneront ainsi clairement le signal au jardinier négligent qu'il est grand temps de corriger la situation. Selon mon expérience, c'est une plante qui boit énormément (peu importe la saison). Elle a aussi besoin d'une bonne dose de soleil pour avoir des feuilles vert foncé, mais je l'ai déjà mise dans un coin recevant seulement de l'éclairage indirect et elle n'a pas semblé trop affectée. Si vous avez des enfants, c'est aussi une chouette plante à démarrer avec eux. Au départ, il faudra s'armer de patience car, dépendant de la variété, le noyau peut prendre jusqu'à trois mois avant de montrer signe qu'il y a une racine qui commence à pousser.


Voici son port lorsqu'elle a besoin d'eau. Dans une demi-heure, elle aura retrouvé son allure habituelle présentée une photo au-dessus de celle-ci.

La Fittonia est devant et le pot d'en arrière
est partagé par un plant dragonnier (Dracaena)
et un plant d'Epipremnum, dont le port n'est
pas rampant, contrairement à ce qu'on trouve
habituellement.
Une autre qui est "facile à lire", car lorsqu'en besoin d'eau elle est complètement affaissée, c'est la Fittonia, petite plante absolument merveilleuse qui s'appelle en anglais Nerve plant ou Mosaic plant. Elle est réputée pour demander beaucoup d'humidité et elle m'a été vendue comme une plante à mettre dans un terrarium. Au bout du compte, je dois absolument l'arroser tous les deux jours, mais autrement, elle se porte très bien à l'air libre! Son pot est très petit, ce qui en fait non seulement une variété absolument fantastique pour les petits recoins, mais elle serait probablement très confortable sous cloche. Comme en plein soleil, elle a tendance à brûler, il est préférable de lui donner une lumière indirecte.

Parlant de petits spécimens facile à placer dans les recoins, en voici un autre drôlement intéressante, aillant le plus joli surnom, chaîne de coeur (ceropegia woodii de son latin). Il s'agit d'une petite vigne dont les feuilles ont un motif argenté qui m'enchante tout spécialement. Elle vient d'Afrique et ses besoins en eau sont minimes. C'est une plante qui peut déployer ses vignes jusqu'à 2 pieds de long! Celles-ci peuvent donc être accrochées ici et là. Comble du bonheur, elle ne semble pas avoir besoin de tant de soleil que cela. Un éclairage indirect semble même suffisant pour la faire fleurir! 
 

 Sur la troisième photo à gauche, on voit une masse blanche suspendue le long de la tige d'une vigne ; eh bien c'est le système racinaire qui s'y cache. C'est-à-dire que, si je voulais bouturer cette plante, il me suffirait de couper la tige juste au-dessus de cette masse et de déposer cette dernière sur du terreau.




Eh oui, une fleur.











 









À l'opposé des plantes venant des régions tropicales, voici une petite plante d'ici, transformée en plante d'intérieur. Il s'agit d'un sapin Norfolk - je ne me souviens plus de la variété - très élégant dans un contenant allongé. Ce beau conifère offre un aspect vertical intéressant et est facile d'entretien: qui plus est, il ne faut apparemment pas le mettre au soleil! Il dégage un petit arôme de sapin lorsque frotté, mais il n'embaume
quand même pas la maisonnée, ni même la pièce dans laquelle il est. Néanmoins, avoir un petit conifère à l'intérieur me rejouit le coeur à chaque regard!



Parmi les plantes d'intérieur plus classiques, il y a le dragonnier (Dracaena) qui, selon le cultivar, peut être tout vert ou panaché... et lorsqu'il est panaché, il est superbe! Le mien a des feuilles surtout vertes, lignées de crème et de rose!

C'est supposé être une plante qui dépollue l'environnement dans lequel elle est. Je l'ai déjà depuis 4 ans et elle est exposée à la lumière indirecte du nord comme le conifère Norfolk plus haut... Ce sont deux plantes très tolérantes. Le seul bémol, mes chattes aimaient bien lui croquer les feuilles à une époque. Heureusement, cette vague est passée. La plante a grandi et les feuilles sont rendues juste assez hautes pour que mes chattes aient décidé que ça ne valait plus la peine. Je suis bien soulagée, car il s'agit d'une plante qui est toxique pour les chats (l'aglaonéma et l'epipremnum, mentionnées plus haut sont elles aussi toxiques pour les animaux). Donc, si vos animaux de compagnie ont la manie de manger les plantes, évitez celles-là.



Il y a également moyen de faire différent 
avec des spécimens ramenés de l'extérieur ou avec des plantes séchées. Par exemple, un bouquet séché peut amener des textures intéressantes.

Les fleurs des pensées ont fané,
mais la plante est restée coquette.
Je m'escrime à chaque année à rentrer mon romarin et j'ai commencé à réussir à le faire survivre à l'intérieur, mais c'est dur! Ce qui semble fonctionner pour moi, c'est de le mettre dans une pièce de la maison qui n'est pas chauffée mais qui est bien éclairée. Autrement, il commence à perdre son odeur puis dessèche, même si je lui donne amplement d'eau et de soleil.

L'année dernière,  j'ai rentré un plant de pensée qui a survécu l'hiver et est revenu pour l'été.  Bien qu'il n'ait pas fait de fleurs pendant l'hiver, il prenait si peu de place que l'essai en valait bien la peine.

Finalement, je ne peux que vous recommander chaudement ce bouquin qui m'a vraiment donné le savoir faire et l'inspiration pour avoir un véritable jardin intérieur. Et lisez bien la dernière section du livre qui parle de l'humidité, de la lumière, de comment choisir les plantes pour vos environnements respectifs, etc., car il s'agit là d'une mine d'informations précieuses
Une bulle pour l'eau qui sert à arroser le terreau de façon lente et progressive dans l'Aglaonéma.


 

lundi 15 décembre 2014

Les succès et les échecs 2014 - partie 1

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Le jardin dans le brouillard de septembre.


 Article similaire de l'année précédente:

Hélène:
C'est au début d'octobre que je commence à écrire cette article. Très tôt, n'est-ce pas? Mais la température m'indique déjà depuis un bout de temps que ça se terminera tôt cette année, peu importe les manigances utilisées pour allonger la saison. D'ailleurs, je suis chanceuse, moi, dans mon petit terrain fermé par une clôture en bois haute de 8 pieds, car le gel de nuit que presque tout le Québec a subi au milieu du mois de septembre n'a pas affecté mon jardin. Je n'ai rien couvert - j'ai appris la venue du gel à 9h00PM, trop tard pour aller prendre une quelconque mesure - et je n'ai même pas perdu mon basilic! Mais je sais que plusieurs jardins se sont fait couper le sifflet à ce moment-là. Triste.

Les grosses tomates sont des 
"Cosmonaute Volkov", les plus petites
sont les "Mini Roma" et mes habituelles
"Petits Moineaux" blanches. Les deux
premières ne reviendront pas dans
le jardin; elles ne produisent pas
beaucoup et ont tendance à faire des
fruits trop souvent abîmés. Volkov est
 délicieuse, par contre. La mini Roma
est très quelconque, malheureusement. 



Échecs:

Et donc, voici la raison du premier échec (autrement, la saison était superbe), les tomates. Bien que le gel n'ait pas entraîné la mort des plants de tomates, depuis le milieu du mois d'août, les nuits étaient trop fraîches, allant par moments sous 10 degrés centigrades, température limite pour la bonne croissance des tomates (et même, certaines sources mentionnent plutôt 12 degrés). 


Petite récolte de menthe, de citrouille "Sunshine" (hé oui, seulement qu'une) et de limes.
 Étrangement, ma menthe n'a pas bien fait; les feuilles se sont fait attaquer par le virus puccinia menthae qui cause la rouille de la menthe. Une explication pourrait être que l'arbre au côté de ma menthe, un cerisier noir, grandit et fait de plus en plus d'ombre, ce qui empêche, entre autres, l'évaporation efficace de l'eau de pluie, condition idéale dans laquelle le virus prolifère. Alors la récolte de menthe n'a pas été très bonne, ce qui est triste, puisqu'il s'agit de ma base de tisane préférée. 

J'ai eu bien peur ne pas avoir de fèves espagnoles cette année. J'ai planté une nouvelle variété de patates, qui sont placées devant mon obélisque sur laquelle une partie de mes fèves grimpent. Et bien, ces patates plantées en mai avaient tellement grandi en juin (le temps où je plante mes fèves) que ces dernières ne pouvaient tout simplement pas pousser au-dessus de la masse végétale déjà présente.
J'ai récolté quelques fèves bien séchées à chaque jour, de juillet à fin octobre. Voici "Scarlet Runner Bean" (noire et mauve) et "Jacob's Cattle" (blanche et rose). La grande absente est "Painted Lady", qui a succombé à l'ombre des patates.

Les succès:
Mais les fèves ont tout de même été un succès car, bien que celles sur l'obélisque n'aient pas grandit suffisamment pour me faire une bonne récolte, j'en avais planté ailleurs sur le terrain. Et la fraîcheur qui règne depuis le mois d'août a fait en soit que ces fèves ont séché sur le plant en plus grande quantité que les années précédentes où le temps est devenu très froid, très rapidement. J'aurai donc cette année une quantité plus grande de fèves déjà séchées versus une grande quantité de fèves fraîches que je dois congeler (comme c'était le cas l'an passé).
Voici la moitié de la récolte de patates. L'an passé, comme j'ai oublié quelques patates Norland dans le sol, ça m'a donné une récolte de deux couleurs cette année. Les Norland sont rouges et ont la chair blanche alors que les Golden Rush sont jaunes à chair jaune. Nous les avons utilisées en potage et en salade de patates.




Fraises traditionnelles dans le bol, 
fraises alpines sur la roche.

Les petits fruits ont très bien fait, quoique mon pêcher n'a fait que 3 fruits (il faudra dorénavant que je lui donne du fertilisant; le sol n'est apparemment pas assez riche pour une bonne fructification, détail attesté par 2 années de rien). Il est quand même à mentionner que les pêchers ont - comme certaines vieilles variétés de pommiers - l'habitude de ne faire une bonne récolte de fruits qu'aux deux ans, ou plus, dans le cas des pêchers
Par contre, la succession des petits fruits a bien fonctionné, commençant avec les fraises, suivies des amélanches et finissant avec les framboises (les pêches arriveraient pendant les framboises, ou un peu avant). En fait, "finissant" est un grand mot, car je cueille encore occasionnellement des framboises et des fraises alpines. J'ai, en fait, deux types de fraises dans le jardin: la fraise habituelle qui fait une bonne récolte de fruits au printemps seulement (pendant environ 3 semaines) et la fraise alpine qui fait des fruits au printemps et en automne. Comme on peut le constater sur la photo, j'ai une plus grande récolte de fraises traditionnelles, mais la fraise alpine m'a refait des fruits lorsque les températures ont à nouveau rafraîchi, vers le début septembre.
Les framboises dorées et les fraises alpines se côtoient en septembre.
(Deux petites fleurs de bourrache, comestibles, décorent ma présentation.)
 Je n'ai pas planté de cerises de terre cette année, mais des concombres et, finalement, j'ai réussi non seulement à en faire pousser avec succès, mais les plants m'en ont donné assez pour faire un pot de cornichons ! Pour réussir, j'ai mis toutes les chances de mon côté et j'ai planté les graines au sud (quoique avec un peu d'ombre) directement dans un sac de fumier de mouton. Le sac conservait très bien l'eau et la chaleur, la plante pouvait se hisser sur un cordon vers le haut et les résultats ont finalement dépassé mes attentes. C'est une belle victoire, moi qui essaie depuis au-dessus de 6 ans d'en faire pousser!
Un concombre dodu blessé par les froids de septembre complète une maigre récolte de tomates et quelques fraises alpines.

Les nouveautés et les surprises:
Bien que les surprises se fassent rares (ça fait quand même 6 ans et plus que je suis sur ce terrain), il y a eu de petits trucs dignes de mention.

D'abord, les petites créatures - insectes, mollusques, etc. - sont bien présents et deux en particulier semblent s'être bien établis dans le jardin. Le bourdon (première photo, avec une guêpe) et l'escargot.
Cette photo montre très bien les différences entre bourdon et guêpe.

Caché dans le coeur d'un hosta nain, cet escargot est loin d'être le seul  représentant de son espèce dans le jardin. À noter qu'il semble gros, mais qu'il est dans mon plant de Hosta nain, dit "Oreille de souris".

Plusieurs variétés d'hémérocalles ont fleuri sans pareil cette année, certaines parce  que, puisqu'elles ont été plantées il y a deux ans, elles ont pris le temps de s'établir, une que j'ai repositionnée et enfin une dernière qui a juste décidé donner son 110% !
Donnant son 110%, il s'agit d'une variété dont je n'ai plus le nom, d'une pépinière qui était spécialisée en hémérocalles et qui n'existe plus... Je les ai surnommées "les Demoiselles D'Honneur".
L'hémérocalle rouge vin, au fond, fleurit bien à chaque année. Quant aux deux variétés couleur crème à l'avant, qui sont vieilles de deux ans, elles ont vraiment fait des floraisons intéressantes cette année (qui iront en grandissant, j'en suis sûre).

Et finalement, je lui ai donné le surnom "Ange des jardins" ou "L'impératrice", elle aussi provient de cette pépinière disparue.
Et voici son histoire: 
Il était une fois une hémérocalle d'une grande beauté. Ses teintes de pêche et soleil, avec un soupçon de rosé sur des pétales de satin, lui donnaient les allures d'un ange des jardins. La propriétaire prit la malheureuse décision d'installer la plante entre deux cèdres. Quoique bien au soleil, les cèdres grandirent et grandirent et étouffèrent la pauvre hémérocalle. La première année, elle ne fit que 3 fleurs. La deuxième, qu'une seule. Les années qui suivirent, elle n'en fit plus. L'Ange des jardins avait disparu, ne laissant qu'une touffe de feuilles vertes faméliques à son endroit.

Et puis, l'an passé, la jardinière a enfin remarqué que sa belle hémérocalle était tellement triste qu'elle ne faisait plus de fleurs. Mais la jardinière avait une place toute spéciale pour elle et en deux temps, trois coups de pelle, l'hémérocalle eut un nouveau logis! Et cette année, pour célébrer, l'Ange des jardins est revenue en force, pavanant ses pétales comme les ailes d'un ange sur une quantité de fleurs sans pareil!
Fin


mardi 25 novembre 2014

Floraisons de la fin d'octobre dans mon jardin

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Louise :

Si vous avez la chance comme moi, d'avoir une demeure entourée d'arbres, vous pouvez profiter de la splendeur de leur feuillage automnal. 
Comparativement, les floraisons qui restent paraissent tout à coup beaucoup plus humbles, mais ceci ne veut pas dire qu'elles passent complètement inaperçues !


Pour vous faire découvrir ou vous rappeler quelques choix de plantes à floraison automnale qui s'offrent au jardinier québécois, je vous propose tout simplement une petite visite en images et je vous réserve finalement... une petite surprise florale !

Commençons notre visite par l'arrière de la maison, où on peut découvrir des asters roses vivaces cachées dans un recoin discret. Elles font contraste avec le feuillage bleuté d'un lupin indigo (Baptisia Australis), lui aussi vivace, les tiges rouge vif des nombreuses impatientes de l'Himalaya, des annuelles aussi appelées Balsamines de l'Himalaya (Impatiens Glandulifera), dont il reste une seule fleur rose pâle, et quelques fleurs de phlox blanc vivace . Sur la photo suivante, dans l'air humide du petit matin, on peut voir la floraison avancée des impatientes, dont les tiges commencent à rougir (cette photo a été prise un mois plus tôt). Les petites gousses vertes qui pendent aux tiges sont les capsules de graines, qui exploseront à la moindre provocation, les projetant dans toutes les directions.  On peut voir ce phénomène surprenant sur une très courte vidéo présentée par Wikipedia (le site anglophone) sous la rubrique "Description".                                                             

 


 Ce feuillage vert vif et très découpé est celui du géranium à Robert (Geranium Robertianum). Cette plante basse, annuelle ou bisannuelle, pousse très bien au Québec, en plein soleil comme à mi-ombre, et se ressème abondamment. Elle produit des fleurs roses durant toute la saison, du printemps aux gels importants. On peut en infuser les feuilles pour en faire une tisane particulièrement bonne pour la santé.
À cette période-ci de l'année, je laisse les feuilles mortes recouvrir entièrement mes géraniums à Robert, ainsi les feuilles de ces derniers restent bien vertes et vivantes sous leur protection. Jusqu'à très tard à l'automne, je pourrai sortir faire ma cueillette de feuilles fraîches, simplement en fouillant sous le tapis de feuilles mortes où le plant attendra ma visite, inattaqué par le gel.

Ces abondantes petites fleurs doubles, blanches au coeur jaune beurre, sont celles du Kalimeris Pinnatifida "Hortensis". Rustique jusqu'en zone 3, cette plante atteint 90 cm de haut (3 pieds), est de culture très facile et fleurit à partir du milieu de l'été pendant facilement trois mois et plus,  même à mi-ombre, quoiqu'en de telles conditions, les tiges ont tendance à s'affaler, comme c'est le cas chez moi. Les fleurs se moquent des premiers gels. Cette plante a formé une talle assez grosse avec le temps, mais elle n'est pas envahissante, du moins, pas chez moi.


À votre gauche, ces fleurs ressemblant à de petites marguerites sont celles d'un cultivar de matricaire (Chrysanthemum Parthenium) dont j'ai perdu le nom. Plusieurs matricaires sont des vivaces éphémères capables de fleurir abondamment même à mi-ombre pendant une longue période, et aussi capables de se ressemer avec abandon. J'en ai déjà eu une à fleurs doubles qui fleurissait du tout début de l'été jusqu'aux gels d'automne. 
Celle qui habite maintenant mon jardin ne commence pas sa floraison avant la fin juillet et la plupart des plants laisseront faner leur fleurs un ou deux mois plus tard, mais parfois, un plant prendra son temps et sera encore en pleine beauté en octobre ! 

Rendons-nous maintenant en façade où le plein soleil permet des floraisons abondantes et spectaculaires même en automne.
Commençons tout de même par une vivace plus discrète. Ici, j'ai eu la surprise de découvrir un plant de mauve (Malva moshata faisant encore l'effort de fleurir dans un recoin négligé du jardin. C'est que je l'avais taillé après sa floraison estivale pour éviter la dispersion de ses graines. Les feuilles et graines de Mauve sont comestibles et je les ajoute occasionnellement à nos salades. Comme la photo a été prise très tôt le matin, les fleurs ne sont pas ouvertes.


Sur la photo ci-haut, jetons un coup d'oeil à une de mes plates-bandes en façade, tout près du trottoir, en fait. C'est un grand plant d'aster de Nouvelle-Angleterre (Aster Novae Angliae ou Symphyotrichum Novae Angliae, cultivar "Alma Potschke"), une belle vivace qui vole la vedette avec ses fleurs rose électrique. Si les couleurs de plusieurs cultivars d'asters sont très vibrantes (blanc pur ou violet vif, par exemple), d'autres présentent une palette de teintes pastel. Quand l'espace est suffisant, associer des plants de différentes couleurs dans la même plate-bande peut s'avérer du plus bel effet. Certains cultivars ne mesurent qu'une quinzaine de centimètres de haut et ont un comportement de couvre-sol. J'en ai des blancs, mais leur floraison s'est achevée quelques jours avant que je prenne ces photos. D'autres cultivars font 60 cm (2 pieds) de haut et d'autres encore peuvent atteindre une circonférence assez imposante et une hauteur de plus de 90 cm   (3 pieds), comme c'est le cas sur la photo ci-haut. Au pied de mon plant d'aster, les rudbeckies ont terminé leur floraison, mais j'ai laissé en place leurs tiges desséchées supportant les coeurs noirs composés des graines de la plante. Si les oiseaux manquent de nourriture à la fin de l'hiver, ils viendront les dévorer. Mais il y aura forcément des graines qui tomberont au sol et formeront un tapis plus ou moins dense de nouveaux plants. Autrement dit, je risque fort de me retrouver avec trop de plants pour mes besoins...

Mon plant d'aster de Nouvelle-Angleterre se trouve dans une plate-bande en façade, tout près du trottoir. Or, je vous avais présenté cette même plate-bande dans cet article sur les bulbes printaniers. Je me permets ici de reproduire deux photos parues dans l'article en question, pour que vous puissiez comparer ce même endroit à trois moments différents.



Première photo : nous sommes au début d'avril.

Ici, j'ai planté mes crocus par
talles de couleurs différentes
dans une plate-bande près du
 trottoir. Ils sont si hâtifs qu'ils
 sont en fleurs avant même que 
le gazon environnant ait eu la chance de reverdir !



Comme vous le voyez, il est impossible de deviner la présence du plant d'aster. Ses premières tiges ne se sont même pas encore pointées. 
                      
                                                                                            
Deuxième photo, même endroit, mi-mai.
Les fleurs de crocus ont fané. Il reste leur
longues feuilles effilées, couchées en
avant-plan. En bleu, des petits
muscaris au parfum merveilleux.
On voit aussi la grosse feuille d'une
tulipe tardive qui ne fleurira 
qu'en juin. Au fond, des narcisses 
céderont leur place à des bulbes 
d'ail géant en juillet.

Cet été, toujours dans cette même plate-bande, cinq variétés d'hémérocalles se sont succédé de la mi-juin à la fin septembre (malheureusement, je n'ai aucune photo à vous présenter de cette période). Quant aux rudbeckies hirta, elles ont commencé leur floraison vers le 20 juillet, si je me souviens bien. Quelques échinacées roses se sont jointes à elles. Rien d'exotique, comme choix de plantes, mais mon objectif d'obtenir des floraisons continues n'en a pas moins été atteint.  




Sur cette troisième et dernière photo, toujours de la même plate-bande, je vous présente ce qui, pour mon jardin, était un bonus inattendu : lors du verglas de décembre 2013, ma talle d'asters de Nouvelle-Angleterre, brunie et séchée, s'est transformée en fragile sculpture de glace pendant quelques jours.

Hémérocalle Final Touch.
Un peu plus près de la maison, la toute dernière variété d'hémérocalle à fleurir, cette année (elle était encore en fleurs en début novembre, en fait), est le cultivar "Final Touch". Mais c'est la première fois qu'elle fleurit si tard. Elle a produit de nombreux boutons floraux sur des hampes qui dépassent 120 cm de hauteur (4 pieds). C'est sa cinquième année à cet endroit exact. D'habitude, c'est "Autumn King" qui rend les armes le dernier. Ce cultivar très haut donne des fleurs jaune vif. Il bat "Autumn Blaze" (fleurs rouges sur tiges de 60 à 80cm) et "Bitsy" (fleurs jaunes sur tiges de 90cm) qui est d'ailleurs un des parents de la fameuse "Stella de Oro". Tous ces cultivars fleurissent très longtemps (deux ou trois mois) - Bitsy, pour sa part, est remontante, c'est-à-dire qu'elle fait deux à trois périodes de floraison par année, dont la première arrive très tôt dans la saison. Plusieurs cultivars d'hémérocalles qui fleurissent à l'automne ont le défaut de ne pas ouvrir parfaitement leurs fleurs par temps froid. "Final Touch" ne fait pas exception. Mais lors des journées plus douces, le spectacle de ses grandes fleurs bicolores vaut vraiment le coup d'oeil. Leur teinte peut d'ailleurs varier de façon assez importante, suivant la température. Elles sont parfois rose assez vif, comme sur cette photo, et parfois, elles tireront sur l'orangé.

Je laisse souvent plusieurs plants d'asters sauvages fleurir parmi mes plantes "plus civilisées". Ces friponnes se sont invitées chez moi sans permission il y a plusieurs années. J'ai un faible pour leurs petites fleurs blanches ou bleu poudre. Mais elles me menacent constamment d'envahissement, car ce sont des vivaces qui produisent des graines en quantités phénoménales. Je dois donc être vigilante et couper les têtes florales dès que les fleurs se sont fanées.



Cette talle de chrysanthèmes "Mary Stoker", que je vous avais déjà présentés dans un article précédent, n'a rien à envier aux asters que je vous ai présentés plus haut. Ici, ces fleurs orange brûlé font équipe avec les orpins (Sedum Spectabilis) qui sont en avant-plant à gauche et dont les caboches florales ont une couleur rousse. Notez aussi les nombreuses petites sphères noires des coeurs de rudbeckies, juste derrière les orpins. En arrière-plan, encore à gauche, voici la plante mystère que je voulais vous montrer : son feuillage est gris-bleu et ses fleurs sont d'un jaune très pâle. C'est... 


... un plant de brocoli que j'ai laissé monter en fleurs, parce que j'ai attendu trop longtemps avant d'en récolter la tête, jusqu'à ce qu'il soit trop tard !